samedi 14 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2412163 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | FOURDAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 novembre 2024, Mme A B, représentée par Me Chloé Fourdan, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 8 juillet 2024 par laquelle le préfet du Nord a refusé de procéder à l'enregistrement de sa demande tendant à la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 300 euros par jour de retard à compter de l'expiration du délai de 15 jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, en application des dispositions des articles L. 911-2 et L. 911-3 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son profit de la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la décision attaquée, qui porte refus d'enregistrement d'une demande de titre de séjour dont le dossier était complet, la place, depuis près d'un an, dans une situation irrégulière au regard de son droit au séjour et dans une situation financière difficile, car son employeur, un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, où elle exerce les fonctions d'agent de service hôtelier, est tenu de suspendre son contrat de travail à durée indéterminée et, par voie de conséquence, le versement de sa rémunération qui est indispensable à l'entretien de son foyer (composé, outre de sa personne, de son époux qui ne perçoit qu'une retraite mensuelle de 1 040 euros, et qui a des charges fixes de 819 euros) et le versement de sa prime d'activité d'un montant de 103 euros ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée, en ce qu'elle ne comprend pas l'énoncé des circonstances de droit ;
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance des articles R. 311-1, R. 431-12, R. 431-9 et R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur de fait ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur dans l'appréciation des éléments nouveaux portés à la connaissance de l'administration ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde de droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Par un mémoire en défense enregistré le 9 décembre 2024, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition de l'urgence n'est pas remplie, dès lors que Mme B ne bénéficie pas d'un droit au séjour, en ce que le titre de séjour qui lui avait été délivré à la suite de l'injonction prescrite par le jugement du tribunal administratif de Lille du 8 décembre 2022, doit être regardé comme n'avoir jamais existé, la cour administrative d'appel de Douai ayant, par un arrêt du 22 juin 2023, annulé ce jugement ;
- la décision attaquée, qui constitue un refus d'enregistrement, est fondée, dès lors, d'une part, que le dossier de Mme B ne comportait pas d'autorisation de travail.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2409348 enregistrée le 9 septembre 2024 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Huguen, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 10 octobre 2024 :
- le rapport de M. Huguen ;
- les observations de Me Fourdan, représentant Mme B, qui a conclu aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;
- les observations de Me Rannou, représentant le préfet du Nord, qui conclut au rejet de la requête par les mêmes moyens.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante congolaise, née le 19 août 1975 à Kinshasa (République démocratique du Congo) est entrée en France le 27 novembre 2012 et a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile. Par une décision du 13 mars 2014, l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a refusé de faire droit à sa demande. Par une décision du 24 octobre 2014, la cour nationale du droit d'asile a validé la décision de l'OFPRA. Par un arrêté du 26 mars 2015, le préfet du Nord a refusé de délivrer à Mme B une carte de séjour au titre de l'asile et prononcé à son encontre une mesure d'éloignement du territoire français à destination de son pays d'origine. Par une décision du 8 juillet 2016, le préfet du Nord a refusé de faire droit à la demande de Mme B tendant à un nouvel examen de sa situation administrative. Mme B a, le 12 décembre 2020, contracté mariage avec un compatriote titulaire d'une carte de résident valable jusqu'au 21 janvier 2025. Elle a alors sollicité son admission exceptionnelle au séjour en qualité de " conjoint de résident ". Par un arrêté du 12 mai 2022, le préfet du Nord a refusé de faire droit à la demande de Mme B et prononcé à son encontre une nouvelle mesure d'éloignement du territoire français à destination de son pays d'origine. Par un jugement du 8 décembre 2022, le tribunal administratif de Lille, au motif de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale, a annulé cet arrêté et enjoint au préfet du Nord de délivrer à Mme B un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". En exécution de ce jugement, le préfet du Nord a, le 4 janvier 2023, délivré à Mme B une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " valable du 4 janvier 2023 au 3 janvier 2024. Le 4 décembre 2023, Mme B a été recrutée, dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée, par l'établissement des " Petites sœurs des pauvres " de la Madeleine, où elle travaillait ponctuellement depuis le 3 juin 2023, pour y exercer à temps plein les fonctions d'agent de service hôtelier. Toutefois, par un arrêt du 22 juin 2023, la cour administrative d'appel de Douai a annulé le jugement du tribunal administratif de Lille du 8 décembre 2022 aux motifs qu'elle s'était maintenue irrégulièrement sur le territoire français après le rejet de sa demande d'asile, n'avait pas déféré à une précédente mesure d'éloignement prise à son encontre le 26 mars 2015, qu'elle était éligible, en sa qualité de conjoint d'un étranger en situation régulière, à la procédure de regroupement familial, qu'elle ne justifiait pas d'une quelconque intégration professionnelle et sociale dans la société française et qu'elle n'était pas dépourvue d'attaches dans son pays d'origine. Les 5 octobre 2023 et 1er juin 2024, Mme B a sollicité le renouvellement de sa carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Par une lettre du 8 juillet 2024, le préfet du Nord a refusé de faire droit à sa demande, aux motifs, d'une part, que la cour administrative d'appel de Douai avait, par un arrêt du 22 juin 2023, validé son arrêté du 12 mai 2022 portant refus de délivrance d'un titre de séjour et éloignement du territoire français à destination de son pays d'origine, d'autre part, que le dossier accompagnant sa demande ne comportait aucun élément nouveau. Mme B demande au juge des référés de prononcer la suspension de l'exécution de cet acte du 8 juillet 2024.
