jeudi 27 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2501241 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 février 2025, M. B A, représenté par Me Houindo, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet du Nord sur sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer la carte de séjour sollicitée dans un délai de 72 heures à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 800 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient :
Sur l'urgence, que :
- la décision l'empêche de conclure un contrat de travail et le place dans une situation financière instable et a pour effet de le priver des prestations sociales.
Sur le doute sérieux, que :
- la décision en litige est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît les circulaires du ministre de l'intérieur du 25 juin 2013 et du 3 janvier 2014 ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 février 2025 et des pièces enregistrées les 21 et 22 février 2025, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que l'urgence n'est pas établie puisqu'il bénéficie d'un récépissé valable jusqu'au 10 mai 2025.
Vu :
- la copie de la requête à fin d'annulation de la décision attaquée ;
- la demande d'aide juridictionnelle déposée par le requérant ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Perrin, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 24 février 2025 à 11 heures, en présence de M. Potet, greffier, M. Perrin, juge des référés, a lu son rapport et entendu Me Kerrich, représentant le préfet du Nord qui fait valoir que le préfet a pris une décision explicite de refus le 20 février 2025, abrogeant le récépissé délivré le même jour. Cette décision s'est substituée à la décision implicite et compte tenu notamment de la menace à l'ordre public représenté par l'intéressé, aucun des moyens soulevés n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision.
M. A n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen né le 23 novembre 1983, a été muni d'une carte de résident, valable jusqu'au 21 février 2023. Il a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour le 9 janvier 2023. Il a demandé au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet du Nord sur cette demande.
2. Si le silence gardé par l'administration fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement se substitue à la première décision. Il en résulte que des conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde. Il en est de même pour la demande de suspension.
3. Par un arrêté du 20 février 2025, le préfet du Nord a rejeté la demande de renouvellement de la carte de résident de M. A et a abrogé le récépissé de demande de titre de séjour délivré à l'intéressé le même jour. La demande de M. A de suspension de la décision implicite par laquelle le préfet du Nord a rejeté sa demande de renouvellement doit donc être regardée comme dirigée contre la décision du 20 février 2025 ayant le même objet.
4. Aux termes des troisième et quatrième alinéa de l'article L. 432-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le renouvellement de la carte de résident peut être refusé à tout étranger lorsque : / 1° Sa présence constitue une menace grave pour l'ordre public ". Il résulte de l'instruction que le requérant a été condamné à six mois d'emprisonnement avec sursis par un jugement du 13 octobre 2021 du tribunal correctionnel de Lille pour violence suivie d'une incapacité n'excédant pas huit jours sur sa concubine et violence avec usage ou menace d'une arme, faits commis le 10 avril 2021. Le refus de renouvellement du 20 février 2025 est motivé par la menace grave pour l'ordre public présentée par M. A et indique que, s'il est père de deux enfants français, il ne produit aucun élément sur l'intensité de ses liens avec ses deux enfants mineurs et ne produit non plus aucun élément concernant l'exercice de son activité professionnelle en dehors d'une attestation de son employeur, sans mention du type de contrat de travail, de la quotité d'heures effectuées, ni du salaire perçu.
5. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par le requérant tels qu'exposés précédemment n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision du 20 février 2025 refusant le renouvellement de la carte de résident de M. A.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition tenant à l'urgence est remplie, qu'il y a lieu de rejeter la requête dans toutes ses conclusions, y compris les conclusions à fins d'injonction et celles relatives aux frais du procès.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Une copie en sera adressée pour information au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 27 février 2025.
Le juge des référés,
Signé,
D. Perrin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Conseil d'État — N° 507622
Le Conseil d'État, statuant en tant que juge des référés, a rejeté la requête de M. A... qui demandait l'annulation pour excès de pouvoir de la circulaire du ministre de la Justice du 25 mars 2025 relative à la prise en charge des détenus étrangers. La requête a été jugée manifestement irrecevable car présentée le 26 août 2025, soit après l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois prévu à l'article R. 421-1 du code de justice administrative. La décision a été prise sur le fondement de l'article R. 122-12 du même code, sans instruction contradictoire ni audience publique.
01/07/2026
Conseil d'État — N° 516455
Le Conseil d'État, statuant en cassation, a examiné le pourvoi de M. C... et Mme D... contre une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Lyon. Cette ordonnance avait rejeté leur demande, fondée sur l'article L. 521-2 du code de justice administrative, visant à faire cesser l'obligation de nettoyage de la cuisine d'un CADA et la menace d'expulsion. Le Conseil d'État a constaté que le pourvoi, dirigé contre une décision rendue sur le fondement de l'article L. 522-3, n'avait pas été présenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation, comme l'exige l'article R. 821-3 du même code. En conséquence, il a déclaré le pourvoi irrecevable et a refusé son admission.
01/07/2026
Conseil d'État — N° 516332
Le Conseil d'État, statuant en cassation, a rejeté le pourvoi de M. C... et Mme D... contre l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Lyon. Ce dernier avait rejeté leur demande sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, concernant des manquements allégués du centre d'accueil des demandeurs d'asile (CADA) « Entraide Pierre Valdo ». Le pourvoi a été déclaré irrecevable car il n'avait pas été présenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation, obligation pourtant mentionnée dans la notification de l'ordonnance attaquée, en application des articles R. 821-3 et R. 612-1 du même code.
01/07/2026
Conseil d'État — N° 516231
Le Conseil d’État, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... qui demandait l’annulation de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création de la partie « loi du pays » du code des douanes de Polynésie française. La requête a été jugée manifestement irrecevable car elle ne contenait que des moyens inopérants, non assortis de faits susceptibles de venir à leur soutien ou dépourvus des précisions nécessaires pour en apprécier le bien-fondé. Cette décision a été prise sur le fondement de l’article R. 122-12 du code de justice administrative, sans instruction contradictoire préalable ni audience publique.
01/07/2026