vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2409175 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | MEMETI-KAMBERI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 septembre 2024, M. C B, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 1er septembre 2024 par lequel la préfète de l'Oise a fixé le Nigéria comme pays à destination duquel il doit être éloigné en exécution d'une peine d'interdiction judiciaire du territoire français.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que le signataire de l'arrêté attaqué dispose d'une délégation de signature régulière ;
- il est insuffisamment motivé, ce qui révèle un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- il a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors qu'il n'a pas été mis à même de présenter ses observations avant son édiction, en méconnaissance de son droit d'être entendu tel qu'issu du principe général du droit de l'Union européenne ;
- il est entaché d'une erreur de droit dès lors qu'il aurait pu être remis aux autorités italiennes ;
- il méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 septembre 2024, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Denys, conseillère, en application de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 20 septembre 2024 à 13h30, Mme Denys :
- a présenté son rapport ;
- a entendu les observations de Me Memeti-Kamberi, représentant M. B, qui confirme les écritures présentées et soutient, en outre, que l'arrêté attaqué méconnait les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- a entendu les observations de M. B, assisté de Mme A, interprète assermentée en langue anglaise ;
- a constaté que la préfète de l'Oise n'était ni présente, ni représentée ;
- et a prononcé la clôture de l'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant nigérian né le 14 février 1998, a été condamné le 18 mars 2024 par le tribunal correctionnel de Lille à une peine complémentaire d'interdiction définitive du territoire français d'une durée de deux ans. Par un arrêté du 1er septembre 2024, la préfète de l'Oise a fixé le Nigéria comme pays à destination duquel il sera renvoyé en application de cette peine. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. " Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, lors de son audition par les services de police le 6 août 2024, M. B a indiqué qu'il était entré en Italie en 2016, en raison des risques de persécution qu'il encourait dans son pays d'origine, et que la demande d'asile qu'il y avait déposé avait reçu une suite favorable. Par ailleurs, alors qu'un tel titre a vocation à être délivré pour ce motif, le requérant fait valoir que le titre portant la mention " protezione speciale ", que lui ont remis les autorités italiennes le 17 janvier 2023, a été délivré au motif qu'il encourait un risque sérieux d'être soumis à des traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Ce motif n'est pas remis en cause par la préfète de l'Oise, qui se borne à faire valoir que le requérant n'est pas connu comme demandeur d'asile et n'apporte aucun élément probant au soutient des allégations selon lesquelles il encourt un risque sérieux d'être soumis à des traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces circonstances, le risque en cause doit être tenu pour établi. Il s'ensuit qu'en fixant le Nigéria comme pays à destination duquel M. B doit être éloigné en exécution de la peine d'interdiction judiciaire du territoire français prononcée à son encontre, la préfète de l'Oise à méconnu les dispositions citées au point précédent.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens présentés à cette fin, l'arrêté du 1er septembre 2024 doit être annulé
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 1er septembre 2024 est annulé.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la préfète de l'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
La magistrate désignée,
Signé :
A. DENYSLa greffière,
Signé:
O. MONGET
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2409175
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026