mercredi 5 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2412197 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ZAMBO MVENG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 novembre 2024, M. C, représenté par Me Zambo Mveng, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du préfet du Nord du 28 octobre 2024 en tant qu'il lui fait obligation de quitter le territoire français sans délai.
La requête a été communiquée au préfet du Nord, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Grard en application de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grard, magistrate désignée,
- les observations de Me Zambo Mveng, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête ; il soutient que les décisions attaquées sont insuffisamment motivées, qu'elles sont entachées d'une erreur de fait dès lors que le titre de séjour du requérant était valide jusqu'au 3 mai 2024, qu'elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que M. A est arrivé en France à l'âge de 12 ans, qu'il vit avec ses parents et que sa famille est de nationalité française et qu'elles méconnaissent les dispositions de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant dès lors qu'il est le père d'un enfant mineur vivant en France dont la mère s'oppose à sa relation avec son enfant ;
- les observations de Me Hacker, représentant le préfet du Nord, qui conclut au rejet de la requête, aucun des moyens n'étant fondé ;
- M. A étant absent.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant ivoirien, né le 7 août 1988, a été condamné le 25 avril 2024 par le tribunal correctionnel de Senlis à une peine d'emprisonnement de sept mois. Par un arrêté du 28 octobre 2024, le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français sans délai à compter de son élargissement, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par sa requête, M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté préfectoral du 28 octobre 2024 en tant qu'il lui fait obligation de quitter le territoire français sans délai.
2. En premier lieu, les décisions attaquées mentionnent, avec une précision suffisante, les circonstances de fait et de droit qui en constituent le fondement pour mettre utilement le requérant en mesure d'en discuter les motifs et le juge d'exercer son contrôle. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation des décisions attaquées doit, dès lors, être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. "
4. Il ressort des pièces du dossier que le préfet du Nord a délivré un titre de séjour à M. A, non remis à l'intéressé, valable jusqu'au 3 mai 2024. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué, qui mentionne que M. A était en situation irrégulière depuis le 24 novembre 2023, faute d'avoir sollicité le renouvellement de son titre de séjour est entaché d'une erreur de fait. Toutefois, à la date de la décision attaquée, M. A était en situation irrégulière depuis presque sept mois. Par ailleurs, il ne conteste pas que son comportement constitue une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, l'erreur de fait est sans incidence sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, prise sur le fondement du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sur celle portant refus de délai de départ volontaire.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. ". Aux termes du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ".
6. M. A soutient être présent sur le territoire français depuis 2001, vivre chez ses parents et avoir de la famille de nationalité française. S'il est constant qu'il a été présent régulièrement sur le territoire français pendant une période de 11 ans et 1 mois, il a toutefois été incarcéré pour une période cumulée de 8 ans et 8 mois, qui ne peut être regardée comme une période de résidence régulière. En outre, il ressort des pièces du dossier qu'il a fait l'objet, entre 2007 et 2024 de 10 condamnations pour des peines allant de 1 mois à 5 ans de prison notamment pour vol, vol aggravé et conduite de véhicule sous usage de stupéfiants en situation de récidive. Compte tenu du nombre important de condamnations, de leur réitération persistante en situation de récidive et de leur caractère récent, le comportement de M. A représente une menace à l'ordre public. Si le requérant soutient être père d'un enfant mineur vivant en France, il ressort de ses déclarations lors d'une audition par les services de police le 2 octobre 2024 qu'il ne l'avait alors pas vu depuis six ans. Il n'établit donc pas contribuer à son entretien ni à son éducation, ni se heurter à une opposition de la mère de l'enfant à avoir des contacts avec lui, comme il le soutient. Par ailleurs, M. A n'apporte aucun élément relatif à une insertion sociale ou professionnelle en dépit de la durée de son séjour sur le territoire français. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet du Nord du 28 octobre 2024 en tant qu'il lui fait obligation de quitter le territoire français sans délai.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Nord.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 février 2025.
La magistrate désignée,
Signé
E. GRARD La greffière,
Signé
N. CARPENTIER
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026