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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2408858

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2408858

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2408858
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantCABINET CENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a examiné les recours de M. B, ressortissant algérien, contre les décisions du préfet du Nord du 21 août 2024 l'obligeant à quitter le territoire français, refusant un délai de départ volontaire, fixant l'Algérie comme pays de destination, prononçant une interdiction de retour de deux ans, et l'assignant à résidence. Le tribunal a rejeté l'ensemble des moyens soulevés par le requérant, notamment ceux tirés de l'incompétence de l'auteur des actes, du défaut de motivation, de la violation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'erreur manifeste d'appréciation. En conséquence, le tribunal a validé les décisions préfectorales, se fondant sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I/ Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 23 août et 3 septembre 2024 sous le numéro 2408858, M. D B, représenté par Me Clément, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;

2°) d'annuler les décisions du 21 août 2024 par lesquelles le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire, a fixé l'Algérie comme pays de destination de la mesure d'éloignement et a interdit son retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

3°) d'enjoindre au préfet de procéder à un nouvel examen de sa situation, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du présent jugement, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;

4°) et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 à verser soit à son avocat soit à lui-même, en cas de refus d'admission de à l'aide juridictionnelle, en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle a été édictée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est empreinte d'une erreur de droit ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- et elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

- elle a été édictée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est empreinte d'une erreur de droit ;

- et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle a été édictée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- et elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle a été édictée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est empreinte d'une erreur de droit ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- et elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire.

II/ Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 23 août et 3 septembre 2024 sous le numéro 2408859, M. D B, représenté par Me Clément, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;

2°) d'annuler la décision du 21 août 2024 par laquelle le préfet du Nord l'a assigné à résidence à Armentières, pour une durée de 45 jours ;

3°) et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que la décision attaquée :

- a été édictée par une autorité incompétente ;

- est insuffisamment motivée ;

- est empreinte d'une erreur de droit ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales amendée, signée à Rome le 4 novembre 1950 ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le décret 2020-1717 du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Larue en application des articles L. 614-2, L. 921-1 et L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Larue, magistrat désigné

- les observations de Me Clément, représentant M. B, qui a conclu aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;

- et les observations de Me Kerrich, représentant le préfet du Nord, qui conclut au rejet des requêtes en faisant valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé :

- M. B étant absent.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien né le 25 février 1992, déclare être entré en France le 9 février 2020 muni d'un visa qui lui a été délivré par les autorités consulaires espagnoles d'Oran le 10 décembre 2019, qui était valable du 30 décembre 2019 au 29 mars 2020 et qui autorisait son séjour pour une durée de 30 jours. Il a été interpellé, le 21 août 2024 à 9h40, à l'occasion d'un contrôle routier. N'étant pas à même de justifier de son droit à circuler ou séjourner en France, M. B a fait l'objet d'une mesure de retenue administrative aux fins de vérification de ce droit. Après qu'il aitapparu qu'il n'avait jamais sollicité et donc obtenu de certificat de résidence algérien en France, M. B a fait l'objet, le jour même de son interpellation, d'une part, d'une obligation de quitter, sans délai, le territoire français à destination de l'Algérie assortie d'une interdiction de retour sur le sol français d'une durée de deux ans et, d'autre part, d'une décision d'assignation à résidence à Armentières pour une durée de 45 jours. Par la présente requête, M. B demande au Tribunal d'annuler toutes ces décisions.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n° 2408858 et n° 2408859 visées ci-dessus concernent la situation d'un même étranger et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a, par suite, lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

3. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, en application de ces dispositions, d'admettre provisoirement M. B, dans les deux instances, au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions attaquées :

4. Eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Par un arrêté du 4 avril 2024, publié le lendemain au recueil n° 126 des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Nord a donné délégation à Mme C, attachée d'administration de l'Etat, adjointe à la cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, signataire de l'arrêté en litige, à effet de signer notamment les décisions attaquées. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence de la signataire des décisions querellées manquent en fait et doivent donc être écartés.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, le préfet du Nord énonce avec suffisamment de précisions les considérations de fait et de droit sur lesquelles il fonde sa décision, en mentionnant son entrée en 2020 en France sous couvert d'un visa expiré et son maintien sur le territoire français sans être titulaire d'un certificat de résidence algérien et en faisant application des dispositions du 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée ne peut être accueilli.

6. En deuxième lieu, M. B soutient que la décision attaquée serait empreinte d'une erreur de droit. Toutefois, ce moyen, qui ne fait état d'aucun élément de fait ou de droit, n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant au juge d'en apprécier le bien-fondé.