2. Lorsque l'autorité administrative, en exécution d'un jugement d'annulation, prend une nouvelle décision qui n'est motivée que par le souci de se conformer à ce jugement d'annulation, la décision du juge d'appel statuant au fond a pour effet, si elle annule le jugement d'annulation, de rétablir la décision initiale dans l'ordonnancement juridique et entraîne, ce faisant, la sortie de vigueur de la décision qui n'avait été prise que pour l'exécution du jugement annulé.
3. D'une part, il résulte de l'instruction que, pour assurer l'exécution du jugement du tribunal administratif de Lille du 8 décembre 2022 prononçant l'annulation de l'arrêté du 12 mai 2022 par lequel il avait refusé de faire droit à la demande de Mme B tendant à la délivrance d'un titre de séjour et prononcé à son encontre une mesure d'éloignement du territoire français à destination de son pays d'origine, le préfet du Nord, en exécution de l'injonction du tribunal, a délivré à Mme B un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Toutefois, la cour administrative d'appel de Douai, par un arrêt du 22 juin 2023, a annulé ce jugement. L'annulation ainsi prononcée a eu pour effet de rétablir dans l'ordonnancement juridique l'arrêté du préfet du Nord du 12 mai 2022, notamment en tant qu'il portait refus de délivrance de titre de séjour et, ce faisant, entraîné, sans qu'il fût nécessaire au préfet du Nord de prendre une décision expresse en ce sens, la sortie de vigueur de la décision du 4 janvier 2023 par laquelle il avait délivré à Mme B un titre de séjour, laquelle n'avait été prise que pour l'exécution du jugement annulé.
4. D'autre part, il résulte de l'instruction que Mme B a, le 5 octobre 2023, sollicité le renouvellement du titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " qui lui avait été délivré en exécution du jugement du tribunal administratif de Lille. Toutefois, ainsi qu'il a été dit, ce titre de séjour avait été rétroactivement sorti de vigueur à la suite de l'intervention de l'arrêt de la cour administrative d'appel de Douai du 22 juin 2023.
5. Par une ordonnance du 24 octobre 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Lille a refusé de faire droit à la requête de Mme B tendant à la suspension de l'exécution de la décision du 8 juillet 2024 par laquelle le préfet du Nord avait refusé de faire droit à sa demande tendant au renouvellement de son titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, avait refusé de procéder à l'enregistrement de cette demande de renouvellement de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", aux motifs, d'une part, que Mme B n'établissait pas avoir porté à la connaissance de l'administration des éléments nouveaux par rapport à sa situation antérieure, d'autre part, que le dossier accompagnant sa demande fût complet.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet du Nord :
6. Lorsque l'acte administratif objet du litige n'est pas susceptible de recours, cette irrecevabilité affecte tant la demande d'annulation de cet acte que la demande tendant à sa suspension sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
7. Le refus d'enregistrer une demande de titre de séjour ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir en l'absence de l'un des documents mentionnés à l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou lorsque l'absence d'une pièce mentionnée à l'annexe 10 à ce code, auquel renvoie l'article R. 431-11 du même code, rend impossible l'instruction de la demande.
