jeudi 12 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2412135 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CABINET CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 28 novembre et 4 décembre 2024, M. A E demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler les décisions du 27 novembre 2024 par lesquelles le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé la Géorgie comme pays de destination de la mesure d'éloignement et a interdit son retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) et d'enjoindre au préfet de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer, sans délai, une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a méconnu son droit d'être entendu ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile puisqu'il disposait de l'ensemble des documents exigés pour séjourner régulièrement en France durant moins de 3 mois ;
- et elle est entachée d'erreurs manifestes dans l'appréciation, d'une part, de sa situation personnelle, puisqu'il est régulièrement venu faire du tourisme en France, et, d'autre part, de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est fondée sur une décision l'obligeant à quitter le territoire français qui est elle-même irrégulière ;
- et elle est entachée d'erreurs manifestes dans l'appréciation, d'une part, de ses risques de fuite, puisqu'il est régulièrement venu faire du tourisme en France, et, d'autre part, de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est fondée sur une décision l'obligeant à quitter le territoire français qui est elle-même irrégulière ;
- elle est entachée d'une erreur de droit puisqu'il est réadmissible en Espagne, où il a déjà séjourné ;
- et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est fondée sur des décisions l'obligeant à quitter le territoire français et lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire qui sont elles-mêmes irrégulières ;
- et elle est entachée d'erreurs manifestes dans l'appréciation, d'une part, de sa situation personnelle, puisqu'il est régulièrement venu faire du tourisme en France, et, d'autre part, de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 décembre 2024, préfet du Nord a conclu au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales amendée, signée à Rome le 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Larue en application des articles L. 614-2, L. 921-2 et L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Larue, magistrat désigné ;
- les observations de Me Lhoni, représentant M. E, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;
- les observations de Me Rannou, représentant le préfet du Nord, qui conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé ;
- et les observations de M. E, assisté de Mme B F, interprète assermentée en langue géorgienne, qui a répondu aux questions qui lui ont été posées.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant géorgien né le 27 juillet 1992, est être entré en France le 7 novembre 2024. Il a été interpellé, le 23 août 2024, et placé en garde à vue, à 13h15, dans le cadre d'une enquête de flagrance consécutive à des dégradations volontaires de mobiliers commises, en état d'ivresse, au préjudice de l'hypermarché à enseigne Auchan de Grande Synthe. Après qu'il est apparu qu'il aurait passé deux en Allemagne, qu'il serait entré irrégulièrement en France où il n'est pas titulaire d'un titre de séjour, M. E a fait l'objet, le lendemain du jour de son interpellation, d'une obligation de quitter, sans délai, le territoire français à destination de la Géorgie assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par la présente requête, M. E demande au tribunal l'annulation de toutes ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :
2. En premier lieu, par un arrêté du 24 octobre 2024, publié le même jour au recueil n° 349 des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Nord a donné délégation à Mme D C, attachée d'administration de l'Etat, adjointe à la cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, signataire de l'arrêté en litige, à effet de signer notamment les décisions attaquées. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence de la signataire des décisions querellées manquent en fait et doivent donc être écartés.
3. En deuxième lieu, le préfet du Nord énonce avec suffisamment de précisions les considérations de fait et de droit sur lesquelles il fonde ses décisions. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisante motivation des décisions attaquées ne peuvent être accueillis.
4. En dernier lieu, M. E est entré irrégulièrement en France le 7 novembre 2024, à l'âge de 32 ans. Il n'y réside donc irrégulièrement que depuis cinq jours à la date d'adoption de la décision attaquée. S'il est marié et père de deux enfants, il ne dispose d'aucune attache familiale en France, toute sa famille, notamment sa femme et ses enfants, selon ses déclarations lors de son audition par les services de police, résidant en Géorgie. En outre, M. E, qui ne travaille pas en France, ne se prévaut d'aucun élément de nature à établir qu'il disposerait désormais en France du centre de ses intérêts privés. Il n'est donc pas fondé à soutenir qu'en édictant les décisions attaquées, le préfet du Nord aurait commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de ces décisions sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, si M. E soutient que son droit d'être entendu aurait été méconnu, il ne se prévaut à l'audience ou dans son recours, d'aucun élément qu'il n'aurait pas été en mesure de faire valoir au cours de son audition par les services de police, lorsque ceux-ci l'ont informé de la possibilité qu'il soit obligé de quitter le territoire français, et qui aurait été de nature à modifier le sens de la décision attaquée. Ce moyen doit donc être écarté.
