jeudi 5 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2408291 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ROELS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 août 2024, l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) Merchant's Capital, représentée par Me Héloïse Hicter, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté du 26 juillet 2024 par laquelle le maire de Camphin-en-Pévèle a exercé le droit de préemption urbain sur l'ensemble immobilier situé 63, Grande rue, parcelles cadastrées B n° 2034 et B n° 2038 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Camphin-en-Pévèle une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors qu'elle justifie d'un intérêt à agir en qualité d'acquéreur évincé ;
- la condition d'urgence est réputée satisfaite s'agissant d'une décision de préemption ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors que :
' elle est entachée d'incompétence ;
' elle est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'est pas établi que le service des domaines a été consulté ;
' elle méconnaît les dispositions de l'article L. 300-1 du code de l'urbanisme, dès lors que la commune de de Camphin-en-Pévèle ne justifie pas de la réalité d'un projet précis et préexistant et répondant à un intérêt général suffisant s'agissant de l'ensemble immobilier préempté ; la préemption est illégale car la commune n'a pas la compétence développement économique qui a été transférée à la communauté de communes de Pévèle- Carembault ; l'acquéreur évincé n'a aucune intention de mettre fin aux baux dont sont titulaires les commerçants dans l'immeuble ; l'objectif attaché de la commune rentre en réalité dans le champ d'application du droit de préemption des fonds de commerce instauré par la loi du 2 août 2005 en faveur des petites et moyennes entreprises ;
- la suspension doit être prononcée non seulement en tant qu'elle permet à la collectivité publique de disposer du bien mais également en tant qu'elle fait obstacle à la vente au bénéfice de l'acquéreur évincé.
Vu :
- la copie de la requête à fin d'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Stefanczyk, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Lors de l'audience publique qui s'est tenue le 21 août 2024 à 10h00 en présence de Mme Paulet, greffière, Mme Stefanczyk, juge des référés, a lu son rapport et entendu les observations de Me Hicter, représentant l'EURL Merchant's Capital, qui reprend les conclusions et moyens de la requête ;
La commune de Camphin-en-Pévèle n'était ni présente, ni représentée.
A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été différée au 26 août 2024 à 12h00.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 août 2024, la commune de Camphin-en-Pévèle, représentée par Me Justine Roels, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de l'EURL Merchant's Capital d'une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors qu'elle n'a pas l'intention de revendre le bien qu'elle préempte et que la société requérante ne justifie d'aucune urgence, le compromis ayant été rendu caduc ; il n'est pas démontré ni allégué que le vendeur et l'acquéreur entendent donner suite aux engagements contenus dans la promesse au-delà du délai prévu ; il y a urgence à lui permettre l'acquisition du bien afin de maintenir les commerces existants et de développer l'offre ;
- aucun moyen n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de l'acte dès lors que :
' le président de la communauté de Pévèle-Carembault, qui avait reçu délégation par délégation du conseil communautaire du 5 juillet 2021 pour exercer en tant que de besoin le droit de préemption urbain, a délégué l'exercice de droit à la commune de Camphin-en-Pévèle et son conseil municipal a quant à lui déléguer au maire le droit de préemption ;
' le service des domaines a bien été consulté et a émis un avis le 24 juillet 2024 ;
' le maintien des commerces existants dans le centre-ville et son développement est un motif légitime de préemption ; il n'est pas établi que la requérante a l'intention de conserver les commerces existants ; elle dispose bien de l'action de développement économique ; la réalité du projet qu'elle porte est justifiée dès lors qu'elle a accompagné le développement de plusieurs commerces au centre du village et a acté, par délibération du 11 juin 2024, ce développement en instaurant au centre du village une zone d'activités économiques dans lequel est situé le bien objet de la préemption ;
' à titre subsidiaire, il y a lieu de limiter les effets de la suspension au seul transfert de la propriété, la vente du bien ne pouvant être menée à terme dès lors que la requérante ne fait état d'aucune urgence circonstanciée à poursuivre son projet d'acquisition avant que le juge du fond ne prenne sa décision ;
Par un mémoire, enregistré le 23 août 2024, l'EURL Merchant's Capital conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens que sa requête.
Par un mémoire enregistré le 26 août 2024 à 11h33 et communiqué, la commune de Camphin-en-Pévèle conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens que son mémoire en défense.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 26 juillet 2024, le maire de Camphin-en-Pévèle a exercé son droit de préemption urbain pour l'acquisition d'un ensemble immobilier situé 63, Grande rue, parcelles cadastrées B n° 2034 et B n° 2038. Par la présente requête, l'EURL Merchant's Capital, qui avait signé le 18 mars 2024 un compromis de vente relatif à cet ensemble immobilier, demande au juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre cet arrêté.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Pour l'application de ces dispositions, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre.
3. Eu égard à l'objet d'une décision de préemption et à ses effets pour l'acquéreur évincé, la condition d'urgence doit en principe être regardée comme remplie lorsque celui-ci demande la suspension d'une telle décision. Il peut toutefois en aller autrement dans le cas où le titulaire du droit de préemption justifie de circonstances particulières, tenant par exemple, s'agissant du droit de préemption urbain, à l'intérêt s'attachant à la réalisation rapide du projet qui a donné lieu à l'exercice du droit de préemption. La commune de Camphin-en-Pévèle ne justifie d'aucune circonstance particulière de la nécessité pour elle de réaliser immédiatement le projet qui a motivé l'exercice du droit de préemption. Dans ces conditions, la condition d'urgence énoncée à l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie.
4. Cependant, au regard en particulier des éléments versés en défense par la commune de Camphin-en-Pévèle, aucun des moyens tels qu'invoqués par l'EURL Merchant's Capital ne paraît en l'état de l'instruction de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Camphin-en-Pévèle, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme réclamée au titre des frais du procès par l'EURL Merchant's Capital. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la requérante une quelconque somme au titre des frais non compris dans les dépens exposés par la commune de Camphin-en-Pévèle.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de l'EURL Merchant's Capital est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Camphin-en-Pévèle présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'EURL Merchant's Capital et à la commune de Camphin-en-Pévèle.
Fait à Lille, le 5 septembre 2024.
La juge des référés,
signé
S. STEFANCZYK
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026