jeudi 14 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2411224 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | DANNAUD |
Vu les procédures suivantes :
I / Par une requête, un mémoire complémentaire, enregistrés les 17 et 18 juillet 2024 sous le numéro 2407519, M. A B, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 16 juillet 2024 par lesquelles la préfète de l'Oise l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé la Côte d'Ivoire comme pays de destination de la mesure d'éloignement et a interdit son retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
2°) et d'enjoindre à la préfète de l'Oise de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer, sans délai, une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 152.45 euros par jour de retard.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a méconnu son droit d'être entendu ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et contrevient aux stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est fondée sur une mesure d'éloignement irrégulière ;
- elle méconnaît, eu égard aux garanties de représentation dont il dispose, les dispositions de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est fondée sur une mesure d'éloignement irrégulière ;
- elle méconnaît tant les stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales que les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et contrevient aux stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est fondée sur une mesure d'éloignement irrégulière ;
- et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 17 septembre et 8 novembre 2024, la préfète de l'Oise a conclu au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
II / Par une requête, un mémoire complémentaire et des pièces complémentaires, enregistrés les 31 octobre et 12 et 13 novembre 2024 sous le numéro 2411224, M. A B, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre, à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler les décisions du 31 octobre 2024 par lesquelles la préfète de l'Oise l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé la Côte d'Ivoire comme pays de destination de la mesure d'éloignement et a interdit son retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer, sans délai, une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son avocat, en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a méconnu son droit d'être entendu ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et contrevient aux stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est fondée sur une mesure d'éloignement irrégulière ;
- elle méconnaît, eu égard aux garanties de représentation dont il dispose, les dispositions de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est fondée sur une mesure d'éloignement irrégulière ;
- elle méconnaît tant les stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales que les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et contrevient aux stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est fondée sur une mesure d'éloignement irrégulière ;
- et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense et des pièces complémentaires, enregistrées les 8 et 14 novembre 2024, la préfète de l'Oise a conclu au rejet de la requête, à titre principal, eu égard à son irrecevabilité puisqu'elle ne comporterait aucun moyen ou conclusion, à titre subsidiaire, eu égard à l'irrecevabilité des moyens soulevés et, à titre infiniment subsidiaire, en faisant valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales amendée, signée à Rome le 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le décret 2020-1717 du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Larue en application des articles L. 614-2, L. 921-2 et L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Larue, magistrat désigné ;
- les observations de Me Dannaud, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;
- et les observations de M. B qui a répondu, en français, aux questions qui lui ont été posées
- la préfète de l'Oise n'étant ni présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant ivoirien né le 20 avril 1998, déclare être entré irrégulièrement en France en 2015. Après avoir été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance et s'être vu refuser un premier titre de séjour en octobre 2016, il a obtenu deux cartes de séjour temporaire d'un an valables entre le 20 juillet 2018 et le 5 novembre 2020. Il a été interpellé à la gare SNCF de Creil et placé en garde à vue, les 15 juillet et 29 octobre 2024, respectivement pour des faits de détention de produits stupéfiants et de violence commis à l'égard de sa compagne. Après qu'il est apparu qu'il n'avait jamais sollicité le renouvellement de son titre de séjour, expiré le 5 novembre 2020, il a fait l'objet, les 16 juillet et 31 octobre 2024, notamment d'obligations de quitter, sans délai, le territoire français à destination de la Côte d'Ivoire ainsi que d'interdictions de retour sur le sol français pour des durées de deux puis d'un an. Par les présentes requêtes, M. B demande au Tribunal d'annuler l'ensemble de ces décisions.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n° 2407519 et n° 2411224 visées ci-dessus concernent la situation d'un même étranger et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a, par suite, lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, en application de ces dispositions, d'admettre, à titre provisoire, M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale dans l'instance enregistrée sous le numéro 2411224.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :
4. En premier lieu, par un arrêté du 30 octobre 2023, publié le jour même au recueil spécial des actes administratifs des services de l'Etat dans le département, la préfète de l'Oise a donné délégation à M. Frédéric Bovet, secrétaire général de la préfecture, sous-préfet de de Beauvais, et à Mme D E, directrice de cabinet de la préfète, signataires des arrêtés en litige, à effet de signer notamment les décisions attaquées. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence des signataires des décisions querellées manquent en fait et doivent donc être écartés.
