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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2505936

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2505936

jeudi 24 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2505936
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET CENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a été saisi par M. A d’un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral du 24 juin 2025 refusant son admission au séjour au titre de l’asile et le maintenant en rétention. En cours d’instance, l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a accordé le statut de réfugié à M. A le 3 juillet 2025, entraînant sa libération du centre de rétention. Le tribunal a constaté que les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction étaient devenues sans objet, en application des articles L. 754-7 et R. 922-17 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Il a donc prononcé un non-lieu à statuer sur ces conclusions et rejeté le surplus des demandes, notamment celle relative aux frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés au greffe du tribunal le 24 juin et le 1er juillet 2025, M. B A demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 24 juin 2025 par lequel le préfet du Nord a refusé son admission au séjour au titre de l'asile et l'a maintenu en rétention à la suite d'une demande d'asile lors de sa rétention administrative ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer une attestation de demande d'asile ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à l'Assfam - groupe sos solidarités, conseil de M. A, de la somme de 2 000 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1.Aux termes de l'article R. 922-17 du code d'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le jugement est rendu, sans conclusions du rapporteur public, par le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne à cet effet. / Les attributions dévolues par les dispositions réglementaires du code de justice administrative à la formation de jugement ou à son président sont exercées par ce magistrat. / Il peut, par ordonnance : / () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur un recours ; () ".

2.Aux termes de l'article L. 754-4 du même code : " L'étranger peut, selon la procédure prévue à l'article L. 921-2, demander l'annulation de la décision de maintien en rétention prévue à l'article L. 754-3 afin de contester les motifs retenus par l'autorité administrative pour estimer que sa demande d'asile a été présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement. () ". Aux termes de l'article L. 921-2 du même code : " Lorsqu'une disposition du présent code prévoit qu'une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la décision. () ". Enfin, aux termes de l'article L. 754-7 du code : " Il est mis fin à la rétention si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides considère qu'il ne peut examiner la demande selon la procédure accélérée mentionnée à l'article L. 754-6 ou s'il reconnaît à l'étranger la qualité de réfugié ou lui accorde le bénéfice de la protection subsidiaire. "

3.Par un arrêté du 24 juin 2025, le préfet du Nord a refusé à M. A son admission au séjour au titre de l'asile et l'a maintenu en rétention à la suite d'une demande d'asile lors de sa rétention administrative. Par une décision du 3 juillet 2025, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides lui a accordé le statut de réfugié, de sorte que sa demande d'attestation de demande d'asile est désormais privée d'objet. Par ailleurs, en vertu des dispositions des articles L. 754-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, M. A a été libéré du centre de rétention. Dès lors, les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet du Nord et au prononcé d'une injonction sont devenues sans objet. Il n'y a, par suite, plus lieu d'y statuer.

4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête de M. A.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet du Nord.

Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur.

Fait à Lille, le 24 juillet 2025.

Le premier vice-président,

Signé :

J-M. Riou

La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière

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