lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2409781 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP GROS-HICTER ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 septembre 2024 et une pièce communiquée le 7 octobre 2024 à 9h23, la société Astradec, représentée par Me Thoor, demande au juge des référés :
1°) statuant sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, d'annuler la procédure de passation lancée par la communauté d'agglomération d'Hénin-Carvin pour l'attribution d'un marché de curage du lac de Montigny-en-Gohelle, ou à défaut d'annuler cette procédure au stade de l'analyse des offres et d'enjoindre à la communauté d'agglomération d'Hénin-Carvin de reprendre la procédure au stade de l'analyse des offres ;
2°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération d'Hénin-Carvin la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le pouvoir adjudicateur a commis une erreur manifeste d'appréciation sur l'offre qu'elle a présentée ;
- cette erreur a eu un impact sur l'évaluation des critères techniques ;
- compte tenu que son offre était classée première sur le critère prix, celle-ci aurait été retenue si n'avait pas été commise une erreur sur sa capacité de traitement des boues.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 octobre 2024 et une pièce enregistrée le 7 octobre à 10h23, la communauté d'agglomération d'Hénin-Carvin représentée par la SCP Manuel Gros, Héloïse Hicter, Audrey d'Halluin, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société Astradec au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que l'offre de la société requérante était irrégulière et aurait dû être écartée pour cette raison et qu'en outre, elle n'a commis aucune dénaturation de l'offre présentée par la société requérante et que la société n'a pas été lésée, son offre étant insuffisante sur le plan technique sur plusieurs points.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 octobre 2024, la société Extract, représentée par Me Cabanes conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la société Astradec de la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que l'offre de la société requérante aurait dû être rejetée comme irrégulière et que le moyen soulevé par la société requérante est inopérant et en outre infondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Perrin, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 7 octobre 2024 à 10h30, en présence de M. Metallaghi, greffier d'audience, M. Perrin, juge des référés, a lu son rapport et entendu :
- Me Charles Eric Thoor, représentant la société Astradec, qui reprend les conclusions et moyens de sa requête et soutient qu'il n'est pas justifié de la régularité de l'offre de la société retenue,
- Me d'Halluin, représentant la communauté d'agglomération d'Hénin-Carvin, qui reprend ses écritures et fait valoir également que des moyens nouveaux ne peuvent être soulevés que par mémoire écrit,
-et Me Cabanes représentant la société Extract qui reprend également ses écritures.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. La communauté d'agglomération d'Hénin-Carvin a, par un avis d'appel public à la concurrence publié le 30 mai 2024, lancé une consultation en vue d'un marché de curage du lac de Montigny-en-Gohelle. La société Astradec a déposé une offre le 28 juin 2024. La communauté d'agglomération a retenu comme attributaire le groupement composé par les sociétés Extract et Dragage Marine Assistance et a informé, le 12 septembre 2024, la société requérante du rejet de son offre. La société Astradec demande au juge des référés, sur le fondement, de l'article L. 551-1 du code de justice administrative d'annuler cette procédure de passation, ou à défaut d'enjoindre à la communauté d'agglomération de reprendre cette procédure au stade de l'analyse des offres.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique () ".
3. Il n'appartient pas au juge du référé précontractuel, qui doit seulement se prononcer sur le respect, par le pouvoir adjudicateur, des obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation d'un contrat, de se prononcer sur l'appréciation portée sur la valeur d'une offre ou les mérites respectifs des différentes offres. Il lui appartient, en revanche, lorsqu'il est saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que le pouvoir adjudicateur n'a pas dénaturé le contenu d'une offre en méconnaissant ou en altérant manifestement les termes et procédé ainsi à la sélection de l'attributaire du contrat en méconnaissance du principe fondamental d'égalité de traitement des candidats.
4. Le règlement de la consultation prévoyait que le critère du prix était pondéré à hauteur de 60 points et que le critère de la valeur technique représentait 40 points. Ce critère de la valeur technique était lui-même décomposé en quatre sous critères : l'analyse des enjeux et la compréhension du dossier pour 15 points, l'adéquation des moyens humains et des moyens matériels affectés à chaque nature de travaux envisagés pour 10 points, le contenu des démarches qualité, environnementale et sécurité pour 10 points et le calendrier prévisionnel d'exécution pour 5 points. Ce dernier sous-critère recouvrait la prise en compte des contraintes biodiversité et environnementales, la prise en compte de la période estivale, le niveau de détail des phases de préparation et d'exécution des travaux.
