jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2409918 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CABINET CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 25 septembre et 2 octobre 2024, M. E A, alias A D, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 24 septembre 2024 par lesquelles le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le Soudan comme pays de destination de la mesure d'éloignement et a interdit son retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du présent jugement et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle ne lui a pas été notifiée dans une langue qu'il comprenait ;
- et elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle ne lui a pas été notifiée dans une langue qu'il comprenait ;
- et elle méconnaît les dispositions du 1° et du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle ne lui a pas été notifiée dans une langue qu'il comprenait ;
- et elle méconnaît tant les stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales que celles de l'article 3-1 de la convention contre la torture et autres traitements cruels et inhumains.
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle ne lui a pas été notifiée dans une langue qu'il comprenait ;
- et elle est empreinte, eu égard à sa durée, d'une erreur dans l'appréciation de sa situation.
La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales amendée, signée à Rome le 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Larue en application des articles L. 614-2, L. 921-2 et L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Larue, magistrat désigné ;
- les observations de Me Aubertin, représentant M. M. A, alias D, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens tout en ajoutant que l'obligation de quitter le territoire français méconnaît les dispositions combinées des articles L. 611-1 4° et L. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile puisqu'il disposait du droit de se maintenir sur le territoire français, le rejet définitif de sa demande d'asile ne lui ayant pas été notifié en l'absence d'adresse mentionnée sur sa fiche OFPRA ;
- les observations de Me Hau, représentant le préfet du Nord, qui conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé ;
- et les observations de M. M. A, alias D, assisté de Mme B G, interprète assermentée en langue arabe, qui a répondu aux questions qui lui ont été posées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant soudanais né le 1er janvier 1993, est entré irrégulièrement en France le 19 décembre 2017. Le 7 août 2019, il a sollicité la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire. Sa demande a toutefois été définitivement rejetée par l'office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) le 30 septembre 2019, à l'instar de ses trois demandes de réexamens, la deuxième ayant été jugée irrecevable le 22 juin 2022 et la dernière ayant été clôturée le jour même de son introduction, le 1er février 2024. Le 23 septembre 2024, M. A, sous l'identité déclarée de M. D, a été interpellé à l'occasion d'un contrôle d'identité opéré en gare Lille Flandres à 21h30. N'étant pas à même de justifier de son droit à circuler ou séjourner en France, M. A, alias D, a fait l'objet d'une mesure de retenue administrative aux fins de vérification de ce droit. Après qu'il est apparu que ses demandes d'asile avaient été définitivement rejetées, qu'il avait fait l'objet de plusieurs mesures d'éloignement et qu'il n'était pas titulaire d'un titre de séjour, M. A, alias D, s'est vu notamment notifier, le lendemain de son interpellation, une obligation de quitter sans délai le territoire français à destination du Soudan, assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par la présente requête, M. A, alias D, sollicite l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :
2. En premier lieu, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Par un arrêté du 13 mai 2024, publié le même jour au recueil n° 168 des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Nord a donné délégation à Mme F C, attachée d'administration de l'Etat, adjointe à la cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, signataire de l'arrêté en litige, à effet de signer notamment les décisions attaquées. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence de la signataire des décisions querellées manquent en fait et doivent donc être écartés.
3. En deuxième lieu, le préfet du Nord énonce avec suffisamment de précisions les considérations de fait et de droit sur lesquelles il fonde ses décisions. Par suite, les moyens, tirés de l'insuffisante motivation des décisions attaquées, ne peuvent être accueillis.
4. En dernier lieu, M. A, alias D, ne saurait utilement se prévaloir de ce que les décisions querellées ne lui auraient pas été notifiées dans une langue qu'il comprend, les conditions de notification d'une décision étant sans incidence sur sa légalité. Au surplus, il ressort des pièces du dossier que les décisions attaquées lui ont été notifiées par le truchement d'un interprète en langue arabe, sa langue maternelle.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; / () ". Aux termes de l'article L. 541-1 dudit code : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français. " Aux termes de l'article L. 541-2 dudit code : " L'attestation délivrée en application de l'article L. 521-7, dès lors que la demande d'asile a été introduite auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, vaut autorisation provisoire de séjour et est renouvelable jusqu'à ce que l'office et, le cas échéant, la Cour nationale du droit d'asile statuent. " Aux termes de l'article L. 542-1 du même code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. / () ". Aux termes de l'article R. 532-54 du même code : " Le secrétaire général de la Cour nationale du droit d'asile notifie la décision de la cour au requérant par lettre recommandée avec demande d'avis de réception et l'informe dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend du caractère positif ou négatif de la décision prise. Il la notifie également au directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides. ". L'article R. 532-57 du même code dispose que : " La date de notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile qui figure dans le système d'information de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides, et qui est communiquée au préfet compétent et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration au moyen de traitements informatiques, fait foi jusqu'à preuve du contraire. ".