5. En deuxième lieu, la préfète de l'Oise énonce avec suffisamment de précisions les considérations de fait et de droit sur lesquelles elle fonde ses décisions. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisante motivation des décisions attaquées ne peuvent être accueillis.
6. En dernier lieu, M. B déclare être entré irrégulièrement en France en 2015 ou 2016, à l'âge de 17 ans, après avoir quitté la Côte d'Ivoire en avril 2015 et avoir séjourné en Espagne. Il a donc résidé, majoritairement irrégulièrement, en France depuis 9 années, à la date d'adoption de la décision attaquée. Nonobstant l'importante durée de son séjour en France, il est célibataire. En effet, il ressort des pièces du dossier, notamment des déclarations du requérant que sa relation avec Mme C, ressortissante française a pris fin après le 29 octobre 2024, Mme C n'ayant pas produit, après le 17 juillet 2017, d'attestation faisait état de leur relation. A cet égard, il a déclaré, lors de ses auditions des 19 août et 29 octobre 2024, être célibataire, être domicilié au 115 ou au centre communal d'action social de Creil et ne pas avoir sa fille à charge. Au demeurant les pièces des dossiers, si elles établissent l'absence de vie commune, ne permettent pas d'établir l'intensité de la relation du requérant avec sa compagne, dont il affirme qu'elle aurait débutée en avril 2023. Si M. B est le père d'une fille, née le 9 septembre 2024, qu'il a reconnu le 22 octobre 2024, il n'établit pas par les pièces produites et n'allègue pas même, ainsi qu'il a déjà été dit, contribuer à l'entretien ou à l'éducation de cet enfant, dont la naissance fut, pour lui, une surprise et qu'il n'aurait, selon ses déclarations, vu qu'à la maternité. S'il allègue de façon constante que son père serait décédé, il avait fait état, lors d'auditions précédant son dernier placement en garde à vue, de la présence en France de sa sœur, laquelle, selon ses dernières déclarations serait morte avant son départ de Côte d'Ivoire, et de l'un de ses frères. Toutefois, ni la réalité ni la régularité de leurs séjours en France ne sont établis. Et M. B n'établit pas ne pas disposer d'attaches familiales en Côte d'Ivoire où réside, selon ses déclarations aux services de police, sa mère et ses deux autres frères. En outre, M. B s'il indique travailler sans autorisation en France comme plongeur dans un restaurant, n'établit pas qu'il ne pourrait pas trouver un emploi en Côte d'Ivoire. Et il ne se prévaut, malgré son importante durée de séjour en France, où il allègue sans l'établir avoir poursuivi des études dans la restauration et bénéficier d'un suivi psychologique qui n'est pas attesté après le 11 janvier 2023, d'aucun autre élément de nature à établir qu'il disposerait désormais sur le territoire national du centre de ses intérêts privés. Enfin, il ressort des pièces du dossier, notamment du fichier de traitement des antécédents judiciaires, que M. B a été interpellé et auditionné à Creil à 8 reprises entre le 13 juillet et le 29 octobre 2024 dans le cadre d'affaires d'usage, de détention et de cession de produits stupéfiants. Par suite, et alors que son comportement récent constitue une menace pour l'ordre public, M. B, nonobstant sa longue durée de séjour en France, n'est pas fondé à soutenir qu'en édictant les décisions attaquées, la préfète de l'Oise aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation de leurs conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre les obligations de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, M. B se borne à soutenir que son droit d'être entendu aurait été méconnu. Toutefois, il ne se prévaut à l'audience ou dans son recours, d'aucun élément qui aurait été de nature à modifier le sens de la décision attaquée et qu'il n'aurait pas été en mesure de faire valoir au cours de ses auditions, les 15 juillet et 29 octobre 2024, par les services de police, lorsque ceux-ci l'ont informé de la possibilité qu'il soit obligé de quitter le territoire français. Ce moyen doit donc être écarté.
8. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
9. Toutefois, en l'espèce, et pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 6 du présent jugement, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'en l'obligeant à quitter le territoire français la préfète de l'Oise aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ou méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B à fin d'annulation des décisions des 16 juillet et 31 octobre 2024, par lesquelles la préfète de l'Oise l'a obligé à quitter le territoire français, doivent être rejetées.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre les décisions de refus d'un délai de départ volontaire :
11. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, les moyens tirés, par la voie de l'exception, de l'illégalité des décisions obligeant M. B à quitter le territoire français, doivent être écartés.
12. En second lieu, M. B qui réside en France depuis 2015 ou 2016, n'y a jamais formulé de demande de protection internationale. En outre, M. B a n'a fait état, dans son recours, lors de son audition par les services de police, ou, spontanément, à l'audience, d'aucune crainte personnelle et actuelle en cas de retour en Côte d'Ivoire. Il a d'ailleurs affirmé, lors de son audition du 30 octobre 2024 à 12h40, préférer retourner dans son pays d'origine que de voir sa garde à vue prolongée. Dans ces circonstances, il n'est pas fondé à soutenir, qu'en fixant la Côte d'Ivoire comme pays de destination, la préfète de l'Oise aurait méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
13. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à solliciter l'annulation des décisions des 16 juillet et 31 octobre 2024 par lesquelles la préfète de l'Oise a refusé de lui accorder des délais de départ volontaire.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision fixant le pays de destination :
14. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 10 du présent jugement, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité des décisions obligeant M. B à quitter le territoire français, doivent être écartés.
15. En deuxième lieu, M. B, qui réside en France depuis 2015 ou 2016, n'y a jamais formulé de demande de protection internationale. En outre, M. B n'a fait état, dans son recours, lors de son audition par les services de police, durant laquelle il s'est borné à faire état du caractère dangereux de la vie en Côte d'Ivoire, ou, spontanément, à l'audience, d'aucune crainte personnelle et actuelle en cas de retour dans son pays d'origine. Il a même affirmé, lors de son audition du 30 octobre 2024 à 12h40, préférer rentrer chez lui en Côte d'Ivoire que de voir sa garde à vue prolongée. Dans ces circonstances, il n'est pas fondé à soutenir, qu'en fixant la Côte d'Ivoire comme pays de destination, la préfète de l'Oise aurait méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
16. En dernier lieu, et pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 6 du présent jugement, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'en fixant la Côte d'Ivoire comme pays de renvoi la préfète de l'Oise aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ou méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
17. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B à fin d'annulation des décisions, par lesquelles la préfète de l'Oise a fixé la Côte d'Ivoire comme pays de destination des mesures d'éloignement, ne peuvent être accueillies.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre les interdictions de retour sur le territoire français :
18. Compte tenu de ce qui a été dit au point 10 du présent jugement, les moyens tirés, par la voie de l'exception, de l'illégalité des décisions obligeant M. B à quitter le territoire français, doivent être écartés.
19. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à solliciter l'annulation des décisions des 16 juillet et 31 octobre 2024 par lesquelles la préfète de l'Oise a interdit son retour sur le territoire français pour des durées de deux et un an.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
20. Le présent jugement n'impliquant aucune mesure d'exécution, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte de M. B ne peuvent être accueillies.
Sur les frais liés au litige n° 2411224 :
21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans les présentes instances, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale dans l'instance enregistrée sous le numéro 2411224.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Oise.
Lu en audience publique le 14 novembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé :
X. LARUE
La greffière,
Signé :
N. CARPENTIER
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2407519 et 2411224
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026