6. En second lieu, tout d'abord, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; ". L'article L. 611-2 du même code dispose que : " L'étranger en provenance directe du territoire d'un des États parties à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990 peut se voir appliquer les 1° et 2° de l'article L. 611-1 lorsqu'il ne peut justifier être entré ou s'être maintenu sur le territoire métropolitain en se conformant aux stipulations des paragraphes 1 et 2 de l'article 19, du paragraphe 1 de l'article 20 et des paragraphes 1 et 2 de l'article 21 de cette même convention ".
7. Ensuite, aux termes de l'article L. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour entrer en France, tout étranger doit être muni : / 1° Sauf s'il est exempté de cette obligation, des visas exigés par les conventions internationales et par l'article 6, paragraphe 1, points a et b, du règlement (UE) 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 concernant un code de l'Union relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes (code frontières Schengen) ; / 2° Sous réserve des conventions internationales, et de l'article 6, paragraphe 1, point c, du code frontières Schengen, du justificatif d'hébergement prévu à l'article L. 313-1, s'il est requis, et des autres documents prévus par décret en Conseil d'Etat relatifs à l'objet et aux conditions de son séjour et à ses moyens d'existence, à la prise en charge par un opérateur d'assurance agréé des dépenses médicales et hospitalières, y compris d'aide sociale, résultant de soins qu'il pourrait engager en France, ainsi qu'aux garanties de son rapatriement ; / () ". Aux termes de l'article R. 313-1 de ce code : " En fonction de ses déclarations sur les motifs de son voyage, l'étranger dont le séjour ne présente pas un caractère familial ou privé présente selon les cas : 1° Pour un séjour touristique, tout document de nature à établir l'objet et les conditions de ce séjour, notamment sa durée ; / () ".
8. Enfin, aux termes du point 1 de l'article 20 de la convention d'application de l'accord de Schengen : " Les étrangers non soumis à l'obligation de visa peuvent circuler librement sur les territoires des Parties contractantes pendant une durée maximale de trois mois au cours d'une période de six mois à compter de la date de première entrée, pour autant qu'ils remplissent les conditions d'entrée visées à l'article 5, paragraphe 1, points a, c, d et e ". Le point 1 de l'article 6 du règlement (UE) 2016/399, qui a remplacé l'article 5 du règlement (CE) n° 562/2006 du 15 mars 2006, dispose notamment que : " Pour un séjour prévu sur le territoire des États membres, d'une durée n'excédant pas 90 jours sur toute période de 180 jours, ce qui implique d'examiner la période de 180 jours précédant chaque jour de séjour, les conditions d'entrée pour les ressortissants de pays tiers sont les suivantes : / a) être en possession d'un document de voyage en cours de validité autorisant son titulaire à franchir la frontière qui remplisse les critères suivants: / i) sa durée de validité est supérieure d'au moins trois mois à la date à laquelle le demandeur a prévu de quitter le territoire des États membres. Toutefois, en cas d'urgence dûment justifiée, il peut être dérogé à cette obligation ; / ii) il a été délivré depuis moins de dix ans ; / b) être en possession d'un visa en cours de validité si celui-ci est requis en vertu du règlement (CE) n° 539/2001 du Conseil, sauf s'ils sont titulaires d'un titre de séjour ou d'un visa de long séjour en cours de validité ; / c) justifier l'objet et les conditions du séjour envisagé, et disposer de moyens de subsistance suffisants, tant pour la durée du séjour envisagé que pour le retour dans leur pays d'origine ou le transit vers un pays tiers dans lequel leur admission est garantie, ou être en mesure d'acquérir légalement ces moyens ; () / 4. L'appréciation des moyens de subsistance se fait en fonction de la durée et de l'objet du séjour et par référence aux prix moyens en matière d'hébergement et de nourriture dans l'État membre ou les États membres concernés, pour un logement à prix modéré, multipliés par le nombre de jours de séjour. ". Et l'article 22 de la stipule notamment que : " 1. Les étrangers entrés régulièrement sur le territoire des Parties Contractantes sont tenus de se déclarer, dans les conditions fixées par chaque Partie Contractante, aux autorités compétentes de la Partie Contractante sur le territoire de laquelle ils pénètrent. Cette déclaration peut être souscrite au choix de chaque Partie Contractante, soit à l'entrée, soit, dans un délai de trois jours ouvrables à partir de l'entrée à l'intérieur du territoire de la Partie Contractante sur lequel ils pénètrent. () ". Etant précisé que l'annexe I au règlement n° 539/2001, telle que modifiée par le règlement UE 2017/372 du 1er mars 2017, ne mentionne pas la Géorgie au nombre des pays dont les ressortissants doivent être munis d'un visa lors du franchissement des frontières extérieures des États membres.
