vendredi 22 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2410621 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | EHUENI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 7 et 8 octobre et le 4 novembre 2024, M. D B demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler les décisions du 6 octobre 2024 par lesquelles la préfète de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le Sénégal comme pays de destination et a interdit son retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle contrevient aux stipulations de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- et elle est empreinte d'erreurs d'appréciations puisqu'il est entré régulièrement en France, qu'il y est marié à une ressortissante française auprès de laquelle il constitue un soutien indispensable.
En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est fondée sur une décision d'éloignement qui est elle-même irrégulière ;
- et elle est empreinte d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne constitue nullement une menace pour l'ordre public.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est fondée sur une décision d'éloignement qui est elle-même irrégulière ;
- et elle est empreinte d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est fondée sur une décision d'éloignement qui est elle-même irrégulière ;
- et elle est empreinte d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 novembre 2024, la préfète de l'Essonne a conclu au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales amendée, signée à Rome le 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Larue en application des articles L. 614-2, L. 921-2 et L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Larue, magistrat désigné ;
- les observations de Me Ehueni, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens tout en ajoutant que la mesure d'éloignement contestée ne pouvait être édictée, l'intéressé pouvant se voir délivrer un titre de séjour de plein droit sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- et les observations de M. B qui a répondu en français aux questions qui lui ont été posées ;
- la préfète de l'Essonne n'étant ni présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant sénégalais né le 7 avril 1975, déclare être entré régulièrement en France en 2018. Le 6 octobre 2024, il a été interpellé et placé en garde à vue par les services de police de Draveil pour des faits de violences volontaires sur sa conjointe commis à leur domicile. Après qu'il est apparu qu'il n'avait jamais sollicité la délivrance d'un titre de séjour, il s'est vu notifier, le jour même de son placement en garde à vue, notamment une obligation de quitter sans délai le territoire français à destination du Sénégal assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par la présente requête, M. B demande au Tribunal d'annuler ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, lorsque la loi prescrit qu'un étranger doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une obligation de quitter le territoire français.
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étranger et du droit d'asile : " L'étranger, entré régulièrement et marié en France avec un ressortissant français avec lequel il justifie d'une vie commune et effective de six mois en France, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. ". Et l'article L. 412-5 du même code dispose que : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " ".
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. B, qui est entré régulièrement sur le territoire français le 31 mai 2018, muni d'un visa qui lui avait été délivré, le 18 mai 2018, par les autorités consulaires françaises de Dakar et qui était valable du 19 mai au 17 juillet 2018, s'est marié, en France, le 6 janvier 2024, avec Mme A C, ressortissante française. Il ressort également des pièces du dossier, notamment des conditions de son interpellation, que la vie commune avec son épouse, qui n'a pas cessé depuis le mariage, durait depuis plus de 6 mois. En outre, M. B n'a aucun antécédent judiciaire et n'a pas fait l'objet de poursuites pour les violences conjugales alléguées par son épouse, lesquelles sont contestées et ont été considérées comme insuffisamment caractérisées. Sa présence en France ne représente donc pas une menace à l'ordre public. Par suite, M. B est fondé à soutenir qu'il devait se voir attribuer de plein droit un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en qualité de conjoint d'un ressortissant français, ce qui fait obstacle à ce qu'il puisse légalement faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français.
5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, les conclusions de M. B, à fin d'annulation décisions du 6 octobre 2024 par lesquelles la préfète de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le Sénégal comme pays de destination et a interdit son retour sur le territoire français pour une durée de trois ans, doivent être accueillies.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement implique, conformément aux dispositions de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'il soit enjoint au préfet de l'Essonne de procéder au réexamen de la situation de M. B dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et que l'intéressé soit muni, sans délai, dans l'attente, d'une autorisation provisoire de séjour.
Sur les conclusions au titre des frais exposés et non compris dans les dépens :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement à M. B d'une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du 6 octobre 2024 par lesquelles la préfète de l'Essonne a obligé M. B à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le Sénégal comme pays de destination et a interdit son retour sur le territoire français pour une durée de trois ans, sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Essonne de procéder au réexamen de la situation de M. B dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et de munir, dans l'attente, l'intéressé d'une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : L'Etat versera à M. B une somme de 1 000 (mille) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et à la préfète de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
X. LARUE
La greffière,
Signé
N. CARPENTIER
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2410621
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026