mercredi 22 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2413164 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | IDZIEJCZAK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 27 et 30 décembre 2024, M. D A B, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 26 décembre 2024 par lesquelles le préfet de l'Oise l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire, a fixé le Pakistan comme pays de renvoi et a interdit son retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) et d'enjoindre au préfet de l'Oise de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, sans délai, une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 152.45 euros par jour de retard.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée et méconnaît les dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle a méconnu son droit d'être entendu ;
- elle souffre d'un défaut d'examen approfondi de sa situation ;
- elle méconnaît l'article 33 et les articles L. 521-7 et L. 541-1 et L. 541-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile puisqu'il a formulé une demande d'asile lors de son audition par les services de police ;
- et elle est empreinte d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation puisqu'il a effectué une demande d'asile en France en 2022.
En ce qui concerne la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est fondée sur une mesure d'éloignement irrégulière ;
- et elle est empreinte d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses risques de fuite.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est fondée sur une mesure d'éloignement irrégulière ;
- et elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est fondée sur une mesure d'éloignement et sur une décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire qui sont irrégulières ;
- et elle est empreinte, dans l'application des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'une erreur dans l'appréciation de sa situation eu égard aux circonstances humanitaires dont il peut se prévaloir.
Par un mémoire, enregistré le 6 janvier 2025, le préfet de l'Oise a conclu au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales amendée, signée à Rome le 4 novembre 1950 ;
- la convention internationale des droits de l'enfant, signée à New-York le 20 novembre 1989 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Larue en application des articles L. 614-2, L. 921-2 et L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Larue, magistrat désigné ;
- les observations de Me Idziejczak, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;
- et les observations de M. B assisté de M. C, interprète assermentée en langue penjabi, qui a répondu aux questions qui lui ont été posées ;
- le préfet de l'Oise n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant pakistanais qui serait né le 15 avril 2005, déclare, en 2024, être entré irrégulièrement en France en mai 2022. Le 21 décembre 2022, sous le nom de A, et les prénoms B D, il a sollicité la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire en indiquant être né le 21 décembre 2002 et être entré le 20 août 2022en France, où il a été domicilié le 10 octobre 2022. Sa demande a toutefois été définitivement rejetée par l'office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) le 7 mars 2023. Le 26 décembre 2024, il a été interpellé à l'occasion d'un contrôle d'identité opéré à la gare d'Orry-la-ville à 08h20. N'étant pas à même de justifier de son droit à circuler ou séjourner en France, M. B a fait l'objet d'une mesure de retenue administrative aux fins de vérification de ce droit. Après qu'il est apparu que M. B n'était pas titulaire d'un titre de séjour, il s'est vu notamment notifier, le jour même de son interpellation, des décisions par lesquelles le préfet de l'Oise l'a obligé à quitter sans délai le territoire français à destination du Pakistan et a interdit son retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par la présente requête, M. B demande au Tribunal d'annuler ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :
2. En premier lieu, par un arrêté du 25 novembre 2024, publié le jour même au recueil spécial des actes administratifs des services de l'Etat dans le département, le préfet de l'Oise a donné délégation à M. Frédéric Bovet, secrétaire général de la préfecture, sous-préfet de de Beauvais, signataire de l'arrêté en litige, à effet de signer notamment les décisions attaquées. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence du signataire des décisions querellées manquent en fait et doivent donc être écartés.
3. En second lieu, le préfet de l'Oise énonce avec suffisamment de précisions les considérations de fait et de droit sur lesquelles il fonde ses décisions. Par suite, les moyens, tirés de l'insuffisante motivation des décisions attaquées, ne peuvent être accueillis.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, la décision attaquée, fait état de l'entrée en France alléguée par M. B lors de son audition par les services de police le 26 décembre 2024 ainsi que de l'absence de toute justification de liens particuliers d'intéressé avec la France ou d'une insertion particulière au sein de la société française. En outre, si M. B a indiqué avoir déposé une demande d'asile en France, en se gardant de préciser que celle-ci avait été définitivement rejetée, cet élément, et les craintes qu'il a pu exprimer à l'occasion de cette demande d'asile, ne constituent pas des circonstances humanitaires pouvant justifier de son droit au séjour. En tout état de cause, le préfet de l'Oise a mentionné l'absence de telles circonstances dans son arrêté. Par suite, le moyen, tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne peut être accueilli.
