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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2411838

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2411838

vendredi 27 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2411838
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantDANSET-VERGOTEN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de M. B... qui contestait le rejet implicite de sa demande de titre de séjour. La juridiction a jugé la requête manifestement irrecevable car le requérant n'a pas produit, malgré une mise en demeure, la copie de sa demande initiale à la préfecture ni la preuve de son dépôt, comme l'exigent les articles R. 412-1 et R. 612-1 du code de justice administrative. Le rejet a été prononcé en application de l'article R. 222-1 du même code, permettant d'écarter les requêtes manifestement irrecevables non régularisées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 novembre 2024, M. A... B..., représenté par Me Danset-Vergoten, demande au tribunal :

1°) d’annuler, pour excès de pouvoir, la décision implicite de rejet résultant du silence gardé par le préfet du Nord sur sa demande tendant à la délivrance d’un titre de séjour ;

2°) d’enjoindre au préfet de lui délivrer une carte de résident ou une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement à Me Danset-Vergoten, son avocate, de la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.


La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n’a pas produit de mémoire en défense.


M. B... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 25 novembre 2024.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :


1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens (...) ».

2. Aux termes de l’article R. 412-1 du même code : « La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. / (…) ». L’article R. 612-1 du même code énonce que : « Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser (…) ».

3. M. B... demande au tribunal l’annulation de la décision implicite de rejet résultant du silence gardé par le préfet du Nord sur la demande tendant à la délivrance d’un titre de séjour qu’il indique avoir effectuée le 15 janvier 2023. Par un courrier du 20 février 2026, le requérant a été invité à produire une copie de la demande présentée en ce sens à la préfecture du Nord ainsi que la preuve de son dépôt dans un délai de quinze jours. En dépit de cette demande, l’intéressé n’a pas régularisé sa requête, à l’expiration du délai qui lui était imparti, en ne produisant aucune copie de sa demande et de la preuve de son dépôt et ne justifiant pas davantage de l’impossibilité de le faire, alors qu’à l’appui de sa requête, il produit seulement un récépissé délivré le 20 septembre 2024, soit plus d’un an et neuf mois après la demande qu’il aurait faite. Par suite, la requête de M. B... est entachée d’une irrecevabilité manifeste et doit être rejetée par application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au préfet du Nord.

Fait à Lille, le 27 mars 2026

Le président de la 7ème chambre,

Signé
D. Terme

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,
La greffière,





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