lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2407324 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BENKHELOUF BASMA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 juillet 2024 à 16h 55, M. A B, représenté par Me Benkhelouf, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui renouveler sa carte de séjour " passeport- talent chercheur " dans un délai de 72 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et, dans cette attente, de lui délivrer dans les 24 heures de cette notification, un récépissé de demande de titre de séjour, le tout, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie en ce que les services préfectoraux ont enregistré sa demande et que son dossier était complet, et qu'il n'a reçu, à l'expiration de son dernier récépissé, le 31 mars 2024 aucun nouveau document provisoire ni aucun titre de séjour, ce qui le place dans une situation de grande précarité financière, par la perte, le 31 juillet 2024, de son emploi actuel à l'université de Lille et, par suite de son logement ;
- les décisions lui refusant implicitement la délivrance d'un récépissé ou le renouvellement de son titre de séjour, qui n'ont nécessairement pas mentionné les délais et voies de recours, sont manifestement illégales et porte une atteinte grave à sa liberté d'aller et venir.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. M. B, ressortissant syrien, né le 1er janvier 1993, s'est vu délivrer le 1er février 2021, par le préfet de la Haute-Garonne, une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent : chercheur " valable jusqu'au 31 août 2023, au titre d'une activité de chercheur exercée à l'Université Paul Sabatier de Toulouse. Il en a demandé le renouvellement le 22 août 2023 et a obtenu un récépissé de demande valable jusqu'au 31 mars 2024. Recruté par contrat de post-doctorant à l'Université de Lille, à compter du 1er février 2024, M. B a également formé, le 30 avril 2024, une seconde demande de titre de séjour " recherche d'emploi et création d'entreprise ". Il demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de constater l'illégalité manifeste de la situation dans laquelle le placent les décisions implicites lui refusant la délivrance d'une carte de séjour ou d'un récépissé et d'adresser, en conséquence, diverses injonctions au préfet du Nord en vue de lui accorder ce titre de séjour et ce récépissé.
3. En distinguant les deux procédures prévues par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, le législateur a entendu répondre à des situations différentes. Les conditions auxquelles sont subordonnées l'application de ces dispositions ne sont pas les mêmes, non plus que les pouvoirs dont dispose le juge des référés. En particulier, le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier, en extrême urgence, d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article. Ne saurait, en principe, constituer une telle circonstance particulière le seul fait que l'étranger se soit vu opposer un refus de délivrance d'un titre de séjour.
4. Alors que M. B se prévaut de l'illégalité de la décision par laquelle aurait été implicitement rejetée sa demande de renouvellement de sa carte de séjour, il est constant qu'il n'a formé, contre cette décision, aucune demande d'annulation et qu'il n'a pas davantage, depuis l'expiration de la validité de son récépissé, saisi le juge des référés d'une demande de suspension de son exécution sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Alors que, comme il l'indique lui-même, son contrat de travail ne vient à échéance que le 31 juillet 2024 et qu'il ne donne aucun élément de sa situation personnelle et financière, permettant d'établir les difficultés auxquelles il soutient être exposé il ne peut être regardé comme caractérisant suffisamment la situation d'urgence permettant de justifier l'intervention d'une décision du juge des référés dans le très bref délai prévu par l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B ne peut qu'être rejetée, y compris sa demande présentée au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à Me Benkhelouf et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie sera adressée, pour information, au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 15 juillet 2024.
Le juge des référés,
Signé
E. Kolbert
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026