vendredi 2 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2408105 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DEWAELE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er août 2024, M. C, représenté par Me Dewaele, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre à titre principal au préfet du Nord de lui délivrer un duplicata de sa carte de résident dans le délai de 7 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, ou à titre subsidiaire, une attestation de décision favorable lui permettant de quitter les Etats de l'espace Schengen ou à défaut un document lui permettant de franchir les frontières extérieures de l'espace Schengen en tous les cas du 6 août 2024 au 7 septembre 2024, dans le délai de 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros qui sera versée à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve pour ce conseil de renoncer à la part contributive de l'Etat versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dans la mesure où les documents relatifs à son séjour dont il dispose ne lui permettent pas de quitter l'espace Schengen, alors qu'il doit se rendre dans son pays d'origine le 6 août 2024 en vue d'assister aux obsèques de son cousin, décédé le 28 juillet 2024 ;
- il est posté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir, à son droit au respect de sa vie privée et familiale et à son droit au travail, qui constituent des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er août 2024, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucune atteinte grave et manifestement illégale n'a été portée aux libertés fondamentales dont se prévaut M. A.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et son décret d'application n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B, premier vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 août 2024 à 10 h 30, en présence de Mme Blanc, greffière :
-le rapport de M. B,
-les observations de Me Fourdan, substituant Me Dewaele, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que sa requête, par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
2. M. A, ressortissant guinéen né le 11 février 1994, est titulaire d'une carte de résident expirant le 15 février 2025. M. A, qui a égaré ce titre de séjour, en a demandé la délivrance d'un duplicata auprès du préfet du Nord le 8 mai 2023 et s'est vu délivrer en retour un récépissé de confirmation de dépôt dont les mentions précisent qu'elle ne lui permet pas le franchissement des frontières de l'espace Schengen. M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer à titre principal le duplicata de sa carte de résident, à titre subsidiaire, une attestation de décision favorable lui permettant de quitter les Etats de l'espace Schengen ou à défaut un document lui permettant de franchir les frontières extérieures de l'espace Schengen.
Sur l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. L'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut également être accordée lorsque la procédure met en péril les conditions essentielles de vie de l'intéressé, notamment en cas d'exécution forcée emportant saisie de biens ou expulsion. L'aide juridictionnelle est attribuée de plein droit à titre provisoire dans le cadre des procédures présentant un caractère d'urgence dont la liste est fixée par décret en Conseil d'État. () ".
4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, d'admettre provisoirement M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
En ce qui concerne l'urgence :
5. Ainsi qu'il a été dit, M. A est titulaire d'une carte de résident valable du 16 février 2015 au 15 février 2025. Il résulte de l'instruction qu'à la suite de la perte de ce titre et de sa demande de délivrance d'un duplicata, il s'est vu délivrer un document intitulé " Confirmation de dépôt d'une demande de duplicata pour un titre de séjour " le 8 mai 2023, ce document précisant expressément qu'il ne permet pas le franchissement par son titulaire des frontières de l'espace Schengen. Le requérant soutient en outre, sans être contredit par le préfet du Nord, qu'il doit se rendre à très bref délai en Guinée en vue d'accompagner le transfert dans ce pays de la dépouille de son cousin, M. D, survenu à Loos (Nord)) le 28 juillet 2024 et dont le transport du corps de Lille à Conakry a été autorisé par arrêté du préfet du Nord du 31 juillet 2024, avant que d'assister aux obsèques de ce membre de sa famille. Ce motif familial impérieux de déplacement de M. A hors du territoire national est, dans les circonstances de l'espèce, de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence particulière au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
En ce qui concerne l'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale :
6. Le préfet du Nord ne conteste pas que, nonobstant l'absence de délivrance du duplicata demandé par M. A, ce dernier séjourne régulièrement sur le territoire national sous couvert de la carte de résident délivrée à l'intéressé et valide jusqu'au 15 février 2025, que ce titre n'a été ni abrogé, ni retiré et qu'ainsi, aucun motif de droit ne s'oppose à la délivrance du duplicata en cause. Il résulte toutefois de l'instruction que le document de confirmation de dépôt de demande de duplicata fourni à M. A le 8 mai 2024 lui interdit de franchir les frontières extérieures de l'espace Schengen et de se rendre en Guinée, où il est attendu pour les besoins de ses obligations familiales à compter du 6 août 2024. Si les délais de production du récépissé en cause ne permettraient pas, en tout état de cause, qu'il soit délivré à M. A à cette date du 6 août 2024, le préfet du Nord ne peut sérieusement faire valoir que le requérant peut malgré tout se rendre en Guinée sous couvert de son passeport guinéen, puis regagner le territoire français sous couvert d'un visa de retour dans la mesure où, en particulier, le document de confirmation de dépôt précité est insuffisant, à lui seul, pour justifier de la poursuite de la période de validité de la carte de résident dont M. A a demandé un duplicata et que ce dernier n'est donc pas en mesure de justifier, auprès de l'autorité consulaire française à Conakry, de la régularité de son séjour en France et de son droit à bénéficier de ce chef d'un visa de retour. Dans ces conditions, le préfet du Nord, en s'abstenant de délivrer, sans motif légal, le duplicata sollicité par M. A, faisant ainsi obstacle à sa sortie régulière de l'espace Schengen et à la possibilité matérielle de son retour, a porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale d'aller et venir de l'intéressé.
6. Il résulte de tout ce qui précède, compte tenu de l'imminence du départ prévu de M. A pour son pays d'origine et des délais incompressibles de délivrance du duplicata qu'il a sollicité, d'enjoindre au préfet du Nord de délivrer à M. A, dans le délai de 72 heures, décompté d'heure à heure à compter de la notification de la présente ordonnance, une attestation de décision favorable à la délivrance du duplicata sollicité lui permettant de quitter les Etats de l'espace Schengen. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte de 100 euros par jour de retard.
Sur les frais liés au litige :
7. M. A est admis à l'aide juridictionnelle provisoire. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Dewaele, avocate de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Dewaele de la somme de 800 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à M. A.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2: Il est enjoint au préfet du Nord de délivrer à M. A, dans le délai de 72 heures, décompté d'heure à heure à compter de la notification de la présente ordonnance, une attestation de décision favorable à la délivrance du duplicata sollicité lui permettant de quitter les Etats de l'espace Schengen, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Dewaele renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Dewaele, avocate de M. A, une somme de 800 euros, en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à M. A.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C, à Me Dewaele et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Une copie sera adressée pour information au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 2 août 2024.
Le juge des référés,
Signé
Y. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026