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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2408674

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2408674

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2408674
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET CENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille, statuant en référé, a examiné la demande de Mme B visant à liquider l'astreinte prononcée le 31 mai 2024 pour inexécution d'une injonction faite au préfet du Nord de renouveler son titre de séjour. Le juge a constaté que le titre de séjour avait été fabriqué et que l'intéressée était convoquée pour le retirer, considérant ainsi l'ordonnance comme exécutée. En conséquence, il a décidé qu'il n'y avait pas lieu de procéder à la liquidation de l'astreinte pour la période demandée. Cette solution s'appuie sur les articles L. 911-6 et L. 911-7 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 août 2024, Mme A B, représentée Me Fortunato, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de liquider l'astreinte prononcée par l'ordonnance n° 2402396 du 31 mai 2024 pour la période allant du 17 juillet 2024, date de notification de l'ordonnance n° 2406808 portant liquidation d'astreinte, jusqu'à l'exécution de cette ordonnance à ou jusqu'à la date de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros au titre des frais engagés pour l'instance et non compris dans les dépens, par application de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en cas de refus d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, à verser la même somme à Madame B en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que l'ordonnance n° 2402396 du 31 mai 2024 du juge des référés du tribunal n'a pas été exécutée.

Vu :

- l'ordonnance n° 2402396 du 31 mai 2024 ;

- l'ordonnance n° 2406808 du 17 juillet 2024 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Terme, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 25 septembre 2024 en présence de M. Metallaghi, greffier d'audience, M. Terme a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Fortunato, représentant Mme B ;

- les observations du cabinet Centaure avocats, représentant le préfet du Nord.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par une ordonnance n° 2402396 du 31 mai 2024, le juge des référés du tribunal a suspendu l'exécution de la décision par laquelle le préfet du Nord a implicitement refusé de renouveler le titre de séjour de Mme B, et a enjoint au préfet de statuer de nouveau sur sa demande de manière expresse dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler sans délai, sous astreinte de 100 euros par jour de retard. Par une ordonnance n° 2406808 du 17 juillet 2024, le juge des référés du tribunal, saisi sur le fondement de l'article L. 911-7 du code de justice administrative, a condamné l'État à verser à Mme B une somme de 1 400 euros au titre de la liquidation provisoire de cette astreinte, pour la période allant du 3 juillet 2024 au 16 juillet 2024. Mme B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 911-7 du code de justice administrative, d'ordonner la liquidation de l'astreinte prononcée par l'ordonnance n° 2402396 du 31 mai 2024 pour la période allant du 17 juillet 2024 jusqu'à l'exécution complète de cette ordonnance ou jusqu'à la date de l'ordonnance à intervenir.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".

3. Il y a lieu de prononcer l'admission provisoire de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 911-7 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l'article L. 911-6 du code de justice administrative : " L'astreinte est provisoire ou définitive. Elle doit être considérée comme provisoire à moins que la juridiction n'ait précisé son caractère définitif. Elle est indépendante des dommages et intérêts ". Aux termes de son article L. 911-7 : " En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée. / Sauf s'il est établi que l'inexécution de la décision provient d'un cas fortuit ou de force majeure, la juridiction ne peut modifier le taux de l'astreinte définitive lors de sa liquidation. / Elle peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée ".

5. Il ressort des pièces produites par le préfet du Nord qu'un titre de séjour valable du 21 juin 2023 au 20 juin 2033 a été fabriqué le 25 juillet 2024 et que Mme B est convoquée à la préfecture pour le retirer le 1er octobre 2024.

6. Compte tenu de la proximité de cette dernière date, et en dépit du délai mis à exécuter l'ordonnance n° 2402396 du 31 mai 2024, celle-ci doit être regardée comme ayant été exécutée. Il n'y a, dès lors, pas lieu de procéder à la liquidation de l'astreinte.

Sur les frais liés au litige :

7. Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son

avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Fortunato, avocate de Mme B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Fortunato de la somme de 800 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme B par

le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros lui sera versée.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte prononcée à l'encontre de l'Etat par l'ordonnance n° 2402396 du 31 mai 2024.

Article 2 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Fortunato, son conseil, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'Etat versera à Me Fortunato une somme de 800 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B, à Me Fortunato et au ministre de l'intérieur.

Une copie sera adressée pour information au préfet du Nord.

Fait à Lille, le 26 septembre 2024.

Le juge des référés,

signé

D. TERME

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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