jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2409639 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CABINET ALEXIS IHOU-AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Ihou, demande au tribunal d'annuler les décisions du 12 septembre 2024 par lesquelles le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire, a fixé le Maroc comme pays de destination de la mesure d'éloignement et a interdit son retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision d'obligation de quitter le territoire :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
En ce qui concerne la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales amendée, signée à Rome le 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Larue en application des articles L. 614-2, L. 921-1 et L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Larue, magistrat désigné ;
- les observations de Me Ihou, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;
- les observations de Me Hau, représentant le préfet du Nord qui a conclu au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé ;
- et les observations de M. A qui a répondu, en français, aux questions qui lui ont été posées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant marocain né le 15 octobre 1972, déclare être entrée en France en février 2022, muni d'un visa qui lui a été délivré par les autorités consulaires françaises de Casablanca le 28 décembre 2021, qui était valable du 13 janvier au 12 avril 2022 et qui autorisait son séjour pour une durée de 30 jours. Il a été placé en garde à vue, en septembre 2024, pour des faits d'usage de faux document d'identité espagnol commis à Liévin les 19 avril et 27 octobre 2022. Après qu'il est apparu qu'il n'avait jamais effectué de démarche en vue de la délivrance d'un titre de séjour, il a fait l'objet, le 12 septembre 2024, d'une obligation de quitter sans délai le territoire français à destination du Maroc et d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par la présente requête, M. A demande au Tribunal d'annuler ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions attaquées :
2. Eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Par un arrêté du 13 mai 2024, publié le même jour au recueil n° 168 des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Nord a donné délégation à Mme D C, attachée d'administration de l'Etat, adjointe à la cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, signataire de l'arrêté en litige, à effet de signer notamment les décisions attaquées. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence de la signataire des décisions querellées manquent en fait et doivent donc être écartés.
En ce qui concerne l'autre moyen dirigé contre l'obligation de quitter le territoire français :
3. M. A déclare être entrée en France en février 2022, à l'âge de 39 ans. Il n'y résidait donc, de manière irrégulière, que depuis deux ans et 7 mois à la date d'adoption de la décision attaquée. S'il est marié et père de trois enfants, seul son fils ainé, qui est étudiant à Lille réside régulièrement en France, sa femme, son autre fils et sa fille résidant au Maroc. Ses parents sont décédés et son père est inhumé dans le Nord. Et s'il se prévaut de la présence dans le Nord d'une tante et de cousins et cousines, il n'établit pas ne pas avoir d'autres attaches familiales de même intensité au Maroc. En outre, si M. A travaille sans autorisation depuis mars 2022, d'abord comme intérimaire dans divers postes puis, à compter du 4 septembre 2023, en contrat à durée indéterminée sur le site de Croix d'une industrie métallurgique, il n'établit pas qu'il ne pourrait pas retrouver un emploi au Maroc, où, selon ses déclarations, il dirigeait, avant sa faillite liée à l'épidémie de Covid 19, une société d'animation et où il ressort des données de son fichier Visabio qu'il exerçait au jour de son entrée en France la profession de commerçant. S'il aide la croix rouge, les orphelins de la préfecture de police, a la qualité de donneur de sang et est très attaché à la France, ces seules circonstances ne sont pas de nature à établir que M. A disposerait désormais en France, où sa durée de séjour s'avère courte, du centre de ses intérêts privés. Il n'est donc pas fondé à soutenir que le préfet du Nord aurait, en l'obligeant à quitter le territoire français, commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A, à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre, ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne l'autre moyen dirigé contre le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
5. Pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 3 du présent jugement, le moyen, tiré de ce que le préfet du Nord aurait, en refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire, commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle, doit être écarté.
6. Il résulte donc de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à solliciter l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Nord a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne l'autre moyen dirigé contre la décision fixant le pays de destination :
7. M. A, qui n'a jamais formulé de demande d'asile alors qu'il réside en France depuis février 2022, a déclaré, lors de son audition par les services de police, être venu en France pour travailler et y finir ses jours. Il n'a fait état, lors de cette audition, ou dans son recours, où il s'est borné à alléguer, sans autres précisions, des désaccords avec le système politique marocain, d'aucune crainte personnelle en cas de retour au Maroc. Il suit de là, compte tenu des éléments déjà mentionnés au point 3 du présent jugement, que le moyen, tiré de ce que le préfet du Nord aurait, en fixant le Maroc comme pays de renvoi, commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle, doit être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A, à fin d'annulation de la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement prise à son encontre, ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne l'autre moyen dirigé contre l'interdiction de retour sur le territoire français :
9. Pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 3 du présent jugement, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'en interdisant son retour sur le territoire français pour une durée d'un an, le préfet du Nord aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.
10. Il suit de là que M. A n'est pas fondé à solliciter l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Nord a interdit son retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Ihou et au préfet du Nord.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
X. LARUE
La greffière,
Signé
O. MONGET
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2409639
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026