9. En l'espèce, lors de son audition par les services de police, le 26 novembre 2024 à 14h05, M. E a indiqué être venu en France pour y faire du tourisme, d'abord à Paris puis à Dunkerque, avant d'envisager de se rendre à Marseille puis en Espagne, escomptant retourner en Géorgie pour les fêtes de fin d'année, bien qu'il ait précisé, en audience, vouloir passer celles-ci en Espagne. Toutefois M. E ne disposait d'aucune attestation d'accueil ou de réservations d'hébergements pour les lieux qu'il envisageait de visiter et, il a été interpellé alors qu'il marchait sous la pluie sur une route départementale à proximité du littoral du grand port de Dunkerque, lieu connu comme étant une zone de passage illégal à destination du Royaume Uni. Eléments qui laisse planer un doute raisonnable quant à l'objet touristique allégué de son séjour. A cet égard, interrogé sur le motif touristique de sa visite M. E a indiqué notamment avoir visité l'intégralité des collections du Louvre en une heure et s'être rendu à Dunkerque après avoir visionné le film du même nom, qu'il considère comme relatant un épisode de la première guerre mondiale, et s'est contenté d'affirmer qu'il voulait, de ce fait, visiter la ville, laquelle n'est pas, à la différence de ses plages, l'un des lieux de tournage du film de Christopher Nolan. En outre, il est constant qu'il ne disposait, au jour d'adoption de la décision attaquée, d'aucune attestation de prise en charge par un opérateur d'assurance agréé des dépenses médicales et hospitalières, y compris d'aide sociale, résultant de soins qu'il pourrait engager en France, celle qu'il détenait étant expirée. Il est également constant qu'il était et demeure dépourvu de billet de retour pour la Géorgie, élément qui ne permet donc pas de déterminer la durée du séjour prétendument touristique qu'il envisageait en France. Enfin, M. E, qui était présent en France depuis plus de trois jours lors de son interpellation, n'a pas déclaré sa présence sur le territoire français. Dès lors, M. E n'est pas fondé à soutenir qu'il séjournait régulièrement en France et les moyens, tirés de ce que la décision attaquée méconnaîtrait les dispositions précitées de l'article L. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation, doivent être écartés.
10. Il suit de là que M. E n'est pas fondé à solliciter l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
11. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
12. En second lieu, et pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 9 du présent jugement, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses risques de fuite, au motif que M. E serait régulièrement venu faire du tourisme en France, ne peut être accueilli.
13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. E, à fin d'annulation de la décision par laquelle le préfet du Nord a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire, ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision fixant le pays de destination :
14. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 10 du présent jugement, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
15. En second lieu, M. E n'établit pas, au seul motif qu'il dispose d'un document de voyage géorgien en cours de validité, le dispensant de visa pour se rendre en Espagne, qu'il serait légalement admissible dans ce pays. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet n'aurait pas, en priorité, examiné la possibilité de le remettre aux autorités espagnoles et aurait ainsi commis une erreur de droit, ne peut qu'être écarté.
16. Il suit de là que M. E n'est pas fondé à solliciter l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Nord a fixé la Géorgie comme pays de destination de la mesure d'éloignement prise à son encontre.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
17. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 10 et 13 du présent jugement, les moyens, tirés, par la voie de l'exception, de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus d'octroi d'un délai de départ volontaire, doivent être écartés.
18. En second lieu, et pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 9 du présent jugement, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses risques de fuite, au motif que M. E serait régulièrement venu faire du tourisme en France, ne peut être accueilli.
19. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. E, à fin d'annulation de la décision par laquelle le préfet du Nord a interdit son retour sur le territoire français pour une durée d'un an, doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
20. Le présent jugement n'impliquant aucune mesure d'exécution, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte de M. E ne peuvent être accueillies.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E et au préfet du Nord.
Lu en audience publique le 12 décembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
X. LARUE
La greffière,
Signé
O. MONGET
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2412135
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745
01/07/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258
01/07/2026