jeudi 14 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2410623 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | EDIFICES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 octobre 2024 et le 3 novembre 2024, Mme B D, représentée par Me Dangleterre, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 25 mars 2024 par lequel le maire de la commune de Mons-en-Barœul ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux n° 059 410 24 00021 déposée par Mme A ;
2°) de mettre à la charge solidaire de la commune de Mons-en-Barœul et de Mme A une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la preuve de l'affichage sur le terrain de la non-opposition pendant une durée de deux mois n'est pas apportée, rendant recevable la requête et elle n'en a pas eu de connaissance acquise ;
- la requête n'est pas tardive dès lors que le panneau d'affichage ne permettait pas d'apprécier l'importance et la consistance du projet ;
- les travaux ne sont pas achevés, l'urgence reste donc présumée ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les articles R. 431-35 du code de l'urbanisme en ce que le dossier de déclaration ne comporte pas de plan de coupe permettant de calculer la surface de plancher créée et que les plans ne précisent pas l'emprise au sol de la rampe d'accès ;
- le coefficient d'emprise au sol dépasse le maximum de 40% fixé par le plan local d'urbanisme ;
- l'arrêté attaqué méconnait les dispositions du plan local d'urbanisme relatives à l'implantation par rapport aux limites séparatives ;
- il méconnait également l'article L. 152-3 du code de l'urbanisme relatif aux adaptations mineures ;
- il méconnait encore l'article R. 421-14 du code de l'urbanisme, les travaux créant une emprise au sol de 33 m² qui nécessité un permis de construire ;
- il est signé par le premier adjoint au maire dont la compétence n'est pas établie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 octobre 2024 et des pièces enregistrées les 28 et 29 octobre 2024 et le 4 novembre 2024 à 9h30, ces dernières ayant été communiquées avant l'audience, Mme C A, représentée par Me Balaÿ, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de Mme D de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que:
- la requête au fond enregistrée le 17 octobre 2024 est tardive et par suite la requête en référé l'est également, l'arrêté attaqué ayant été affiché le 12 avril 2024 pendant deux mois ;
- les travaux sont presque achevés, l'urgence n'est plus justifiée ;
- aucun des moyens invoqués n'est de nature à créer un doute sérieux en ce qui concerne la légalité de l'arrêté contesté.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée 17 octobre 2024 par laquelle Mme D demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de procédure civile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Perrin, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 4 novembre 2024 à 10 heures, M. Perrin a lu son rapport et entendu ;
- les observations de Me Dangleterre, représentant Mme D, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens,
- les observations de Me Balaÿ, représentant Mme A, qui conclut aux mêmes fins que ses écritures,
- la commune de Mons-en-Barœul n'étant ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 25 mars 2024, le maire de Mons-en-Barœul n'a pas fait opposition à la déclaration préalable déposée le 23 février 2024 par Mme A pour des travaux au 58 rue Marcel Pinchon sur le territoire communal. Mme D est propriétaire d'une maison d'habitation au 56 de la même rue. Elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 25 mars 2024.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". La demande de suspension de l'exécution d'une décision non contestée dans les délais ne peut être accueillie.
3. Aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable () court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15. ". Aux termes de l'article R. 424-15 du même code : " Mention () de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté ou dès la date à laquelle le permis tacite ou la décision de non-opposition à la déclaration préalable est acquis et pendant toute la durée du chantier. Cet affichage n'est pas obligatoire pour les déclarations préalables portant sur une coupe ou un abattage d'arbres situés en dehors des secteurs urbanisés () ". Aux termes de l'article A. 424-15 de ce code : " L'affichage sur le terrain du permis de construire, d'aménager ou de démolir explicite ou tacite ou l'affichage de la déclaration préalable, prévu par l'article R. 424-15, est assuré par les soins du bénéficiaire du permis ou du déclarant sur un panneau rectangulaire dont les dimensions sont supérieures à 80 centimètres. ". Enfin, aux termes de l'article A. 424-16 dudit code : " Le panneau prévu à l'article A. 424-15 indique le nom, la raison sociale ou la dénomination sociale du bénéficiaire, le nom de l'architecte auteur du projet architectural, la date de délivrance, le numéro du permis, la nature du projet et la superficie du terrain ainsi que l'adresse de la mairie où le dossier peut être consulté. / Il indique également, en fonction de la nature du projet : / a) Si le projet prévoit des constructions, la surface de plancher autorisée ainsi que la hauteur de la ou des constructions, exprimée en mètres par rapport au sol naturel ; () ".
4. S'il incombe au bénéficiaire de l'autorisation d'urbanisme de justifier qu'il a accompli les formalités d'affichage prescrites par les dispositions citées ci-dessus, le juge doit apprécier la continuité de l'affichage en examinant l'ensemble des pièces qui figurent au dossier qui lui est soumis.
5. Mme A produit deux photographies du panneau d'affichage apposé sur sa clôture en bordure de voie publique, datées du 12 avril 2024. Elle produit d'autres photographies faisant apparaitre ce panneau, datées du 28 avril 2024, du 5 juin ou du 17 juillet suivant. Ce panneau comprend les indications prescrites par les dispositions précitées de l'article A. 424-16 du code de l'urbanisme permettant d'apprécier l'importance et la consistance des travaux, notamment la surface de la construction autorisée et la hauteur de celle-ci. La pétitionnaire produit également des attestations de témoins, déclinant l'identité de ces témoins et indiquant que le panneau d'affichage est présent depuis avril 2024, l'une d'entre elles précisant qu'il l'est depuis le 12 avril 2024. Si Mme D soutient que les photographies produites ont pu être modifiées pour faire mention de la date du 12 avril, cette seule allégation ne suffit pas remettre en cause l'existence d'un affichage pendant une durée de deux mois préalablement au délai de recours. De même si les attestations ont été rédigées le 23 ou le 25 octobre selon leurs indications et si la plupart reprennent la photographie du panneau produite par la pétitionnaire, ces seuls éléments ne suffisent à remettre en cause leur caractère probant, alors qu'elles comportent toutes les indications sur l'identité des témoins et ont été rédigées selon les formes prescrites par l'article 202 du code de procédure civile.
6. La requête tendant à l'annulation de l'arrêté de non opposition à déclaration préalable du 25 mars 2024 a été enregistré le 17 octobre 2024. Il résulte de ce qui précède que cette requête est tardive et que par voie de conséquence, la requête tendant à la suspension de cet arrêté ne peut donc être accueillie.
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme D la somme que Mme A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les dispositions du même article font par ailleurs obstacle à ce que la somme demandée à ce titre par Mme D soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas la partie perdante.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de Mme A présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B D, à Mme C A et à la commune de Mons-en-Barœul.
Fait à Lille, le 14 novembre 2024.
Le juge des référés,
Signé
D. PERRIN
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026