LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2409935

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2409935

jeudi 3 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2409935
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantCABINET CENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de M. B, un ressortissant algérien, qui contestait la décision du préfet du Nord du 25 septembre 2024 prolongeant de deux ans son interdiction de retour sur le territoire français. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence, d'insuffisance de motivation et de défaut de notification dans une langue comprise, jugeant la décision légalement fondée. Il a également estimé que le moyen tiré de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français était inopérant, car la prolongation de l'interdiction de retour est prévue par l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en cas de maintien irrégulier sur le territoire. En conséquence, la requête a été rejetée dans son intégralité.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 septembre 2024, M. E B demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 25 septembre 2024 par laquelle le préfet du Nord a prolongé, pour une durée de deux ans, l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre par le préfet des Yvelines le 19 décembre 2022 ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du présent jugement et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que la décision attaquée :

- a été édictée par une autorité incompétente ;

- est insuffisamment motivée ;

- ne lui a pas été notifiée dans une langue qu'il comprend ;

- et est empreinte, quant à sa durée, d'une erreur d'appréciation de sa situation.

La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales amendée, signée à Rome le 4 novembre 1950 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Larue en application des articles L. 614-2, L. 921-2 et L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Larue, magistrat désigné ;

- les observations de Me Aubertin, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens tout en ajoutant que la décision attaquée est empreinte d'une erreur de droit et d'un défaut de base légale puisque M. B a exécuté l'obligation de quitter le territoire français prise en décembre 2022 à son encontre en se rendant d'août 2023 à septembre 2023 aux Pays-Bas ;

- les observations de Me Hau, représentant le préfet du Nord, qui conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé ;

- et les observations de M. B, assisté de Mme A F, interprète assermentée en langue arabe, qui a répondu aux questions qui lui ont été posées.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien né le 8 juillet 1995, déclare être entré irrégulièrement en France le 5 novembre 2020. Le 24 septembre 2024, il a été interpellé à l'occasion d'un contrôle d'identité opéré en gare de Lille Flandres à 15h30. N'étant pas à même de justifier de son droit à circuler ou séjourner en France, M. B a fait l'objet d'une mesure de retenue administrative aux fins de vérification de ce droit. Après qu'il est apparu qu'il avait notamment fait l'objet, sous son alias tunisien, d'une obligation de quitter sans délai le territoire français à destination de la Tunisie et d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an le 19 décembre 2022 par le préfet des Yvelines et n'avait jamais sollicité la délivrance d'un certificat de résidence algérien, il s'est vu notifier, le lendemain de son interpellation, notamment une décision de prolongation, pour une durée de deux ans, de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre. Par la présente requête, M. B sollicite l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Par un arrêté du 13 mai 2024, publié le même jour au recueil n° 168 des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Nord a donné délégation à Mme D C, attachée d'administration de l'Etat, adjointe à la cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, signataire de l'arrêté en litige, à effet de signer notamment la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision querellée manque en fait et doit donc être écarté.

3. En deuxième lieu, le préfet du Nord énonce avec suffisamment de précisions les considérations de fait et de droit sur lesquelles il fonde sa décision en mentionnant le maintien irrégulier de M. B sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai et en faisant application des dispositions de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, plus précisément du 1° de cet article seul cas admissible eu égard à l'obligation de quitter sans délai le territoire français prononcée à son encontre et à l'expiration, le 19 décembre 2023, du délai de l'interdiction de retour prononcée à son encontre par le préfet des Yvelines. Par suite, le moyen, tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée, ne peut être accueilli.

4. En troisième lieu, M. B ne saurait utilement se prévaloir de ce que la décision querellée ne lui aurait pas été notifiée dans une langue qu'il comprend, les conditions de notification d'une décision étant sans incidence sur sa légalité. Au surplus, il ressort des pièces du dossier que les décisions attaquées lui ont été notifiées par le truchement d'un interprète en langue arabe, sa langue maternelle.

5. En quatrième lieu, l'article L. 711-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Pour satisfaire à l'exécution d'une décision mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 700-1, l'étranger rejoint le pays dont il a la nationalité ou tout pays, autre qu'un Etat membre de l'Union européenne, la République d'Islande, la Principauté du Liechtenstein, le Royaume de Norvège ou la Confédération suisse, dans lequel il est légalement admissible. / () ". Il suit de là que M. B n'est pas fondé à soutenir, au seul motif qu'il aurait quitté le territoire français pour se rendre au Pays-Bas, qu'il aurait exécuté l'obligation de quitter le territoire prise à son encontre. Par suite, les moyens, tirés, pour ce motif, de ce que la décision attaquée serait empreinte d'une erreur de droit et d'un défaut de base légale, doivent être écartés.

6. En dernier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut prolonger l'interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans dans les cas suivants : / 1° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai ; / () / Compte tenu des prolongations éventuellement décidées, la durée totale de l'interdiction de retour ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, sauf menace grave pour l'ordre public ".

7. En l'espèce, M. B déclarait être entré irrégulièrement sur le territoire français, le 5 novembre 2020, à l'âge de 25 ans. Néanmoins, à l'audience il a indiqué avoir séjourné au Pays Bas entre 18 août 2023 et le 23 septembre 2024 et être entré, pour la dernière fois en France, la veille de son interpellation. Il n'y résidait donc que depuis une journée à la date d'adoption de la décision attaquée. Il est célibataire sans enfant et n'établit pas, même s'il a mentionné à l'audience avoir un oncle paternel à Paris, disposer d'attaches familiales sur le territoire français où il recourt constamment à un alias tunisien, a fait l'objet de 8 signalisations au fichier automatisé des empreintes digitales et a été condamné, le 19 septembre 2022, à une peine d'emprisonnement délictuel de 5 ans pour des faits de vol avec destruction. En outre, à considérer même que sa présence ne constituerait plus, depuis sa sortie de prison, le 31 décembre 2022, une menace pour l'ordre public, M. B, qui ne se prévaut d'aucun élément d'intégration en France, a fait l'objet de deux obligations de quitter sans délai le territoire français les 6 novembre 2021 et 19 décembre 2022. Il n'est donc pas fondé à soutenir qu'en prolongeant de deux années l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre le 19 décembre 2022, le préfet du Nord aurait commis, eu égard à la durée de cette prolongation, une erreur d'appréciation de sa situation personnelle.

8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B, à fin d'annulation de la décision du 25 septembre 2024 par laquelle le préfet du Nord a prolongé, pour une durée de deux ans, l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre par le préfet des Yvelines le 19 décembre 2022, ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

9. Le présent jugement n'impliquant aucune mesure d'exécution, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte de M. B ne peuvent être accueillies.

Sur les conclusions au titre des frais exposés et non compris dans les dépens :

10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E B et au préfet du Nord.

Lu en audience publique le 3 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

Signé :

X. LARUE

La greffière,

Signé :

V. LESCEUX

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2409935

Décisions similaires

TA95Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745

01/07/2026

TA83Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101

01/07/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358

01/07/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258

01/07/2026

← Retour aux décisions