8. Pour établir que le dossier joint à sa demande de délivrance de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " était complet, au sens des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de celles de l'annexe 10 du même code, Mme B verse aux débats son ancien titre de séjour, son passeport et celui de son conjoint, son acte de naissance, son acte de mariage, son livret de famille, la carte de résident de son conjoint, ses contrats de travail, ses fiches de paie, des preuves de sa présence en France en 2013, une déclaration de situation et des attestations de paiement de la caisse d'allocation familiale, l'avis d'imposition de son foyer et des preuves de communauté de vie depuis 2022. Si le préfet du Nord soutient que le dossier joint à la demande de Mme B n'était pas complet, car il ne comportait pas, au nombre des pièces jointes, l'autorisation de travail requise par les dispositions de l'article R. 5221-17 du code du travail, l'argument est inopérant dès lors que Mme B n'a pas sollicité un titre de séjour portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " travailleur saisonnier ". Dans ces conditions, et en l'état de l'instruction, Mme B doit être regardée comme ayant apporté la preuve que le dossier joint à sa demande de délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " était complet, au sens des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de celles de l'annexe 10 du même code. Par suite, la décision du 8 juillet 2024 par laquelle le préfet du Nord a refusé de procéder à l'enregistrement de sa demande étant susceptible de recours, il y a lieu d'écarter la fin de non-recevoir opposée par le préfet du Nord.
Sur les conclusions à fin de suspension de la décision du 8 juillet 2024 :
9. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
10. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
11. Il résulte de l'instruction que Mme B est entrée en France le 27 novembre 2012, qu'elle y séjourne depuis et qu'elle s'y est mariée le 12 décembre 2020 avec un compatriote justifiant de la régularité de son séjour en France. Elle a, entre le 4 janvier 2023 et le 22 juin 2023, bénéficié d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " qui, par l'effet de l'arrêt de la cour administrative d'appel de Douai, a disparu rétroactivement de l'ordonnancement juridique le 22 juin 2023. Il résulte également de l'instruction que Mme B a commencé, à partir du 3 juin 2023, soit antérieurement au retrait de sa carte de séjour temporaire, à travailler légalement pour l'établissement des " Petites sœurs des pauvres " de la Madeleine en qualité d'agent de service hôtelier. Enfin, il résulte de l'instruction que la décision attaquée a pour effet de placer le foyer de Mme B dans une situation financière précaire. Dès lors, compte tenu de ces circonstances, Mme B doit être regardée comme apportant la preuve que la décision attaquée préjudicie, de manière suffisamment grave et immédiate, à sa situation. Par suite, la condition de l'urgence posée à l'article L. 521-3 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne le doute sérieux sur la légalité de la décision du 8 juillet 2024 :
12. En l'état de l'instruction, les moyens tirés, d'une part, de la méconnaissance des dispositions des articles R. 431-10 et R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'autre part, du défaut d'examen sérieux et particulier de la situation de Mme B et de l'erreur d'appréciation sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
13. Les deux conditions auxquelles l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonne la suspension de l'exécution d'une décision administrative étant satisfaites, il y a lieu de prononcer la suspension de l'exécution de la décision attaquée jusqu'à ce que le tribunal ait statué sur la requête tendant à son annulation.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
14. Dans le cas où les conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont remplies, le juge des référés peut non seulement suspendre l'exécution d'une décision administrative, même de rejet, mais aussi assortir cette suspension d'une injonction, s'il est saisi de conclusions en ce sens, ou de l'indication des obligations qui en découleront pour l'administration. Toutefois, les mesures qu'il prescrit ainsi, alors qu'il se borne à relever l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, doivent présenter un caractère provisoire. Il suit de là que le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut, sans excéder sa compétence, ordonner une mesure qui aurait des effets en tous points identiques à ceux qui résulteraient de l'exécution par l'autorité administrative d'un jugement annulant la décision administrative contestée.
15. En l'espèce, la suspension prononcée par la présente ordonnance implique nécessairement que le préfet du Nord procède à l'enregistrement de la demande de Mme B tendant à la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " et lui délivre le récépissé prévu par les dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Sur les frais liés au litige :
16. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Mme B la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision du 8 juillet 2024 par laquelle le préfet du Nord a refusé de procéder à l'enregistrement de la demande de Mme B tendant à la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale est suspendue, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Nord de procéder à l'enregistrement de la demande de Mme B tendant à la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Article 3 : Il est enjoint au préfet du Nord de délivrer le récépissé prévu par les dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Article 3 : L'Etat versera à Mme B la somme de 800 (huit cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 14 décembre 2024.
Le juge des référés,
Signé,
O. HUGUEN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026