jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2410004 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 septembre 2024, M. B A, représentée par Me Sophie C, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision réputée intervenue le 29 août 2024 par laquelle le préfet du Nord a refusé implicitement de faire droit à sa demande tendant à la délivrance du récépissé prévu par l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans le délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ou, à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa situation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, en application des dispositions des articles L. 911-1 et
L. 911-2 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil, sous réserve de renoncer à la part contributive de l'Etat, de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors, d'une part, qu'elle est présumée pour les refus de demande tendant au changement de statut étudiant vers salarié, d'autre part, que la décision attaquée le place dans une situation irrégulière au regard de son droit au séjour, a eu pour effet la suspension de son contrat de travail et des revenus de son travail depuis le 8 août 2024 ;
- la décision attaquée est dépourvue de motivation ;
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance des articles R. 431-5 et R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde de droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation.
La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit d'observations écrites.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 24100016 enregistrée 27 septembre 2024 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Huguen, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 octobre 2024 à 9h30 en présence de M. Metallaghi, greffier d'audience :
- le rapport de M. Huguen ;
- les observations de Me Rimetz, substituant Mme C, pour M. A, qui a conclu aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens. Me Rimetz a soutenu également, d'une part, que M. A n'avait pas été rendu destinataire du récépissé que le préfet du Nord allègue lui avoir délivré le 10 octobre 2024 ;
- les observations de Me Kerrich pour le préfet du Nord, qui a conclu, à titre principal, au non-lieu à statuer au rejet de la requête au motif qu'il avait été fait droit, en cours d'instance, à la demande de M. A, à titre subsidiaire, au rejet de la requête au motif que la condition de l'urgence n'est pas remplie ;
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ".
2. Au cas d'espèce, en raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, il y a lieu d'admettre M. B A, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
3. M. A, ressortissant malien, né le 19 septembre 1996 à Keyes (République du Mali), est entré en France le 15 septembre 2018 sous couvert d'un passeport malien revêtu d'un visa portant la mention " étudiant ". Il a été mis en possession d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " dont la durée de validité a été régulièrement prolongée jusqu'au 25 mars 2023. A l'issue de ses études, la société Boulanger lui a proposé de signer un contrat à durée indéterminée pour exercer les fonctions d'équipier de plateforme logistique et obtenu, le 10 novembre 2023, une autorisation de travail. Le 16 novembre 2023, M. B a sollicité la délivrance, dans le cadre d'un changement de statut, d'un titre de séjour portant la mention " salarié ". M. B a alors été mis en possession du récépissé prévu par l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont la validité expirait le 7 août 2024. Le 28 juillet 2024, il a sollicité la délivrance d'un nouveau récépissé. Par une décision réputée intervenue le 29 août 2024, le préfet du Nord a refusé implicitement de faire droit à sa demande. M. A demande au juge des référés la suspension de l'exécution de cette décision implicite.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée par le préfet du Nord :
4. Il résulte de l'instruction que le préfet du Nord a, le 10 octobre 2024, postérieurement à l'introduction de la requête, décidé de délivrer à M. A le récépissé prévu par l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il a fixé la durée de validité jusqu'au 9 janvier 2025. Le préfet du Nord, par les documents versés aux débats, établi avoir édité ce récépissé dont M. A, au demeurant, peut se prévaloir, avec la présente ordonnance, pour justifier de la régularité de son séjour en France en attendant la remise effective de celui-ci. Dès lors, les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête sont devenues sans objet. Il n'y a pas lieu, par suite, d'y statuer.
Sur les frais liés au litige :
5. M. A étant admis, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dès lors que M. A a dû saisir le juge des référés pour qu'il soit fait droit à sa demande tendant à la délivrance du récépissé prévu par l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu, sous réserve que Me C, son avocate, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de son admission définitive à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me C de la somme de 800 euros.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête de M. A.
Article 2 : Sous réserve que Me C renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier lui versera la somme de 800 (huit cents) euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me C et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 24 octobre 2024.
Le juge des référés,
Signé,
O. HUGUEN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745
01/07/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358
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Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258
01/07/2026