jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2410225 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MOSTAERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 octobre 2024, et un mémoire enregistré le 22 octobre 2024, M. C B, représentée par Me Marthe A, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté du 6 août 2024 par lequel le maire de Wimereux a prononcé à son encontre, d'une part, la sanction de suspension de fonctions d'une durée de 18 mois dont 9 mois assortis du sursis, d'autre part, la révocation du sursis de 2 jours qui était assorti à la sanction disciplinaire qui lui avait été infligée le 28 avril 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Wimereux le versement de la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que l'arrêté attaqué a pour effet la suspension de sa rémunération alors qu'il doit s'acquitter de charges mensuelles d'un montant de 1 578,05 euros ;
- l'arrêté attaqué a été pris à la suite d'une procédure irrégulière, dès lors que les rapports des 12 août 2008 et 22 juin 2009 et les sanctions disciplinaires infligées le 28 août 2009 et 28 avril 2021 ne devaient pas figurer dans son dossier disciplinaire ni dans le rapport de l'autorité territoriale communiqué au conseil de discipline ;
- l'arrêté attaqué est illégal, dès lors que les faits qui lui sont reprochés ne sont pas établis ou ont été inexactement qualifiés.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 octobre 2024, la commune de Wimereux, représentée par Me Florence Mostaert, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. B la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la condition de l'urgence n'est pas remplie ;
- aucun moyen n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ;
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2410248 enregistrée le 4 octobre 2024 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Huguen, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 24 octobre 2024 à 9h30, en présence de M. Metallaghi, greffier d'audience :
- le rapport de M. Huguen ;
- les observations de Me Hau, substituant Mme A, représentant M. B, qui a conclu aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;
- les observations de Me Mostaert, pour la commune de Wimereux, qui a conclu aux mêmes fins que son mémoire en défense par les mêmes moyens.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin de suspension :
1. M. C B est un agent de la fonction publique territoriale. Il appartient au cadre emploi des adjoints techniques. Il détient le grade d'adjoint technique principal de deuxième classe et exerce les fonctions d'agent de maintenance polyvalent des bâtiments au sein du service bâtiment de la commune de Wimereux. Par un arrêté du 6 août 2024, le maire de Wimereux, au visa de l'avis du conseil de discipline du 3 juillet 2024, a prononcé à son encontre la sanction d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de 18 mois dont 9 mois assortis du sursis au motif d'avoir, le 5 avril 2024, commis sur la personne d'un supérieur hiérarchique une agression physique et un refus d'obéissance. Par le même arrêté, le maire de Wimereux a également révoqué le sursis de 2 jours qui assortissait la sanction disciplinaire qui avait été infligée à M. B le 28 avril 2021. M. B demande au juge des référés la suspension de l'exécution de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. M. B a versé aux débats les justificatifs des charges fixes de son foyer qui s'élèvent à un montant mensuel moyen de 1 578,05 euros, soit un montant annuel moyen de 18 936,60 à euros. Il a produit à l'audience son avis d'imposition au titre de l'année 2023 qui mentionne un revenu annuel net de 22 184 euros. En outre, il résulte de l'instruction que la sanction litigieuse a pris effet le 19 août 2024 au terme du congé maladie de M. B qui, à partir de cette date, ne dispose plus de revenus de remplacement au titre des indemnités maladie. Dès lors, compte tenu de la circonstance que M. B sera privé de toute rémunération pendant une période de 9 mois, la sanction prononcée à son encontre préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation. Par suite, la condition d'urgence exigée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne le doute sérieux sur la légalité de la sanction attaquée :
5. Il résulte de l'instruction que le rapport de l'autorité territoriale communiqué aux membres du conseil de discipline comportait, d'une part, la copie d'un rapport daté du 12 août 2008 par lequel le responsable du service technique animations informait le maire de Wimereux avoir été l'objet de la part de M. B de menaces d'agression physique, d'autre part, la copie d'une lettre datée du 28 août 2009 par laquelle un collègue de M. B déclarait avoir été l'objet d'insultes et de bousculades de celui-ci, enfin, la copie d'une sanction d'avertissement qui avait été infligée à M. B le 22 juin 2009 pour avoir refusé de porter un équipement de protection individuelle pendant l'exercice de ses fonctions. Dès lors, compte tenu, d'une part, que les faits évoqués en 2008 et 2009 sont anciens, d'autre part, que les sanctions disciplinaires du premier groupe sont, en vertu de l'article L. 533 du code général de la fonction publique, effacés automatiquement du dossier de l'agent au bout de trois ans si aucune sanction n'est intervenue pendant cette période, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure disciplinaire est, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la sanction attaquée.
6. En revanche, aucun des autres moyens invoqués par M. B n'est, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de cette sanction.
7. Les deux conditions auxquelles l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonne la suspension de l'exécution d'une décision administrative étant satisfaites, il y a lieu de prononcer la suspension de l'exécution de l'arrêté attaqué jusqu'à ce que le tribunal ait statué sur la requête tendant à son annulation.
8. L'exécution de la présente ordonnance implique nécessairement que la commune de Wimereux procède à la réintégration de M. B dans ses effectifs, dans le délai de 15 jours à compter de la notification de ladite ordonnance.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante, la somme que demande la commune de Wimereux sur leur fondement. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Wimereux la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 6 août 2024 par lequel le maire de Wimereux a prononcé à l'encontre de M. B, d'une part, la sanction de suspension de fonctions d'une durée de 18 mois dont 9 mois assortis du sursis, d'autre part, la révocation du sursis de 2 jours qui était assorti à la sanction disciplinaire qui lui avait été infligée le 28 avril 2021 est suspendu jusqu'à ce que le tribunal ait statué sur la requête tendant à son annulation.
Article 2 : La commune de Wimereux procèdera à la réintégration de M. B dans ses effectifs, dans le délai de 15 jours à compter de la notification de ladite ordonnance.
Article 3 : La commune de Wimereux versera à M. B la somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions de la commune de Wimereux tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B et à la commune de Wimereux.
Fait à Lille, le 31 octobre 2024.
Le juge des référés,
Signé,
O. HUGUEN
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026