jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2409063 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BENKHELOUF |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Basma C, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet du Nord a refusé de faire droit à sa demande de certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer la carte de résident sollicitée, sous astreinte de 250 euros par jour de retard.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que le refus de faire droit à sa demande de carte de résident et la délivrance de récépissés ne lui permettent pas, d'une part, de rejoindre l'Algérie pour se rendre au chevet de sa mère gravement malade, d'autre part, d'exercer légalement une activité professionnelle ;
- que la circonstance que le préfet du Nord se borne, depuis deux ans, à délivrer des récépissés est constitutive d'un excès de pouvoir et porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- que la décision de délivrer des récépissés est entachée de détournement de procédure ;
- que la décision attaquée a été prise en méconnaissance des articles L. 414-2 et L. 414-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- que la décision attaquée porte atteinte à sa liberté d'aller et venir qu'il tient de l'article 5 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire enregistré le 12 septembre 2024, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie, en ce que, d'une part, elle n'est pas présumée pour une première demande de titre de séjour, d'autre part, la décision implicite attaquée est intervenue il y a plus de 23 mois, enfin, qu'elle ne porte pas atteinte à ses déplacements, à sa situation financière et à son hébergement.
.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête n° 2409029 enregistrée le 30 août 2024 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme des libertés fondamentales ;
- l'accord du 27 décembre 1968 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Huguen, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 septembre 2024 :
- le rapport de M. Huguen ;
- les observations de Mme C, représentant M. B, qui a conclu aux mêmes fins que sa requête les mêmes moyens que sa requête ;
- les observations de Me Héloïse Hacker, pour le préfet du Nord, qui conclu aux mêmes fins que son mémoire en défense par les mêmes moyens.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin de suspension :
3. M. A B, ressortissant algérien, né le 25 février 1993 à Sidi M'Hamed Benali (République algérienne démocratique et populaire), est entré en France le 16 octobre 2011 pour y rejoindre son père, ressortissant algérien titulaire d'une carte de résident. Le 7 juin 2022, M. B a, sur le fondement du 1° de l'article 6 de l'accord du 27 décembre 1968 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles, sollicité la délivrance d'un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale ". Le préfet du Nord a délivré à M. B un récépissé de demande de carte de séjour valable du 15 janvier 2022 au 14 janvier 2023, dont la durée de validité a été ultérieurement portée jusqu'au 22 avril 2024, jusqu'au 1er juillet 2024 puis jusqu'au 20 septembre 2024. M. B demande au juge des référés la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet du Nord a refusé de faire droit à sa demande de certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale ".
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
5. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
6. M. B, pour justifier d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de suspension de la décision attaquée, se prévaut, en premier lieu, de la circonstance que le récépissé de demande de carte de séjour ne lui permettrait pas d'exercer légalement une activité professionnelle. Toutefois, M. B ne verse au dossier aucun élément susceptible d'établir qu'il aurait bénéficié d'une promesse d'embauche récente qui pourrait justifier l'intervention de la mesure de suspension demandée.
7. M. B se prévaut, en second lieu, de la circonstance que le récépissé de demande de carte de séjour ne lui permettrait pas de rejoindre l'Algérie pour se rendre au chevet de sa mère, gravement malade. Contrairement à ce que soutient M. B, le récépissé d'une demande de carte de séjour ne fait pas obstacle à son retour dans son pays d'origine. En outre, M. B n'établit pas, ni même n'allègue, que le préfet du Nord lui aurait opposé un refus à une demande de visa de retour sur le territoire français délivré dans le cas d'une situation exceptionnelle ou humanitaire.
8. Dès lors, la condition d'urgence posée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie.
9. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède qu'il y a lieu, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête et les moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, de rejeter les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de sa requête. Il y a lieu également, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions de la requête tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Basma C, au préfet du Nord et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Lille, le 19 septembre 2024.
Le juge des référés,
signé
O. HUGUEN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026