jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2407981 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CABINET CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 juillet 2024, M. A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 22 juillet 2024 par lequel le préfet du Nord l'assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Il soutient qu'il a formé un recours contre l'arrêté du 3 juin 2024 par lequel le préfet de police de Paris lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C en application de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C, magistrat désignée ;
- les observations de Me Khan, représentant le préfet du Nord, qui conclut au rejet de la requête et fait valoir que le moyen soulevé n'est pas fondé ;
- M. B n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Par sa requête, M. B, ressortissant algérien né le 25 décembre 2000, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 29 juillet 2024 par lequel le préfet du Nord l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
2. D'une part, il résulte de la combinaison des dispositions des articles L. 722-1, L. 722-3, L. 722-7, L. 730-1, L. 731-1 et L. 922-2, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'autorité administrative peut assigner à résidence en cours d'instance un étranger ayant présenté un recours contre l'obligation de quitter le territoire dès lors que le délai de départ volontaire est expiré. Si le recours juridictionnel est ainsi suspensif de la mesure d'éloignement qui ne peut être effectivement exécutée avant que le juge saisi statue, la seule circonstance qu'un tel recours soit pendant ne fait pas obstacle à ce qu'il fasse l'objet de la mesure d'exécution forcée que constitue l'assignation à résidence. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la circonstance que le Tribunal précédemment saisi n'ait pas statué faisait obstacle à l'édiction de la mesure d'assignation à résidence en litige.
3. D'autre part, à supposer que M. B entende contester la légalité de l'arrêté du 3 juin 2024 par lequel le préfet de police de Paris lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, ces conclusions sont formées devant une juridiction incompétente pour en connaître en application de l'article R. 312-8 du code de justice administrative, l'intéressé déclarant une domiciliation dans le département des Hauts-de-Seine.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Nord.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
La magistrate désignée,
Signé :
M. CLa greffière,
Signé :
V. LESCEUX
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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