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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2407562

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2407562

mercredi 25 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2407562
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantPERINAUD

Texte intégral

Vu la procédure suivante : Par un envoi au Tribunal du 5 juillet 2024, et deux mémoires complémentaires enregistrés le 2 et le 30 août 2024, M. B C, représenté par Me Périnaud, demande au tribunal : 1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ; 2°) d'annuler l'arrêté en date du 24 juin 2024 par lequel le préfet du Nord a décidé son transfert aux autorités espagnoles ; 3°) d'enjoindre au préfet du Nord d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale, de procéder à l'enregistrement de la demande d'asile sous astreinte de 155 euros par jour de retard ; 4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il soutient que : - la décision est entachée d'incompétence ; - elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; - elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales par ricochet ; - elle méconnaît les dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013. Vu : - les autres pièces du dossier. Vu : - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ; - le code de justice administrative. Le président du tribunal a désigné M. Krawczyk en application de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. Krawczyk, magistrat désigné qui précise que la décision pourra être fondée sur un moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité de la requête qui ne comporte aucune conclusion contrairement à ce que prévoit l'article R. 411- 1 du code de justice administrative ; - les observations de Me Cliquennois substituant Me Perinaud, représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ; - le préfet du Nord n'étant ni présent ni représenté ; - les observations de M. C assisté de Mme A, interprète assermentée en langue arabe. Considérant ce qui suit : 1. Le premier alinéa de l'article R. 411-1 du code de justice administrative dispose que : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ". Aux termes de l'article L. 742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction applicable à la date de la décision attaquée : " I. - L'étranger qui a fait l'objet d'une décision de transfert mentionnée à l'article L. 742-3 peut, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de cette décision, en demander l'annulation au président du tribunal administratif. () " et aux termes de l'article R. 777-3-1 du code de justice administrative : " I .- Conformément aux dispositions du I de l'article L. 742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification d'une décision de transfert fait courir un délai de quinze jours pour contester cette décision. () ". L'article R. 777-3-2 du même code prévoit que : " Les délais de recours contentieux mentionnés à l'article R. 777-3-1 ne sont susceptibles d'aucune prorogation. () ". 2. Par un envoi effectué par l'enregistrement au greffe du Tribunal le 5 juillet 2024, M. C a transmis au tribunal l'arrêté en date du 24 juin 2024 par lequel le préfet du Nord a décidé son transfert aux autorités espagnoles qui lui a été notifié le même jour et comporte les voies et délais de recours. Toutefois, cet envoi n'était pas accompagné d'une requête contenant l'exposé de faits et moyens, ainsi que l'énoncé de conclusions. Le requérant, n'a pas, à l'expiration du délai de quinze jours qui lui était imparti, produit de requête répondant aux prescriptions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Par suite, sa requête est entachée d'une irrecevabilité manifeste et doit être rejetée. 3. Aux termes de l'article 7 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " L'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable ou dénuée de fondement ". 4. En l'espèce, la requête de M. C étant manifestement irrecevable, les conclusions tendant à ce que le requérant soit admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ainsi que celles relatives aux frais liés au litige doivent être rejetées. D E C I D E : Article 1er : La requête de M. C est rejetée.Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet du Nord. Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 septembre 2024 Le magistrat désigné, Signé : J. KRAWCZYKLa greffière,Signé :F. LELEU La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement. Pour expédition conforme, La greffière,N° 2407562

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