7. En dernier lieu, l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

8. En l'espèce, M. B est entré en France le 9 février 2020, à l'âge de 28 ans. Il n'établit toutefois pas résider continument sur le territoire français depuis cette date et son séjour en France doit donc être, en l'état de l'instruction, considéré comme récent à la date d'adoption de la décision attaquée. S'il est marié à une compatriote et père de trois enfants mineurs, âgés de 2, 3 et 5 ans, de nationalité algérienne, il n'établit pas que sa femme séjournerait régulièrement en France. En tout état de cause, rien ne s'oppose à ce que la cellule familiale puisse se reconstituer en Algérie, où ses enfants pourront reprendre leurs études et où il n'est pas établi que sa fille, A, souffrant de diabète, qui est actuellement suivie en France tous les 2 à 3 mois pour cette pathologie et porteuse d'une pompe " Omnipod Dash ", ne pourra pas bénéficier des soins que nécessite son état de santé. En outre, M. B, qui ne dispose d'aucune autre attache familiale en France, n'est pas dépourvu de telles attaches en Algérie où réside notamment, selon ses déclarations en audition, sa mère. Enfin, M. B, s'il allègue travailler sans autorisation n'établit pas qu'il ne pourrait pas trouver un emploi en Algérie. Or, il ne se prévaut d'aucun autre élément de nature à établir qu'il disposerait désormais en France du centre de ses intérêts privés. Il n'est donc pas fondé à soutenir que le préfet du Nord aurait, en l'obligeant à quitter le territoire français, méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ou commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle.

9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B, à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre, ne peuvent qu'être rejetées.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

10. En premier lieu, le préfet du Nord énonce avec suffisamment de précisions les considérations de fait et de droit sur lesquelles il fonde sa décision, en mentionnant son entrée en 2020 en France sous couvert d'un visa expiré et son maintien sur le territoire français sans avoir sollicité de certificat de résidence algérien, sa volonté de se maintenir en France, la précédente obligation de quitter le territoire français, édictée à son encontre le 15 janvier 2021, à laquelle il n'a pas déféré, ainsi que l'absence de justification par ce dernier de la détention de documents d'identité ou de voyage en cours de validité et en faisant application des dispositions des 2°, 4°, 5° et 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée ne peut être accueilli.

11. En deuxième lieu, M. B soutient que la décision attaquée serait empreinte d'une erreur de droit. Toutefois, ce moyen, qui ne fait état d'aucun élément de fait ou de droit, n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant au juge d'en apprécier le bien-fondé.

12. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 8 du présent jugement, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Nord aurait, en refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire, commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle.

13. Il résulte donc de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à solliciter l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Nord a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision fixant le pays de destination :

14. En premier lieu, le préfet du Nord énonce avec suffisamment de précisions les considérations de fait et de droit sur lesquelles il fonde sa décision, en mentionnant la nationalité de M. B et en visant les articles L. 710-1 à L. 722-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au nombre desquels figure l'article L. 721-4. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée ne peut être accueilli.

15. En second lieu, M. B, qui serait entré en France le 9 février 2020 n'y a jamais sollicité l'asile. En outre, il s'est borné, lors de son audition, à faire état de " problèmes avec des personnes ", tout en soulignant sa volonté initiale de faire du tourisme en France. Enfin, il ne s'est prévalu dans son recours ou à l'audience, d'aucune crainte actuelle et personnelle en cas de retour en Algérie. Il n'est donc pas fondé à soutenir que le préfet du Nord aurait, en fixant l'Algérie comme pays de renvoi, méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

16. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B, à fin d'annulation de la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement prise à son encontre, ne peuvent qu'être rejetées.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre l'interdiction de retour sur le territoire français :

17. En premier lieu, le préfet du Nord énonce avec suffisamment de précisions les considérations de fait et de droit sur lesquelles il fonde sa décision, en mentionnant la durée de présence de M. B sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec ce pays, la circonstance qu'il a jamais fait l'objet d'une précédente obligation de quitter le territoire français qu'il n'a pas exécutée et l'absence de menace pour l'ordre public que constitue son comportement et en visant les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée ne peut être accueilli.

18. En deuxième lieu, M. B soutient que la décision attaquée serait empreinte d'une erreur de droit. Toutefois, ce moyen, qui ne fait état d'aucun élément de fait ou de droit, n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant au juge d'en apprécier le bien-fondé.

19. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 8 du présent jugement, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Nord aurait, en refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire, commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle.

20. Il suit de là que M. B n'est pas fondé à solliciter l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Nord a interdit son retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision d'assignation à résidence :

21. En premier lieu, le préfet du Nord énonce avec suffisamment de précisions les considérations de fait et de droit sur lesquelles il fonde sa décision, en mentionnant que M. B a fait l'objet d'une obligation de quitter sans délai le territoire français, que son éloignement demeure une perspective raisonnable puisqu'il a justifié d'une adresse et a indiqué disposer, même s'il n'en a pas justifié, d'un passeport et en faisant application des dispositions du 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée ne peut être accueilli.

22. En deuxième lieu, M. B soutient que la décision attaquée serait empreinte d'une erreur de droit. Toutefois, ce moyen, qui ne fait état d'aucun élément de fait ou de droit, n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant au juge d'en apprécier le bien-fondé.

23. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 8 du présent jugement, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Nord aurait, en l'assignant à résidence, méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ou commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle.

24. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B, à fin d'annulation de la décision l'assignant à résidence, ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

25. Le présent jugement n'impliquant aucune mesure d'exécution, les conclusions à fin d'injonction de M. B ne peuvent être accueillies.

Sur les conclusions au titre des frais exposés et non compris dans les dépens :

26. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale dans les instances enregistrées sous les numéros 2408858 et 2408859.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes de M. B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, à Me Clément et au préfet du Nord.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

X. LARUE

La greffière,

signé

O. MONGET

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2408858 et 2408859

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