mercredi 30 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2409945 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CABINET ACTIS AVOCATS |
Vu les procédures suivantes :
I/ Par une requête enregistrée sous le n° 2409945, le 26 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Maricourt, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 septembre 2024 par lequel le préfet du Pas-de-Calais il lui a fait obligation de quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an, assortie d'un signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen ;
2°) d'enjoindre au préfet du Pas-de-Calais de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard ou de procéder au réexamen de sa situation ;
Il soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
- elles ont été prises par une autorité incompétente ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
En ce qui concerne la décision faisant obligation de quitter le territoire français :
- elle est intervenue en méconnaissance de son droit à être entendu, garanti par l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 33 de la convention de Genève et les dispositions des articles L. 521-1, L. 521-7, L. 541-1, L. 541-2 et R. 521-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il a demandé l'asile au cours de son audition par les services de police ;
- elle est entachée d'une " erreur manifeste d'appréciation " ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision faisant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une " erreur manifeste d'appréciation " ;
En ce qui concerne la décision portant refus d'un délai de départ volontaire :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision faisant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une " erreur manifeste d'appréciation " ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision faisant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une " erreur manifeste d'appréciation ".
La requête a été communiquée au préfet du Pas-de-Calais qui n'a pas présenté de mémoire.
II/ Par une requête enregistrée sous le n° 2410132, le 2 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Maricourt, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 1er octobre 2024 par lequel le préfet du Nord a décidé de le maintenir en rétention le temps de l'examen de sa demande d'asile.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une " erreur manifeste d'appréciation " eu égard aux dispositions de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La requête a été communiquée au préfet du Pas-de-Calais qui n'a pas présenté de mémoire.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention de Genève du 23 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention du conseil de l'Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains signée à Varsovie le 16 mai 2005 ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Jaur en application des articles L. 754-4 et L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jaur, magistrate désignée ;
- les observations de Me Maricourt, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens qu'il développe, à l'exception des moyens tirés de l'incompétence du signataire des décisions attaquées qu'il abandonne expressément ;
- les observations de M. B, assisté de Mme C, interprète en langue ourdou, répondant aux questions du tribunal ;
- et les observations de Me El Asaad, représentant le préfet du Pas-de-Calais.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant pakistanais, né le 25 mars 1984 à Karachi (Pakistan), a été interpellé le 25 septembre 2024 sur le port de Calais par les services de police dépourvu de tout document l'autorisant à séjourner en France. Par un arrêté du 25 septembre 2024, dont M. B demande l'annulation, le préfet du Pas-de-Calais il lui a fait obligation de quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement, lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an, assortie d'un signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen et a ordonné son placement en rétention administrative. M. B a sollicité, en rétention, le 30 septembre 2024, le bénéfice d'une protection internationale. Par arrêté du 1er octobre 2024, dont M. B demande aussi l'annulation, le préfet du Pas-de-Calais a décidé de le maintenir en rétention le temps de l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). La demande d'asile de M. B a été rejetée par une décision de l'OFPRA du 7 octobre 2024.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n° 2409945 et n°2410132 concernent la situation d'un même requérant et sont relatives à la légalité d'une décision d'éloignement prise à son encontre et d'une décision portant maintien en rétention le temps de l'examen de sa demande d'asile. En application du troisième alinéa de l'article L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu de les joindre pour qu'il soit statué sur les deux requêtes par une seule décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 25 septembre 2024 :
En ce qui concerne le moyen commun :
3. Le préfet du Pas-de-Calais énonce avec suffisamment de précisions les considérations de fait et de droit sur lesquelles il fonde ses décisions. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation des décisions attaquées ne peuvent être accueillis.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision faisant obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Enfin, aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la Charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. () ".
5. Le droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union européenne, se définit comme celui de toute personne à faire connaître, de manière utile et effective, ses observations écrites ou orales au cours d'une procédure administrative, avant l'adoption de toute décision susceptible de lui faire grief. Toutefois, ce droit n'implique pas systématiquement l'obligation, pour l'administration, d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales. Enfin, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été entendu le 25 septembre 2024 par les services de police de Coquelles, par le truchement d'une interprète en langue ourdou, langue qu'il comprend et a été invité à présenter ses observations sur la perspective de son éloignement du territoire français, il a signé le procès-verbal à 10h40 et la décision attaquée lui a été notifiée le même jour à 16h10 à 16h20. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que son droit à être entendu a été méconnu. Par suite, ce moyen doit être écarté.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile se présente en personne à l'autorité administrative compétente qui enregistre sa demande () ". Aux termes de l'article L. 521-7 du même code : " Lorsque l'enregistrement de sa demande d'asile a été effectué, l'étranger se voit remettre une attestation de demande d'asile () / La délivrance de cette attestation ne peut être refusée au motif que l'étranger est démuni des documents et visas mentionnés à l'article L. 311-1. Elle ne peut être refusée que dans les cas prévus aux c ou d du 2° de l'article L. 542-2. / Cette attestation n'est pas délivrée à l'étranger qui demande l'asile à la frontière ou en rétention. () " Aux termes de l'article L. 541-1 de ce code : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français ". Enfin, aux termes de l'article R. 521-4 du même code : " Lorsque l'étranger se présente en personne auprès de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, des services de police ou de gendarmerie ou de l'administration pénitentiaire, en vue de demander l'asile, il est orienté vers l'autorité compétente. () ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 33 de la convention de Genève : " 1. Aucun des Etats contractants n'expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques ".