5. La société Astradec a obtenu une note de 60 points sur 100 pour le critère prix et de 19 points sur 40 pour la valeur technique. Elle a été classée troisième sur quatre.
6. La société requérante soutient que son offre a été dénaturée au motif que le rapport d'analyse des offres indique à propos de la description et de la pertinence des modes opératoires envisagés par nature de travaux, qui constituait une des modalités d'appréciation du sous-critère relatif à l'analyse des enjeux et à la compréhension du dossier : " étant donné les capacités de traitement des filtres presses proposés par l'entreprise, le tonnage de matières sèches qui pourra être traitée est de l'ordre de 14 tonnes, nettement insuffisant, il faudrait 364 jours pour réaliser les travaux, incohérent avec les délais inscrits dans l'acte d'engagement ". Elle estime que cette appréciation de son offre est manifestement erronée car notamment elle ne prend pas en compte la possibilité de faire fonctionner les presses pendant 9 à 10 heures par jour et que le cycle de fonctionnement d'une presse est d'une heure
7. D'une part, il résulte de la documentation technique fournie que les presses ont un cycle de fonctionnement d'une durée d'une à deux heures et que d'autre part le cahier des clauses techniques particulières indiquent que les approvisionnements et évacuations se feront sur une plage journalière n'excédant pas neuf heures, comprise du lundi au vendredi de 8 heures à 17 heures, ce qui limite la durée de pressage à moins de neuf heures. Il résulte de ces seuls éléments que le pouvoir adjudicateur n'a pas dénaturé l'offre de la société Astradec sur ce point qui n'avait qu'un poids limité dans l'appréciation des offres.
8. D'autre part, si la société requérante soutient que l'appréciation précitée sur sa capacité technique a impacté l'appréciation des autres critères, il résulte du rapport d'analyse des offres que le pouvoir adjudicateur a formulé d'autres critiques de l'offre de la société requérante. Ainsi sur le critère de la prise en compte des contraintes biodiversité et environnementale dans le calendrier prévisionnel d'exécution, la société requérante n'a obtenu qu'un point sur 5 au motif que son planning est peu détaillé en ignorant " si les contraintes de biodiversité et environnementales sont prises en compte ", cette appréciation n'étant pas sérieusement contesté par la société requérante.
9. Les décisions prises par le juge des référés sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative sont rendues à la suite d'une procédure particulière qui, tout en étant adaptée à la nature des demandes et à la nécessité d'assurer une décision rapide, doit garantir le caractère contradictoire de l'instruction. Si les parties peuvent présenter en cours d'audience des observations orales à l'appui de leurs écrits, elles doivent, si elles entendent soulever des moyens nouveaux, les consigner dans un mémoire écrit. Le juge, qui ne saurait accueillir de tels moyens sans avoir mis le défendeur à même de prendre connaissance du mémoire qui les invoque, peut, compte tenu de ces nouveaux éléments, décider que la clôture de l'instruction n'interviendra pas à l'issue de l'audience mais la différer à une date dont il avise les parties par tous moyens. S'il décide de tenir une nouvelle audience, l'instruction est prolongée jusqu'à l'issue de cette dernière. Si lors de l'audience, la société Astradec soutient qu'il n'est pas justifié de la régularité de l'offre du groupement attributaire, ce moyen n'a pas été développé par un mémoire écrit, comme le fait valoir lors de l'audience la communauté d'agglomération et doit donc en tout état de cause être écarté comme irrecevable.
10. Il résulte de ce qui précède que la communauté d'agglomération d'Hénin-Carvin n'a pas dénaturé l'offre de la société Astradec. La requête doit donc être en tout état de cause rejetée, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la substitution de motif de rejet de la candidature de la société requérante demandée en défense.
Sur les frais du litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mise à la charge de la communauté d'agglomération d'Hénin-Carvin, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme réclamée à ce titre par la société Astradec. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Astradec une somme de 1 000 euros à verser à la communauté d'agglomération d'Hénin-Carvin et une somme identique à verser à la société Extract, sur le même fondement.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Astradec est rejetée.
Article 2 : La société Astradec versera une somme de 1 000 euros à la communauté d'agglomération d'Hénin-Carvin et une somme identique à la société Extract au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Astradec, à la communauté d'agglomération d'Hénin-Carvin, à la société Extract et à la société Dragage Marine Assistance.
Fait à Lille, le 14 octobre 2024.
Le juge des référés,
Signé,
D. PERRIN
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026