6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, et notamment du relevé Télemofpra produit par le préfet du Nord, que la demande d'asile de M. A, alias D a été définitivement rejetée le 30 septembre 2019 et que cette décision lui a été notifiée le 18 octobre 2019. Ses demandes de réexamen successives ont été respectivement rejetée le 25 novembre 2021, décision qui lui a été notifiée le 9 décembre 2021, jugée irrecevable le 22 juin 2022, décision qui lui a été notifiée le 28 juin 2022 et clôturée, le jour même de son enregistrement le 1er février 2024. Si aucune date de notification ne figure concernant cette dernière décision, cette clôture fait suite à l'absence de mention par le requérant d'une adresse. En effet, la fiche OFPRA mentionne, d'une part, que l'adresse connue en 2022 était inexploitable, le pli, dûment adressé à la dernière adresse connue du requérant en juin 2022, n'étant jamais revenu à l'OFPRA, et, d'autre part, qu'il n'a pas été possible, au 1er février 2024, de mettre à jour l'adresse de M. A. Par suite, M. A, alias D n'est pas fondé à soutenir qu'en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet aurait méconnu son droit au maintien sur le territoire français et les dispositions précitées des articles L. 541-1, L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. En second lieu, M. A, alias D, déclare est entré irrégulièrement sur le territoire français le 19 décembre 2017, à l'âge de 24 ans. Nonobstant la durée importante de son séjour en France, où il réside majoritairement irrégulièrement depuis 6 ans et 10 mois, il est célibataire, sans enfant à charge, ne dispose d'aucune attache familiale en France et n'établit pas qu'il ne disposerait plus de telles attaches au Soudan. En outre M. A, alias D, ne se prévaut d'aucun élément de nature à établir qu'il disposerait désormais en France, où il est extrêmement défavorablement connu des services de police, notamment pour des faits d'exhibition sexuelle, de harcèlement sexuel et d'agression sexuelle signalés à 4 reprises, la dernière fois le 2 juillet 2024, du centre de ses intérêts privés. Il n'est donc pas fondé à soutenir qu'en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet du Nord aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis par cette mesure.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A, alias D, à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre, ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne l'autre moyen dirigé contre la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
9. L'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () / 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".
10. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, pour les motifs évoqués au point 5 du présent jugement, que le comportement de M. A, alias D, constitue une menace pour l'ordre public. En outre s'il soutient qu'il ne présente pas de risques de fuite, il ressort des pièces du dossier que M. A, alias D, est entré irrégulièrement sur le territoire français où il n'a jamais obtenu la délivrance d'un titre de séjour, a fait l'objet de plusieurs mesures d'éloignement et n'a pas présenté de documents d'identité ou de voyage en cours de validité ni justifié d'une résidence stable affectée à son habitation. Ainsi, conformément aux dispositions précitées des 1° et 3° de l'article L. 612-2 et 1°, 5° et 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le risque que M. A, alias D, se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre doit être regardé comme établi. De sorte qu'il n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Nord aurait méconnu les dispositions précitées des 1° et 3° de l'article L. 612-2 ou de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11. Il suit de là que M. A, alias D, n'est pas fondé à solliciter l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Nord a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne l'autre moyen dirigé contre la décision fixant le pays de destination :
12. M. A, alias D, dont la demande d'asile a été rejetée à 3 reprises par l'OFPRA et dont la 3ème demande de réexamen a été clôturée le 1er février 2024, s'est borné à indiquer, lors de son audition par les services de police, qu'il avait fui son pays du fait de la guerre. Il ne fait pas plus état, dans son recours ou, spontanément, à l'audience, de craintes personnelles et actuelles en cas de retour au Soudan, pays à l'égard duquel il n'a su préciser à l'audience ni de quel Etat du Darfour il était originaire, ni le nom de la localité où il vivait, ni le nom de lieux géographiques propres, ni ce qu'il y faisait pour vivre. M. A, alias D, n'a pas plus été en capacité de mentionner son ethnie. Dans ces circonstances, il n'est pas fondé à soutenir, qu'en fixant le Soudan comme pays de renvoi, pays dont il ne semble pas être originaire, le préfet du Nord aurait méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A, alias D, à fin d'annulation de la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement prise à son encontre, ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne l'autre moyen dirigé contre l'interdiction de retour sur le territoire français :
14. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ". Il résulte de ces dispositions combinées que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux.
15. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, notamment du fichier des étrangers, que M. A, alias D, a fait l'objet de précédentes mesures d'éloignement et que son comportement, ayant donné lieu à 20 signalisations au fichier automatisé des empreintes digitales, constitue, ainsi qu'il a déjà été dit, une menace pour l'ordre public. Et, s'il doit être regardé comme séjournant, majoritairement irrégulièrement en France, depuis le 19 décembre 2017, soit depuis moins de 7 ans à la date de la décision attaquée, il n'y dispose d'aucune attache familiale. Ainsi M. A, alias D n'est pas fondé à soutenir qu'en interdisant son retour sur le territoire français pour une durée de 3 ans, le préfet du Nord aurait commis une erreur dans l'appréciation de sa situation personnelle.
16. Il suit de là que M. A, alias D, n'est pas fondé à solliciter l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Nord a interdit son retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
17. Le présent jugement n'impliquant aucune mesure d'exécution, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte de M. A, alias D ne peuvent être accueillies.
Sur les conclusions au titre des frais exposés et non compris dans les dépens :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A, alias D, est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. M. A E, alias D A et au préfet du Nord.
Lu en audience publique le 3 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé :
X. LARUE
La greffière,
Signé :
V. LESCEUX
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2409918
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745
01/07/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258
01/07/2026