8. Les dispositions des articles L. 521-1 à L. 521-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile obligent les autorités, sauf exceptions, à enregistrer la demande d'asile qu'un étranger aurait formulé lors de son audition par les services de police. Si M. B, qui a depuis lors pu déposer une demande d'asile en rétention qui a été rejetée, a exposé, lors de son audition, avoir quitté son pays pour des raisons politiques, il n'a fait état d'aucune crainte en cas de retour au Pakistan. Il ne peut, dès lors, être regardé comme ayant entendu solliciter son admission en France au titre de l'asile à l'occasion de son audition. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la décision attaquée méconnaîtrait les stipulations de l'article 33 de la convention de Genève et les dispositions des articles L. 521-1, L. 521-7, L. 541-1, L. 541-2 et R. 521-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, eu égard au souhait que M. B aurait exprimé en audition de demander l'asile en France, doit être écarté.
9. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B ne séjournait en France que depuis huit mois avant d'avoir été interpellé par les services de police le 25 septembre 2024, et qu'il ne dispose, sur le territoire national, d'aucune attache particulière, son objectif étant de rejoindre le territoire britannique. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Pas-de-Calais aurait, en lui faisant obligation de quitter le territoire français, commis une erreur manifeste d'appréciation, doit être écarté.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision fixant le pays de destination :
10. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 3 à 9 du présent jugement, le moyen, tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision faisant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.
11. En second lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible./ Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
12. Si M. B fait part dans son recours de craintes liées à l'engagement politique qui aurait été le sien pour le parti d'opposition au pouvoir dirigé par Imran B et craint d'être exposé, en cas de retour au Pakistan, à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés, il n'apporte aucun élément probant au soutien de ses allégations. Par suite, alors qu'au surplus ainsi qu'il a été dit au point 8 du présent jugement, il n'a jamais fait état de craintes en cas de retour au Pakistan avant l'introduction de sa requête et que sa demande d'asile a été rejetée par l'OFPRA par une décision du 7 octobre 2024, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation, doivent être écartés.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision portant refus d'un délai de départ volontaire :
13. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 3 à 9 du présent jugement, le moyen, tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision faisant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.
14. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Le préfet du Pas-de-Calais, en refusant un délai de départ volontaire à M. B qui se borne à évoquer des craintes de persécutions en cas de retour au Pakistan, n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision portant interdiction de retour :
15. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 3 à 9 du présent jugement, le moyen, tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision faisant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.
16. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
17. Alors que le préfet du Pas-de-Calais a fondé la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, sur les circonstances que M. B faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, qu'il ne séjournait en France que depuis huit mois et qu'il n'avait aucun lien privé ou familial sur le territoire français, M. B se borne à soutenir que la décision attaquée serait empreinte d'une erreur manifeste d'appréciation, en raison de circonstances humanitaires. Toutefois, compte tenu de ce qui a été dit précédemment, si l'intéressé soutient qu'il craint d'être exposé, en cas de retour au Pakistan, à des persécutions du fait de son engagement politique, il n'apporte aucun élément probant au soutien de ses allégations. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
18. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 25 septembre 2024 par lequel le préfet du Pas-de-Calais il lui a fait obligation de quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an, assortie d'un signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen. Ses conclusions à fin d'annulation doivent dès lors être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 1er octobre 2024 :
19. En premier lieu, la décision attaquée mentionne les circonstances de fait et de droit sur lesquelles elle se fonde. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision ne peut, dès lors, qu'être écarté.
20. En second lieu, aux termes de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ. () ".
21. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré en France en février 2024, soit huit mois avant son interpellation par les services de police et il ressort des propos tenus par l'intéressé lors de son audition par les services de police que celui-ci avait pour but premier de rejoindre le Royaume-Uni. Il a également déclaré, lors de cette audition, ainsi qu'il a été dit précédemment, avoir quitté son pays pour des raisons politiques mais sans faire état d'aucune crainte spécifique en cas de retour au Pakistan. Ce n'est que dans son recours que le requérant fait part de craintes liées à l'engagement politique qui aurait été le sien pour le parti d'opposition au pouvoir dirigé par Imran B sans apporter aucun élément probant au soutien de ses allégations. Dans ces conditions, le préfet du Pas-de-Calais n'a commis erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en estimant que la demande d'asile formulée par M. B en rétention avait pour seul but de faire échec à la mesure d'éloignement prise à son encontre.
22. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 1er octobre 2024 par lequel le préfet du Pas-de-Calais l'a maintenu en rétention administrative. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation de cette décision doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n°2409945 et n°2410132 de M. B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Maricourt et au préfet du Pas-de-Calais.
Jugement rendu à l'issue de l'audience publique du 30 octobre 2024.
La magistrate désignée,
Signé :
A. Jaur
La greffière,
Signé :
N. Carpentier La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°s 2409945, 241013
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745
01/07/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258
01/07/2026