jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2409295 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL RESSOURCES PUBLIQUES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 septembre 2024, Mme A B, représentée par Me Gauthier Jamais, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision réputée intervenue le 2 septembre 2024 par laquelle la maire de la commune d'Estevelles a implicitement refusé de faire droit à sa demande tendant à sa titularisation dans le corps des adjoints territoriaux ou, à défaut, à la prolongation de son stage ou à son licenciement pour insuffisance professionnelle ;
2°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision par laquelle la maire de la commune d'Estevelles a, implicitement mais nécessairement, procédé au retrait de la décision du 16 juillet 2024 portant mutation dans les effectifs de la commune de Wambrechies à partir du 1er septembre 2024 ;
3°) d'enjoindre à la commune d'Estevelles d'entreprendre l'ensemble des démarches nécessaires à la mise en œuvre effective de la décision du 16 juillet 2024, d'une part, en prononçant sa titularisation, d'autre part, en répondant à l'ensemble des sollicitations de la commune de Wambrechies ;
4°) à titre subsidiaire, de prononcer une décision de titularisation, une décision de prolongation de stage ou une décision de licenciement à l'issue de son stage et, le cas échéant, d'entreprendre les démarches nécessaires à sa mutation dans les effectifs de la commune de Wambrechies ;
5°) de mettre à la charge de la commune d'Estevelles le versement de la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que les décisions attaquées font obstacle à sa mutation, le 1er septembre 2024, sur le poste de responsable du service jeunesse de la commune de Wambrechies ;
- la décision implicite du 2 juillet 2024 est dépourvue de motivation ;
- la décision implicite portant retrait de la décision du 16 juillet 2024 est dépourvue de motivation ;
- la décision implicite portant au retrait de la décision du 16 juillet 2024 a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision implicite du 2 juillet 2024 a été prise en méconnaissance de l'article 4 du décret n° 92-1194 du 4 novembre 1992 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires stagiaires de la fonction publique territoriale, en ce que la durée normale du stage est fixée à un an ;
- les décisions attaquées ne sont pas fondées sur l'intérêt du service ;
- les décisions attaquées sont entachées de détournement de pouvoir.
Par un mémoire enregistré le 18 septembre 2024, la commune d'Estevelles, représentée par Me Laurent Fillieux, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme B la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le litige a perdu son objet, dès lors que, par un arrêté du 17 septembre 2024, la maire de la commune a prononcé le licenciement pour insuffisance professionnelle de Mme B avec effet au 21 octobre 2021 ;
- la décision implicite portant retrait de la décision du 16 juillet 2024 est matériellement inexistante ;
- la condition de l'urgence n'est pas remplie ;
- la décision implicite du 2 juillet 2024 n'est au nombre de celles qui doivent être motivées en application du 6° de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision implicite du 2 juillet 2024 n'est pas entachée d'erreur de droit ;
- la décision implicite du 2 juillet 2024 n'est pas entachée de détournement de pouvoir ;
- la décision du 16 juillet 2024 n'est pas soumise à l'exigence de motivation et au respect de la procédure contradictoire, dès lors que la mutation de Mme B ne pouvait être prononcée que par le maire de Wambrechies ;
- la décision du 16 juillet 2024 n'a pas été prise en méconnaissance de l'intérêt du service ;
- la décision du 16 juillet 2024 n'est pas entachée de détournement de pouvoir.
Par un mémoire enregistré le 19 septembre 2024, Mme B, représentée par Me Jamais, conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens.
Elle soutient également que :
- la commune d'Estevelles, qui ne saurait se prévaloir de sa propre turpitude, était tenue d'organiser, avant de prononcer la décision du 16 juillet 2024, la procédure contradictoire prévue par l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- l'arrêté du 17 septembre 2024 par lequel la maire de la commune d'Estevelles a prononcé son licenciement pour insuffisance professionnelle a été prononcé avec un effet différé au 21 octobre 2021 pour faire obstacle à son recrutement par la commune de Wambrechies.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête n° 2409311 enregistrée le 7 septembre 2024 par laquelle Mme B demande l'annulation des décisions attaquées ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Huguen, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 19 septembre 2024 :
- le rapport de M. Huguen ;
- les observations de Me Bosquet, substituant Me Jamais, représentant Mme B, qui a conclu, d'une part, au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête tendant à la suspension de la décision du septembre 2024, d'autre part, au maintien du surplus des conclusions de sa requête ;
- les observations de Me Fillieux, pour la commune d'Estevelles, qui a conclu aux mêmes fins que son mémoire en défense par les mêmes moyens ;
- les observations de Mme B.
