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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2410631

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2410631

mercredi 4 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2410631
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantCABINET CENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté les requêtes de M. B A, ressortissant marocain, contestant un arrêté du préfet du Nord du 15 octobre 2024 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec interdiction de retour de deux ans, et une assignation à résidence de 45 jours. Le tribunal a jugé que la décision d'éloignement était suffisamment motivée et ne méconnaissait pas l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, faute pour le requérant de justifier d'une vie privée et familiale stable en France. Les autres moyens, notamment le défaut d'examen sérieux et l'illégalité par voie d'exception, ont également été écartés, confirmant la légalité des décisions attaquées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée le 17 octobre 2024 sous le n°2410631, et un mémoire, enregistré le 12 novembre 2024, M. B A, représenté par Me Zaïri, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 octobre 2024 par lequel le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire pour une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'articles L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

- elle est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- elle est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- la durée pendant laquelle il lui a été interdit de revenir sur le territoire français est disproportionnée.

La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire en défense.

II. Par une requête, enregistrée le 22 octobre 2024 sous le n°2410781, M. B A, représenté par Me Zaïri, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 15 octobre 2024 par lequel le préfet du Nord l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours.

Il soutient que la décision attaquée :

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- est illégale en raison de l'illégalité, par voie d'exception, de la décision du préfet du Nord du 15 octobre 2024 l'obligeant à quitter le territoire français.

La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Varenne en application de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Varenne, magistrate désignée ;

- les observations de Me Zaïri, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que les requêtes par les mêmes moyens ;

- les observations de Me Kerrich, représentant le préfet du Nord, qui conclut au rejet des requêtes au motif que les moyens soulevés ne sont pas fondés ;

- les observations de M. A qui répond aux questions posées par le tribunal.

Considérant ce qui suit :

1. Les affaires n°s 2410631 et 2410781 sont relatives à la situation d'un même requérant et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

2. M. A, né le 21 février 1995 à Ouled Yahia (Maroc), demande l'annulation des arrêtés du 15 octobre 2024 par lesquels le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination, lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans et l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, la décision attaquée mentionne avec suffisamment de précisions les circonstances de fait et de droit sur lesquelles elle se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

4. En deuxième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de la décision attaquée que le préfet du Nord ne se serait pas livré à un examen sérieux de la situation de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Nord n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle de M. A doit être écarté.

5. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

6. Il ressort des pièces du dossier et n'est pas contesté que M. A est entré en France au plus tôt au mois de mars 2000, alors qu'il n'était âgé que de cinq ans. Il a été confié à une tante paternelle de nationalité française qui, par acte de kafala, s'est vu déléguer l'autorité parentale à son égard. Il n'est pas davantage contesté qu'il a tissé avec sa tante des liens particulièrement intenses de même qu'avec sa cousine avec laquelle il a été élevé. S'il se prévaut également de la présence en France de l'un de ses frères, les pièces du dossier ne permettent pas, cependant, de déterminer la situation administrative de ce dernier sur le sol français. Devenu majeur, M. A a été mis en possession, le 23 septembre 2013, d'un premier titre de séjour renouvelé sans interruption jusqu'au 27 juillet 2017. Le renouvellement de ce document lui a ensuite été refusé par un arrêté du préfet du Nord du 19 juin 2019 dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Lille du 28 décembre 2021. S'il soutient avoir engagé des démarches postérieurement à ce jugement afin de faire régulariser sa situation administrative en France, il ne le démontre pas. En outre, s'il n'est pas contesté que l'intéressé a été scolarisé en France, il est constant qu'il n'a obtenu aucun diplôme lui permettant de se prévaloir d'une qualification professionnelle quelconque. M. A n'atteste, de plus, d'aucune insertion professionnelle stable dans la société française où il démontre seulement avoir travaillé quelque mois depuis décembre 2017, et ce en qualité d'intérimaire pour des revenus ne lui permettant pas de subvenir à ses besoins. Par ailleurs, M. A est très défavorablement connu des services de police et de la justice. Il est constant, à cet égard, qu'il a été condamné à six reprises entre mars 2015 et novembre 2016 à des peines d'amende, de deux ans d'emprisonnement dont six mois avec sursis et avec une mise à l'épreuve de deux ans et de trois mois d'emprisonnement pour, entre autres, des infractions à la législation sur les stupéfiantes, des faits de conduite d'un véhicule sans permis et de remise ou sortie irrégulière de correspondance, somme d'argent ou objet de détenu. Il ressort également des déclarations de M. A lors de son audition par les services de police le 15 octobre 2024, réitérées par l'intéressé lors de l'audience, que ce dernier a également été condamné à des peines d'emprisonnement de dix-huit mois en 2016, de sept mois en 2021 et un an en 2023. Le requérant indique lors de l'audience avoir fini de purger cette dernière peine en septembre 2023. S'il soutient s'être amendé depuis cette dernière condamnation et fournir d'importants efforts d'insertion, les pièces du dossier ne permettent pas de corroborer ses dires. Il ressort au contraire des pièces du dossier que l'arrêté attaqué fait suite à son interpellation et à son placement en garde-à-vue pour des faits de conduite sous l'emprise de stupéfiants, faits qu'il ne conteste pas avoir commis. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, et eu égard, en particulier, à la menace actuelle à l'ordre public que représente le comportement de l'intéressé, le préfet du Nord, en dépit de la durée de présence en France de M. A et des liens forts qui le lient à la France, n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en obligeant ce dernier à quitter le territoire français. Il y a lieu, pour les mêmes motifs, d'écarter également le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. A.

7. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 15 octobre 2024 par laquelle le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

8. En premier lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de la décision attaquée que le préfet du Nord ne se serait pas livré à un examen sérieux de la situation de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Nord n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle de M. A doit être écarté.

9. En second lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, M. A n'est pas fondé à demander l'annulation par voie de conséquence de la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire.

10. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 15 octobre 2024 par laquelle le préfet du Nord lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

11. En premier lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de la décision attaquée que le préfet du Nord ne se serait pas livré à un examen sérieux de la situation de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Nord n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle de M. A doit être écarté.

12. En deuxième lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, M. A n'est pas fondé à demander l'annulation par voie de conséquence de la décision fixant son pays de destination.

13. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6 du présent jugement, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. A doit être écarté.

14. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 15 octobre 2024 par laquelle le préfet du Nord a fixé son pays de destination.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

15. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". En outre, aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. / Elles sont motivées. ".

16. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. Ainsi la décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Toutefois, si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.

17. La décision par laquelle le préfet du Nord a fait interdiction à M. A de revenir sur le territoire français pour une durée de deux ans vise les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sa motivation atteste de ce que l'ensemble des critères énoncés par ce dernier article a été pris en compte. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

18. En second lieu, compte tenu de la situation personnelle de M. A telle qu'elle a été énoncée au point 6 du présent jugement, et eu égard, en particulier, à la menace pour l'ordre public que représente le comportement du requérant, le préfet n'a entaché sa décision d'aucune erreur d'appréciation dans l'application des dispositions précitées de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en fixant à deux ans la durée pendant laquelle il a interdit à l'intéressé de revenir sur le territoire français.

19. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 15 octobre 2024 par laquelle le préfet du Nord lui a interdit de revenir sur le territoire français pour une durée d'un an.

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence pour une durée de 45 jours :

20. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; / 2° L'étranger doit être éloigné en exécution d'une interdiction de retour sur le territoire français prise en application des articles L. 612-6, L. 612-7 et L. 612-8 ; / 3° L'étranger doit être éloigné pour la mise en œuvre d'une décision prise par un autre État, en application de l'article L. 615-1 ; / 4° L'étranger doit être remis aux autorités d'un autre Etat en application de l'article L. 621-1 ; / 5° L'étranger doit être éloigné en exécution d'une interdiction de circulation sur le territoire français prise en application de l'article L. 622-1 ; / 6° L'étranger fait l'objet d'une décision d'expulsion ; / 7° L'étranger doit être éloigné en exécution d'une peine d'interdiction judiciaire du territoire prononcée en application du deuxième alinéa de l'article 131-30 du code pénal ; / 8° L'étranger doit être éloigné en exécution d'une interdiction administrative du territoire français. / L'étranger qui, ayant été assigné à résidence en application du présent article, ou placé en rétention administrative en application des articles L. 741-1 ou L. 741-2, n'a pas déféré à la décision dont il fait l'objet ou, y ayant déféré, est revenu en France alors que cette décision est toujours exécutoire, peut être assigné à résidence sur le fondement du présent article " et aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées. ".

21. En se bornant à viser l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à mentionner que l'intéressé " a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en date du 15 octobre 2024 " et à indiquer que " l'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable " sans jamais faire état de l'alinéa de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il a entendu faire application et sans préciser si la mesure d'éloignement du 15 octobre 2024 a été ou non assortie d'un délai de départ volontaire, le préfet du Nord n'a pas suffisamment motivé sa décision. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée est insuffisamment motivée doit être accueilli.

22. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens dirigés contre cette décision, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 15 octobre 2024 par laquelle le préfet du Nord l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours.

23. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander l'annulation de la décision du 15 octobre 2024 par laquelle le préfet du Nord l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

24. M. A n'a pas formé de conclusions à fin d'injonction dans sa requête n° 2410781. En tout état de cause, l'exécution du présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions du requérant à fin d'injonction.

Sur les frais liés au litige :

25. M. A n'ayant pas demandé à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans sa requête n° 2410721 et l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la requête n° 2410631, les conclusions du requérant relatives aux frais de l'instance doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 15 octobre 2024 par lequel le préfet du Nord a assigné M. A à résidence pour une durée de 45 jours est annulé.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Zouheir Zaïri et au préfet du Nord.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024.

La magistrate désignée

Signé :

M. VARENNE

La greffière,

Signé :

V. LESCEUX

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°s 2410631-2410781

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