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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2501447

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2501447

lundi 17 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2501447
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET CENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A, ressortissant camerounais, qui demandait qu'il soit enjoint au préfet du Nord de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction ou une autorisation provisoire de séjour. Le juge a estimé que l'urgence n'était pas caractérisée, le stage invoqué n'étant pas obligatoire dans le cadre de ses études, et que le préfet du Nord n'était pas compétent pour traiter sa demande de renouvellement de titre de séjour, M. A résidant en Haute-Savoie. Par conséquent, aucune atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale n'a été retenue. La décision applique les articles L. 521-2 et L. 511-2 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 février 2025, M. B A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction justifiant la régularité de son séjour ou une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quarante-huit heures ;

2°) de mettre à la charge de l'État les frais de procédure.

Il soutient que :

- l'urgence est caractérisée par le fait que l'absence de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour l'empêche de réaliser son stage professionnel obligatoire dans le cadre de ses études ;

- la carence du préfet du Nord à lui délivrer un document justifiant de la régularité de son séjour constitue une atteinte grave et manifestement illégale à ses droits à l'instruction et à l'exercice d'une activité professionnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 février 2025, à 10h03, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les conditions prévues par l'article L. 521-2 du code de justice administrative ne sont pas réunies.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Cotte, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Cotte, juge des référés ;

- les observations de M. A, qui conclut aux mêmes fins que sa requête, par les mêmes moyens ;

- les observations de Me Kerrich, représentant le préfet du Nord, qui conclut au rejet de la requête, pour les mêmes motifs que son mémoire en défense.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique du 17 février 2025 à 14h.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Lorsqu'un requérant fonde son action non sur la procédure de suspension régie par l'article L. 521-1 du code précité mais sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

2. M. A, ressortissant camerounais né le 19 avril 1995 à Baloum, a obtenu une carte de séjour pluriannuelle en qualité d'étudiant, valable du 20 septembre 2023 au 19 décembre 2024. Il a sollicité le 1er octobre 2024 le renouvellement de son titre de séjour. Il a adressé plusieurs courriers recommandés de relance au préfet du Nord les 26 novembre 2024, 15 janvier 2025, 5 février 2025 et 12 février 2025. M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un document justifiant la régularité de son séjour, soit une attestation de prolongation d'instruction, soit une autorisation provisoire de séjour.

3. Pour justifier de l'urgence qui s'attache, selon lui, à ce que soit ordonnée la mesure qu'il sollicite, M. A fait valoir que malgré de multiples relances depuis le 26 novembre 2024, il n'a toujours pas été muni d'une attestation de prolongation d'instruction et qu'il est ainsi démuni de document attestant de la régularité de son séjour depuis l'expiration de son titre, le 19 décembre 2024, ce qui l'empêche de débuter son stage en entreprise et d'exercer une activité salariée complémentaire à ses études. Il ressort toutefois des débats lors de l'audience que le stage que M. A a l'intention de réaliser n'est pas un stage obligatoire dans le cadre de son diplôme de Master 2 Ingénieur en mécanique. En outre, si son titre de séjour avait été délivré en 2023 par la préfecture du Nord, il ressort de la confirmation du dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour que l'intéressé a déclaré résider en Haute-Savoie. Le préfet du Nord n'était donc pas compétent pour examiner sa demande. Par suite, M. A ne justifie pas de l'existence d'une situation d'urgence justifiant l'intervention du juge des référés à très bref délai, ni ne démontre l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à une de ses libertés fondamentales.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris, en tout état de cause, ses conclusions présentées au titre des frais de procédure.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet du Nord.

Fait à Lille, le 17 février 2025

Le juge des référés,

Signé,

O. Cotte

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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