jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2409695 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 septembre 2024, Mme A B, représentée par Me Berthe, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 911-7 du code de justice administrative, la liquidation de l'astreinte prononcée par l'ordonnance n° 2406707 du 16 juillet 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Lille, à hauteur de 3 100 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le préfet du Nord a tardé à exécuter l'injonction prononcée par le tribunal et qu'en conséquence l'astreinte prononcée par cette ordonnance doit être exécutée.
Par un mémoire enregistré le 30 septembre 2024 et des pièces enregistrées le 27 septembre 2024, le préfet du Nord représenté par Me Rannou conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que l'ordonnance du 16 juillet 2024 a été exécutée compte tenu des contraintes de délai qui s'imposent à la préfecture
Vu :
- l'ordonnance n° 2406707 du 16 juillet 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Lille ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Perrin, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 30 septembre 2024 à 9h30, en présence de M. Metallaghi, greffier d'audience, M. Perrin, juge des référés, a lu son rapport et entendu :
- Me Berthe, représentant Mme B qui reprend les conclusions et moyens de la requête ;
- Me Kerrich, substituant Me Rannou, représentant le préfet du Nord, qui fait valoir qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte sollicitée compte tenu de l'exécution de l'ordonnance du 16 juillet 2024.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par son ordonnance n° 2406707 du 16 juillet 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Lille a, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, suspendu l'exécution de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet du Nord sur la demande de renouvellement de sa carte de séjour présentée par Mme B et enjoint audit préfet de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification de cette ordonnance et de lui délivrer dans l'attente un récépissé, le tout sous astreinte de 100 euros par jour de retard. Par la présente, Mme B demande la liquidation de l'astreinte prononcée par l'ordonnance du 16 juillet 2024.
Sur les conclusions tendant, sur le fondement de l'article L. 911-7 du code de justice administrative, à la liquidation d'astreintes :
2. Aux termes de l'article L. 911-6 du code de justice administrative : " L'astreinte est provisoire ou définitive. Elle doit être considérée comme provisoire à moins que la juridiction n'ait précisé son caractère définitif. Elle est indépendante des dommages et intérêts ". Aux termes de son article L. 911-7 : " En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée. / Sauf s'il est établi que l'inexécution de la décision provient d'un cas fortuit ou de force majeure, la juridiction ne peut modifier le taux de l'astreinte définitive lors de sa liquidation. / Elle peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée ".
3. L'astreinte a pour finalité de contraindre la personne qui s'y refuse à exécuter les obligations qui lui ont été assignées par une décision de justice. Sa liquidation a pour objet de tirer les conséquences du refus ou du retard mis à exécuter ces obligations. Il appartient au juge qui a assorti d'une astreinte l'injonction faite à l'une des parties, de statuer sur les conclusions tendant à ce que cette astreinte soit liquidée. Il peut alors procéder à cette liquidation s'il constate que les mesures qu'il avait prescrites n'ont pas été exécutées ou l'ont été tardivement. Il peut la modérer ou la supprimer compte tenu notamment des diligences accomplies par les parties en vue de procéder à l'exécution de la chose ordonnée, sans toutefois pouvoir remettre en cause les mesures décidées par le dispositif de la décision juridictionnelle dont l'exécution est demandée. Toutefois, si l'administration justifie avoir adopté, en lieu et place des mesures provisoires ordonnées par le juge des référés, des mesures au moins équivalentes à celles qu'il lui a été enjoint de prendre, le juge de l'exécution peut, compte tenu des diligences ainsi accomplies, constater que l'ordonnance du juge des référés a été exécutée.
4. L'ordonnance du 16 juillet 2024 a été communiquée au préfet du Nord le 18 juillet 2024. Le 17 septembre 2024, le préfet du Nord a adressé un courriel à la requérante pour l'informer que son titre de séjour était disponible en préfecture et lui a fixé un rendez-vous pour sa remise le 10 octobre 2024 à 10H30. En dépit du fait que l'ordonnance du 16 juillet 2024 n'a été exécutée qu'au-delà du délai à partir duquel avait été fixée une astreinte, compte tenu de ces éléments et du caractère limité de ce délai, l'injonction de réexamen de la situation de la requérante doit être regardée comme ayant été entièrement exécutée. Par suite les conclusions de Mme B tendant à la liquidation de l'astreinte prononcée à l'encontre de l'Etat doivent être rejetées.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris ses conclusions sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur.
Une copie sera adressée pour information au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 17 octobre 2024.
Le juge des référés,
Signé,
D. PERRIN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745
01/07/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258
01/07/2026