vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2408252 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CLEMENT D'ARMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er août 2024, M. B D, représenté par Me Clément, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 26 juillet 2024 par lequel le préfet du Nord a décidé de le transférer aux autorités lettones en vue de l'examen de sa demande d'asile ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord, à titre principal, de lui délivrer une attestation de demande d'asile en procédure normale, dans le délai de 8 jours à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat, en cas d'admission définitive au bénéfice de l'aide juridictionnelle, le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou, dans le cas contraire, le versement à lui-même de la même somme en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur de droit ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article 17 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
-il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et les libertés fondamentales.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement d'exécution (UE) n° 118/2014 de la Commission du 30 janvier 2014 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, lu son rapport et entendu les observations de Me Clément, représentant M. D, assisté d'un interprète en langue kurde, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens et soutient, en outre, qu'il n'a pas déposé de demande d'asile en Lettonie.
Considérant ce qui suit :
Considérant ce qui suit :
1. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
2. En premier lieu, l'arrêté litigieux a été signé par Mme E C, qui disposait d'une délégation à cet effet consentie par le préfet du Nord par un arrêté du 4 avril 2024, publié le lendemain au recueil n° 2024-126 des actes administratifs de la préfecture. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire doit donc être écarté.
3. En second lieu, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquels il se fonde. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque donc en fait.
4. En troisième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 9 du règlement n° 603/2013 du 26 juin 2013 : " Chaque État membre relève sans tarder l'empreinte digitale de tous les doigts de chaque demandeur d'une protection internationale âgé de 14 ans au moins et la transmet au système central () ". Aux termes de l'article 22 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 2. Dans le cadre de la procédure de détermination de l'Etat membre responsable, des éléments de preuve et des indices sont utilisés. / 3. La Commission établit () deux listes indiquant les éléments de preuve et les indices pertinents () : / a) Éléments de preuve / i) Il s'agit de la preuve formelle qui détermine la responsabilité en vertu du présent règlement, aussi longtemps qu'elle n'est pas réfutée par une preuve contraire () ". Aux termes de l'annexe 2 au règlement d'exécution n° 118/2014 du 30 janvier 2014, un résultat positif fourni par Eurodac constitue une preuve au sens des dispositions précitées du règlement n° 604/2013. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions qu'il existe une présomption légale du caractère probant des informations contenues dans le système Eurodac, qui peut être renversée par une preuve contraire.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. D a fait l'objet d'un enregistrement dans le système Eurodac en tant que demandeur d'asile par les autorités lettones le 15 novembre 2023, soit antérieurement à sa demande d'asile en France, introduite le 28 juin 2024. En se bornant à alléguer qu'il n'a pas déposé de demande d'asile en Lettonie sans apporter d'élément à l'appui de ses dires, M. D n'apporte pas la preuve de l'inexactitude des éléments figurant dans le système Eurodac. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
6. En dernier lieu, les moyens tirés de l'erreur de droit, de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne sont pas assortis de précisions suffisantes pour qu'en soit apprécié le bien-fondé.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article 37 de la loi 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. D est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, à Me Clément et au préfet du Nord.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé :
P. A
La greffière,
Signé :
N. CARPENTIER
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026