mercredi 19 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2502106 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | BROISIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 mars 2025, M. D B, représenté par Me Danset-Vergoten, demande au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 2 mars 2025 par lequel le préfet du Nord a refusé de l'admettre au séjour au titre de l'asile et l'a maintenu en rétention administrative le temps de l'examen de sa demande d'asile en procédure prioritaire par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant au caractère dilatoire de sa demande d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mars 2025 à 8 h 48, le préfet du Nord, représenté par Me Rannou, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et son décret d'application n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Riou, premier vice-président, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et du lieu de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue dans la salle d'audience spécialement aménagée à proximité immédiate du lieu de rétention du requérant, en vertu du premier alinéa de l'article L. 922-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :
- le rapport de M. Riou, magistrat désigné ;
- et les observations de M. B, assisté de M. C, interprète en langue amharique, au téléphone ; il souligne que sa demande d'asile n'a été refusée que pour un retard d'une journée, indépendant de sa volonté et qu'il court un risque sérieux en cas de retour dans son pays d'origine, du fait de son appartenance ethnique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Un mémoire produit pour M. B a été enregistré le 17 mars 2025 à 11 h 49, postérieurement à la clôture de l'instruction à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant éthiopien né le 19 juillet 1996 indique être arrivé en France le 20 février 2025. Il a été interpelé le 22 février 2025. Il a fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français, assortie d'une interdiction de retour d'un an, le 23 février 2025. Il demande l'annulation de l'arrêté du 2 mars 2025 par lequel le préfet du Nord a refusé de l'admettre au séjour au titre de l'asile et l'a maintenu en rétention administrative le temps de l'examen de sa demande d'asile en procédure prioritaire par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides.
2. En premier lieu, par un arrêté du 6 décembre 2024, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Nord a donné délégation à Mme A, cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, à l'effet de signer, notamment, les décisions portant refus d'admission au séjour au titre de l'asile et maintien en rétention. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision par laquelle le préfet du Nord a décidé de maintenir le requérant en rétention le temps de l'examen de sa demande d'asile comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Ces considérations sont suffisamment développées pour permettre à M. B de comprendre et de discuter les motifs de cette décision et pour permettre au juge d'exercer son contrôle. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.
4. En troisième et dernier lieu, aux termes de l 'article L. 754-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'un étranger placé ou maintenu en rétention présente une demande d'asile, l'autorité administrative peut procéder, pendant la rétention, à la détermination de l'État responsable de l'examen de cette demande conformément à l'article L. 571-1 et, le cas échéant, à l'exécution d'office du transfert dans les conditions prévues à l'article L. 751-13 ". Aux termes de l'article L. 754-3 du même code : " Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ. () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. B a indiqué, lors de son audition du 22 février 2025, être venu en France le 20 février 2025, par avion, en provenance d'Italie, pour " faire du tourisme ", muni d'un visa de tourisme délivré par les autorités italiennes le 27 janvier 2025. Il a confirmé, de manière détaillée, ce récit lors de son audience devant le juge des libertés et de la détention du 27 février 2025, expliquant notamment avoir vu des membres de sa famille en Italie et voulant se rendre en Norvège, où résiderait sa sœur. Il a également déclaré avoir acheté un billet de retour en Ethiopie pour le 27 février 2025. S'il fait valoir qu'il court des risques graves en cas de retour dans son pays d'origine, il se borne à produire un message en anglais évoquant, en dépit d'une erreur répétée sur l'année, 2024 au lieu de 2025, son départ en avion qui n'aurait été permis que grâce au versement de pots-de-vin. Si ce message évoque également des sévices qu'il aurait subis en novembre 2023 lors d'une irruption dans sa maison de forces gouvernementales, il est constant qu'il n'a demandé l'asile ni à son arrivée en Italie, ni avant son placement en rétention administrative. Comme il l'indique lui-même dans sa demande d'asile du 1er mars 2025, il a estimé devoir attendre l'issue de la procédure judiciaire relative à son placement en rétention, le 28 février 2025, pour entreprendre cette démarche. Dans ces conditions, le préfet du Nord a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, estimer que la demande d'asile déposée par M. B le 1er mars 2025 alors qu'il était en rétention, avait été présentée dans le seul but de faire échec à la mesure d'expulsion dont il fait l'objet et, par suite, décider de le maintenir en rétention le temps de l'examen de cette demande par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides, qui a au demeurant rejeté sa demande par décision du 4 mars 2025. Par suite, le moyen tiré de la violation de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. B dirigées contre l'arrêté du 2 mars 2025 portant maintien en rétention ne peuvent qu'être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au préfet du Nord.
Prononcé en audience publique le 19 mars 2025.
Le magistrat désigné,
Signé
J.M. RiouLa greffière,
Signé
C. Toneguzzo
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026