5. En deuxième lieu, si M. B soutient que son droit d'être entendu aurait été méconnu, il ne se prévaut à l'audience ou dans son recours, d'aucun élément qu'il n'aurait pas été en mesure de faire valoir au cours de son audition par les services de police, lorsque ceux-ci l'ont informé de la possibilité qu'il soit obligé de quitter le territoire français, et qui aurait été de nature à modifier le sens de la décision attaquée. Ce moyen doit donc être écarté.
6. En troisième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de la décision attaquée que le préfet de l'Oise ne se serait pas livré à un examen approfondi de la situation de M. B. Par suite, ce moyen, dont le bien-fondé s'apprécie au vu des éléments dont disposait l'administration au jour d'édiction de la décision attaquée, ne peut qu'être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / ()4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger () ". L'article L. 571-1 du même code dispose que : " Lorsque l'autorité administrative estime que l'examen d'une demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat qu'elle entend requérir, en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, il est procédé à l'enregistrement de la demande selon les modalités prévues au chapitre I du titre II. / Une attestation de demande d'asile est délivrée au demandeur selon les modalités prévues à l'article L. 521-7. Elle mentionne la procédure dont il fait l'objet. Elle est renouvelable durant la procédure de détermination de l'Etat responsable et, le cas échéant, jusqu'à son transfert effectif à destination de cet Etat () ". En outre, aux termes de l'article L. 572-1 du même code : " Sous réserve du troisième alinéa de l'article L. 571-1, l'étranger dont l'examen de la demande d'asile relève de la responsabilité d'un autre Etat peut faire l'objet d'un transfert vers l'Etat responsable de cet examen ". Enfin, l'article L. 573-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'étranger pour lequel l'autorité administrative estime que l'examen de la demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français jusqu'à la fin de la procédure de détermination de l'Etat responsable de l'examen de sa demande et, le cas échéant, jusqu'à son transfert effectif à destination de cet Etat ".
8. Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'en application des dispositions du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, l'État français estime que l'examen de la demande d'asile d'un étranger relève de la compétence des autorités d'un autre État membre de l'Union européenne, la situation du demandeur d'asile, qui dispose du droit de se maintenir sur le territoire français jusqu'à la fin de la procédure de détermination de l'État responsable de sa demande d'asile, n'entre, en tout état de cause, pas dans le champ d'application des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mais dans celui des dispositions de l'article L. 572-1 du même code. En vertu de ces dispositions, la mesure d'éloignement en vue de remettre l'intéressé aux autorités étrangères compétentes pour l'examen de sa demande d'asile ne peut être qu'une décision de transfert prise sur le fondement de cet article.
9. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, notamment de son relevé Telemofpra, que la demande d'asile de M. B a été définitivement rejetée par l'OFPRA le 7 mars 2023. Si lors de son audition par les services de police, le 26 décembre 2024 à 13h15, M. B s'est borné à indiquer, sans autres précisions, avoir quitté son pays " pour des raisons religieuses à cause d'une histoire d'amour ", il ne saurait, eu égard à cette déclaration imprécise, peu crédible et non étayée, être regardé comme ayant formulé une demande de réexamen de sa demande d'asile. A cet égard, il a dressé à l'audience un portrait impersonnel de son grand amour, rencontrée en 2020 et s'est borné à expliquer ne pas être parti avec elle eu égard à son enfermement strict à la suite de la révélation à leurs familles de leur projet de mariage. Or, s'il a indiqué ne plus avoir aucune nouvelle de son pays et donc de son ex-compagne, les craintes dont il se prévaut, plus de 3 ans après son départ de son pays, ne sauraient être regardées comme actuelles. Au surplus, M. B, qui a refusé tout bornage Eurodac, n'a, depuis son placement en centre de rétention administrative, pas formulé de demande de réexamen de sa demande d'asile. Dans ces conditions, les moyens, tirés de ce que la décision attaquée méconnaîtrait les stipulations de l'article 33 de la convention de Genève et les dispositions des articles L. 521-7, L. 541-1, L. 541-2 et R. 521-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doivent être écartés.
10. En dernier lieu, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur dans l'appréciation de sa situation au motif qu'il a formulé une demande d'asile en France, alors, qu'ainsi qu'il a été dit, il ressort des pièces du dossier, notamment de son relevé Telemofpra, que cette demande a été définitivement rejetée par l'OFPRA le 7 mars 2023.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B, à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre, ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
12. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, le moyen, tiré, par la voie de l'exception, de l'irrégularité de mesure d'éloignement prise à l'encontre de M. B, doit être écarté.
