jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2410117 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | LUTRAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 octobre 2024, M. D B C, représenté par Me Valérie Lutran, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision réputée intervenue le 3 mars 2024 par laquelle le préfet du Nord a refusé de faire droit à sa demande tendant au renouvellement de sa carte de résident.
3°) d'enjoindre au préfet du Nord, d'une part, de procéder à un nouvel examen de sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, d'autre part, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans le délai de trois jours, l'ensemble, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, en application des dispositions des articles L. 911-2 et L. 911-3 du code de justice administrative ;
4°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil, sous réserve de renoncer à la part contributive de l'Etat, de la somme de 1 000 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, dans le cas où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée, de mettre à la charge de l'Etat le versement à son profit de cette somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors, d'une part, qu'elle est présumée pour les refus de renouvellement de titre de séjour, d'autre part, que la décision attaquée le place dans une situation irrégulière au regard de son droit au séjour et fait obstacle à ses droits de travailler et de circuler librement ;
- la décision attaquée est dépourvue de motivation ;
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance des articles L. 424-1, L. 432-3 et L. 433-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il en réunit les conditions.
La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit d'observations écrites.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n°2410145 enregistrée le 2 octobre 2024 par laquelle M. B C demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Huguen, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 octobre 2024 à 14h00 en présence de M. Metallaghi, greffier d'audience :
- le rapport de M. Huguen ;
- les observations de Me Lutran, représentant M. B C, qui a conclu, d'une part, au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction, d'autre part, à ce qu'il soit fait droit aux conclusions tendant à l'admission de son client à l'aide juridictionnelle à titre provisoire et à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
- les observations de Me Hau, pour le préfet du Nord, qui a conclu au non-lieu à statuer.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ".
2. Au cas d'espèce, en raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, il y a lieu d'admettre M. D B C, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction :
3. M. C, ressortissant congolais, né le 30 juin 1983 à Kisangani (République démocratique du Congo) est entré en France en 2002. Il a, en 2004, été mis en possession, en qualité de réfugié, d'une carte de résident d'une durée de validité de 10 ans. Le 22 janvier 2014, il a été mis en possession d'une nouvelle carte de résident dont la durée de validité expirait le 21 janvier 2024. M. B C a, le 7 juillet 2023, antérieurement à l'expiration de la durée de validité de sa carte de résident, sollicité le renouvellement de ce titre de séjour. Le préfet du Nord a alors informé M. B C qu'il devait présenter sa demande à l'administration numérique pour les étrangers en France (ANEF). Compte tenu des dysfonctionnements de l'ANEF, M. B C a bénéficié d'un rendez-vous avec le médiateur du " Point d'accès numérique " qui a alors pris en charge les éléments matériels de son dossier qu'il s'était engagé à transmettre au bureau de l'admission au séjour. En dépit des relances de M. B C, le préfet du Nord a, par une décision réputée intervenue le 3 mars 2024, refusé de faire droit à sa demande tendant au renouvellement de sa carte de résident. M. B C demande au juge des référés la suspension de l'exécution de cette décision implicite.
4. Il résulte de l'instruction que le préfet du Nord a, le 8 octobre 2024, postérieurement à l'introduction de la requête, décidé de délivrer à M. A, d'une part, une carte de résident d'une durée de validité du 22 janvier 2024 au 21 janvier 2034, d'autre part, le récépissé prévu par l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il a fixé la durée de validité jusqu'au 6 avril 2025. Dès lors, les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête sont devenues sans objet. Il n'y a pas lieu, par suite, d'y statuer.
Sur les frais liés au litige :
5. M. B C étant admis, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dès lors que M. A a dû saisir le juge des référés pour qu'il soit fait droit à ses demandes tendant à la délivrance d'un carte de résident et du récépissé prévu par l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu, sous réserve que Me Lutran, son avocate, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de son admission définitive à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Lutran de la somme de 800 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée, de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. B C de cette somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête de M. B C.
Article 2 : Sous réserve que Me Lutran renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier lui versera la somme de 800 (huit cents) euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée, de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. B C de cette somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D B C, à Me Lutran et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 24 octobre 2024.
Le juge des référés,
Signé
O. HUGUEN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026