jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2410217 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | VAHEDIAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 octobre 2024, et un mémoire enregistré le 14 octobre 2024, M. B A, représenté par Me Mina Vahedian, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution, d'une part, de la décision réputée intervenue le 24 septembre 2024 par laquelle le préfet du Nord a refusé implicitement de faire droit à sa demande tendant à la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " bénéficiaire du statut de réfugié ", d'autre part, de la décision réputée intervenue le 24 septembre 2024 par laquelle le préfet du Nord a refusé implicitement de faire droit à sa demande tendant au renouvellement de son attestation de dépôt de demande de titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " bénéficiaire du statut de réfugié " dans le délai de 8 jours sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler dans le délai de 8 jours sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil, sous réserve de renoncer à la part contributive de l'Etat, de la somme de 1 800 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors, d'une part, qu'elle est présumée pour les refus de renouvellement d'une autorisation provisoire de séjour au titre de la protection temporaire, d'autre part, que les décisions attaquées le placent dans une situation irrégulière au regard de son droit au séjour et font obstacle à la conservation de son emploi ;
- la décision portant refus de renouvellement de l'attestation de prolongation est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle a été prise en méconnaissance de l'article R. 341-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant refus de délivrance du titre de séjour sollicité est dépourvue de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle a été prise en méconnaissance de l'article R. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle a été prise en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 octobre 2024, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition de l'urgence n'est pas remplie, dès lors qu'il a délivré à M. A une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 10 avril 2025 ;
- la demande de M. A tendant à la délivrance d'un titre de séjour étant en cours d'instruction, aucune décision de refus de délivrance de ce titre n'est intervenue implicitement.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2410236 enregistrée le 7 octobre 2024 par laquelle M. A demande l'annulation des décisions attaquées.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Huguen, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique du 24 octobre 2024 à 9h30 en présence de M. Metallaghi, greffier d'audience :
- le rapport de M. Huguen ;
M. A n'étant ni présent ni représenté ;
Le préfet du Nord n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ".
2. Au cas d'espèce, en raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, il y a lieu d'admettre M. B A, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin de suspension :
3. M. A, ressortissant afghan, est né le 10 juillet 1991 à Kaboul (Emirat islamique d'Afghanistan). Par une décision du 19 juillet 2023, l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) lui a reconnu, en application de l'article L. 511-1 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le statut de réfugié. Le 24 juin 2024, M. A a présenté à la préfecture des Ardennes une demande tendant à la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " bénéficiaire du statut de réfugié ". Sa demande a, le 28 juin 2014, été transférée à la préfecture du Nord. M. A a été mis en possession d'une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 26 septembre 2024. Par une décision réputée intervenue le 24 septembre 2024, le préfet du Nord, selon M. A, a refusé implicitement de faire droit à sa demande tendant à la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " bénéficiaire du statut de réfugié ". Il a également, selon M. A, refusé implicitement de procéder au renouvellement de son attestation de prolongation d'instruction. M. A demande au juge des référés de prononcer la suspension de l'exécution de ces deux décisions implicites. Le 11 octobre 2024, postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet du Nord a délivré à M. A une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour valable jusqu'au 10 avril 2025.
Sur les conclusions à fin de suspension :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
5. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour
6. Il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet du Nord a, le 11 octobre 2024, délivré à M. A une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour valable jusqu'au 10 avril 2025 qui confère ainsi au requérant un droit au séjour et la possibilité de travailler. Dès lors, la condition de l'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne saurait être regardée comme remplie.
7. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu, sans qu'il soit besoin d'examiner si un moyen est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux sur la légalité des décisions attaquées, de rejeter les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête. Il y a lieu également, par voie de conséquence, de rejeter celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Mina Vahedian et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 31 octobre 2024.
Le juge des référés,
signé
O. HUGUEN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026