jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2409194 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Dore, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet du Nord a implicitement rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour du 17 février 2024 ;
3°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa demande dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 300 euros par jour de retard, ou, subsidiairement, de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction dans les mêmes conditions ;
4°) de mettre à la charge de l'État le versement à Me Dore, avocat de M. A, de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en cas de refus d'octroi de l'aide juridictionnelle, de lui verser directement la même somme au titre de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence doit être présumée s'agissant d'un renouvellement ; en outre, il ne peut plus travailler ;
- la décision attaquée :
- est entachée d'incompétence ;
- méconnaît les dispositions des articles L. 424-9 et L. 424-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 4 septembre 2024 sous le numéro 2409211 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Terme, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de M.Metallaghi, greffier d'audience, M. Terme a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Dore, représentant M. A, qui soutient en outre qu'eu égard au caractère précaire de l'attestation de prolongation d'instruction délivrée par le préfet, l'urgence subsiste ;
- les observations du cabinet Centaure avocats, représentant le préfet du Nord, qui soutient que la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie dès lors que le requérant bénéficie d'une attestation de prolongation d'instruction en cours de validité.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
2. M. A, ressortissant afghan né le 17 juillet 1990, à Baghlan (Afghanistan), a sollicité le 17 février 2024 le renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle délivrée en qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire. Il demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet du Nord a implicitement rejeté cette demande.
3. M. A a bénéficié d'une première attestation de prolongation d'instruction valable du 17 février 2024 au 16 août 2024. En cours d'instance, une seconde lui a été délivrée, valable du 11 septembre 2024 au 10 mars 2025. Eu égard aux effets de cette attestation, en particulier s'agissant de la possibilité pour lui de se déplacer à l'intérieur de l'espace Schengen, de travailler et de percevoir les droits sociaux attachés à sa qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire, et compte tenu que M. A ne justifie par ailleurs d'aucun risque concret à court terme concernant la pérennité de son emploi ou la perception de ses allocations, la condition tenant à l'existence d'une situation d'urgence justifiant l'intervention à bref délai du juge des référés doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce, comme faisant défaut. Il y a lieu, par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition tenant à l'existence d'un moyen susceptible de faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée et sans qu'il y ait lieu d'admette provisoirement M. A à l'aide juridictionnelle, dès lors qu'il ne justifie pas l'avoir sollicitée, de rejeter la requête de M. A en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Dore et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 19 septembre 2024.
Le juge des référés,
Signé,
D. TERME
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745
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