13. En second lieu, L'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".
14. En l'espèce, M. B soutient qu'il ne présente pas de risques de fuite. Certes, c'est par un raisonnement empreint d'une erreur de droit que le préfet de l'Oise relève, pour établir que M. B aurait explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à la décision de retour prise à son encontre, que ce dernier " qui ne justifie pas de circonstances de nature à établir sa volonté de quitter la France () ne renverse pas cette présomption ". Pour autant, il ressort des pièces du dossier que M. B, s'il a effectué une demande d'asile, a fait l'objet, le 13 juillet 2023, d'une précédente obligation de quitter le territoire français, prise par le préfet de police de Paris. Il ressort également des pièces du dossier, et cet élément est le seul qui ait été correctement examiné par l'administration préfectorale, que M. B n'a ni présenté, de documents de voyage ou d'identité en cours de validité, puisqu'il s'est borné à produire la photo d'une carte nationale d'identité pakistanaise, ni justifié, alors qu'il s'est déclaré sans domicile fixe et ne saurait se prévaloir de la domiciliation dont il avait bénéficié dans le cadre de l'examen de sa demande d'asile, d'une résidence effective et permanente affectée à son habitation. Ainsi, conformément aux dispositions précitées du 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le risque que M. B se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre doit être regardé comme établi. De sorte qu'il n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait méconnu les dispositions précitées du 3° de l'article L. 612-2 ou de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
15. Il suit de là que M. B n'est pas fondé à solliciter l'annulation de la décision du 26 décembre 2024 par laquelle le préfet de l'Oise a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision fixant le pays de destination :
16. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 11 du présent jugement, le moyen, tiré, par la voie de l'exception, de l'irrégularité de mesure d'éloignement prise à l'encontre de M. B, doit être écarté.
17. En second lieu, M. B qui n'a pas formulé de demande de réexamen de sa demande d'asile, définitivement rejetée le 7 mars 2023, a produit, dans la présente instance, la photo de la carte nationale d'identité pakistanaise qui lui a été délivrée en France le 29 février 2024. Or cet acte d'allégeance démontre sa confiance dans la capacité des autorités de son pays à assurer sa protection, qu'il a admis, à l'audience, ne pas avoir saisi suite au différent l'opposant à sa famille et à la famille de son ex-compagne. En outre, il a dressé à l'audience un portrait impersonnel de son grand amour, rencontrée en 2020 et a effectué des déclarations vagues quant à leur rencontre qui font douter de l'existence même de cette relation. Et, dès lors qu'il a indiqué ne plus avoir aucune nouvelle de son pays et donc de son ex-compagne, les craintes dont il se prévaut, plus de 3 ans après son départ de son pays, ne sauraient être regardées comme actuelles. Il n'a ainsi fait état d'aucune crainte actuelle en cas de retour dans son pays d'origine, et n'est dès lors pas fondé à soutenir qu'en fixant le Pakistan comme pays de destination le préfet de l'Oise aurait méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B, à fin d'annulation de la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement prise à son encontre, ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre l'interdiction de retour sur le territoire français :
19. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 11 et 15 du présent jugement, les moyens, tirés, par la voie de l'exception, de l'irrégularité des décisions obligeant M. B à quitter le territoire français et refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire, doivent être écartés.
20. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ".
21. En l'espèce, ainsi qu'il a été dit au point 4 du présent jugement, la seule circonstance que M. B ait formulé en France une demande d'asile et ait, à cette occasion puis lors de son audition le 26 décembre 2024, allégué des craintes imprécises et non justifiées de mauvais traitements en cas de retour dans son pays, n'est pas constitutive de circonstances humanitaires. Il n'est donc pas fondé à soutenir que le préfet de l'Oise, eu égard aux circonstances humanitaires dont il se prévaut, aurait, en édictant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français, commis une erreur dans l'appréciation de sa situation personnelle.
22. Il suit de là que les conclusions de M. B aux fins d'annulation de la décision du 26 décembre 2024, par laquelle le préfet de l'Oise a interdit son retour sur le territoire français pour une durée d'un an, ne peuvent pas être accueillies.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
23. Le présent jugement n'impliquant aucune mesure d'exécution, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte de M. B ne peuvent être accueillies.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A B et au préfet de l'Oise.
Lu en audience publique le 22 janvier 2025.
Le magistrat désigné,
Signé :
X. LARUE
La greffière,
Signé :
F. LELEU
La République mande et ordonne au préfet de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2413164
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026