Une note en délibéré, enregistrée le 20 septembre 2024, a été produite pour Mme B.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin de suspension :
1. Mme A B exerce, depuis le 1er décembre 2021, en qualité d'agent contractuel, les fonctions de responsable du service jeunesse de la commune d'Estevelles. Par un arrêté du 4 mars 2023, la maire de la commune d'Estevelles a nommé Mme B en qualité de fonctionnaire stagiaire dans le corps des adjoints territoriaux pour une durée d'un an à compter du 1er juillet 2023. Mme B a fait l'objet, le 14 décembre 2023, d'une sanction disciplinaire du premier groupe (avertissement) et, le 18 mars 2024, d'une mesure de non renouvellement de son contrat à durée déterminée. Toutefois, la maire de la commune a, par un arrêté n° 48/2024 non daté et un arrêté n° 104/2024 du 28 mai 2024, prononcé le retrait de ces décisions au motif de leur illégalité. Par une lettre du 20 juin 2024, le maire de la commune de Wambrechies a informé Mme B qu'il avait retenu la candidature de cette dernière pour exercer les fonctions de responsable du service jeunesse dans les services municipaux à partir du 1er septembre 2024. Le 2 juillet 2024, Mme B a demandé à la maire d'Estevelles, dans la mesure où son stage d'une durée d'un an s'était achevé le 30 juin 2024, de procéder à sa titularisation dans le corps des adjoints territoriaux ou, à défaut, de proroger son stage pour une année supplémentaire ou de prononcer son licenciement pour insuffisance professionnelle. La maire d'Estevelles, par une lettre du 16 juillet 2024, a informé Mme B qu'elle faisait droit à sa demande du 11 juillet 2024 tendant à sa mutation à la mairie de Wambrechies puis, par une lettre du 19 août 2024, a transmis au maire de Wambrechies les états de service de Mme B en précisant que, à défaut d'une décision expressément prononcée de sa part, celle-ci demeurait sous le statut de fonctionnaire stagiaire. Mme B demande au juge des référés, d'une part, la suspension de l'exécution de la décision réputée intervenue le 2 septembre 2024 par laquelle la maire d'Estevelles a implicitement refusé de faire droit à sa demande du 2 juillet 2024, d'autre part, la suspension de l'exécution de la décision implicite portant retrait de la décision du 16 juillet 2024 par laquelle la maire d'Estevelles avait fait droit à sa demande de mutation. Postérieurement à l'introduction de la requête, la maire d'Estevelles a, par un arrêté du 17 septembre 2024, prononcé le licenciement pour insuffisance professionnelle de Mme B avec effet au 21 octobre 2021.
En ce qui concerne la décision implicite du 2 septembre 2024 :
2. Ainsi qu'il a été dit, postérieurement à l'introduction de la requête, et antérieurement à la clôture de l'instruction, la maire d'Estevelles a, par un arrêté du 17 septembre 2024, fait droit à la demande de Mme B tendant à sa titularisation dans le corps des adjoints territoriaux ou, à défaut, à la prolongation de son stage ou à son licenciement pour insuffisance professionnelle. Dans ces conditions, les conclusions de la requête de Mme B tendant à la suspension de la décision implicite du 2 septembre 2024 sont, à la date de la présente ordonnance, sans objet. Dès lors, il n'y a pas lieu de statuer sur ces conclusions ni, par voie de conséquence, sur les conclusions à fin d'injonction s'y rattachant.
En ce qui concerne la décision implicite portant retrait de la décision du 16 juillet 2024 :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
6. En l'espèce, compte tenu de la circonstance que, par un arrêté du 17 septembre 2024, la maire d'Estevelles a prorogé la période de stage de Mme B jusqu'au 31 octobre 2024, date à laquelle prendra effet son licenciement, Mme B ne peut, en qualité de fonctionnaire stagiaire, bénéficier, à la date de la présente ordonnance, du droit à la mutation qui n'est réservé, en application des dispositions des articles L. 512-23 et suivants du code général de la fonction publique, qu'aux seuls fonctionnaires titulaires. Dès lors, les effets de la décision implicite portant retrait de la décision du 16 juillet 2024 par laquelle par laquelle la maire d'Estevelles avait fait droit à la demande de Mme B tendant à sa mutation à la mairie de Wambrechies, à supposer établie l'intervention de cette décision implicite dans l'ordonnancement juridique, ne sont pas de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de cette décision implicite soit suspendue. Par suite, la condition de l'urgence prévue par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne saurait être regardée comme remplie.
7. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner, d'une part, la recevabilité des conclusions dirigées contre cette décision implicite, d'autre part, s'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à sa légalité, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin de suspension dirigées contre cette décision implicite et, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction s'y rattachant.
Sur les frais liés au litige :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B le versement à la commune d'Estevelles de la somme qu'elle demande au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, compte tenu notamment de la circonstances que MmeVerdonck a dû saisir le juge des référés pour que la maire de la commune d'Estevelles prononce, l'avant-veille de l'audience, une décision relative à sa situation administrative, il y a lieu de mettre à la charge de la commune d'Estevelles le versement à Mme B de la somme de 1 200 euros au titre des mêmes dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête dirigées contre la décision réputée intervenue le 2 septembre 2024 par laquelle la maire de la commune d'Estevelles a implicitement refusé de faire droit à la demande de Mme B tendant à sa titularisation dans le corps des adjoints territoriaux ou, à défaut, à la prolongation de son stage ou à son licenciement pour insuffisance professionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête est rejeté.
Article 3 : La commune d'Estevelles versera à Mme B la somme de mille deux cents (1 200) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune d'Estevelles au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à la commune d'Estevelles.
Copie en sera adressée à Me Jamais et Me Fillieux.
Fait à Lille, le 26 septembre 2024.
Le juge des référés,
signé
O. HUGUEN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026