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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2602334

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2602334

vendredi 20 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2602334
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantPHILIPPON

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille, statuant par ordonnance, se prononce sur la compétence territoriale dans un litige relatif à un arrêté préfectoral d'éloignement. Le magistrat délégué constate que l'étranger, initialement placé en rétention administrative, n'est plus en rétention au moment de l'examen. Il applique les articles R. 922-1 et R. 922-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que l'article R. 312-8 du code de justice administrative. En conséquence, il estime que le tribunal administratif compétent n'est plus celui du lieu de rétention et transmet le dossier au tribunal administratif dans le ressort duquel se trouve le lieu de résidence de l'intéressé.

Texte intégral

Le magistrat délégué,Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée 23 janvier 2026 au tribunal administratif de Nantes et transmise au tribunal administratif de Lille le 6 mars 2026, M. B... C..., représenté par Me Philippon, demande au tribunal :

1°) d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 25 novembre 2025 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d’éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de six mois ;

2°) d’enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 25 euros par jour de retard et, subsidiairement, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai sous mêmes conditions de délai et d’astreinte et de délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en cas de défaut d’admission au bénéfice de l’aide juridictionnelle, à lui verser directement en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le président du tribunal a donné délégation à M. A..., premier vice-président, pour transmettre les affaires à la juridiction administrative compétente, autre que le Conseil d’Etat, en application de l’article R. 351-3 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.



Considérant ce qui suit :

D’une part, aux termes de l’article R. 351-3 du code de justice administrative : « Lorsqu'une cour administrative d'appel ou un tribunal administratif est saisi de conclusions qu'il estime relever de la compétence d'une juridiction administrative autre que le Conseil d'Etat, son président, ou le magistrat qu'il délègue, transmet sans délai le dossier à la juridiction qu'il estime compétente (…) ».

D’autre part, aux termes de l’article R. 922-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « En application de l'article R. 312-1 du code de justice administrative et sous réserve des exceptions prévues par la présente section [tribunal administratif territorialement compétent, section 1 du chapitre II Règles de procédure du titre II Procédures à juge unique], le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel l'autorité qui a pris la ou les décisions attaquées a son siège. ». Aux termes de l’article R. 922-4 du même code : « Lorsque l'étranger est assigné à résidence en application de l'article L. 731-1, placé ou maintenu en rétention administrative ou détenu au moment de l'introduction de sa requête, le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel est situé le lieu d'assignation, de rétention ou de détention. (…) ».

Enfin, aux termes de l’article R. 312-8 du code de justice administrative : « Les litiges relatifs aux décisions individuelles prises à l'encontre de personnes par les autorités administratives dans l'exercice de leurs pouvoirs de police relèvent de la compétence du tribunal administratif du lieu de résidence des personnes faisant l'objet des décisions attaquées à la date desdites décisions ». Enfin, aux termes de l’article R. 221-3 du code de justice administrative : « Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit (…) Nantes : Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Mayenne, Sarthe, Vendée ; (…) ».

D’une part, lorsque l’étranger est placé en rétention par l’autorité administrative, il résulte de l’article R. 922-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile que, par dérogation à l’article R. 922-1 cité au point précédent, le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel se situe le lieu de rétention.

D’autre part, il résulte des articles L. 921-2 et L. 921-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile que le législateur a entendu organiser une procédure particulière afin que le juge administratif statue rapidement sur la légalité des mesures relatives à l’éloignement d’un étranger placé en rétention administrative. Lorsqu’il est mis fin, pour quelque raison que ce soit, à la rétention, le jugement des conclusions dont l’étranger avait saisi le tribunal dans le ressort duquel est situé le lieu de rétention ne relève plus de cette procédure à juge unique. Dans un souci de bonne administration de la justice, le président de ce tribunal ou le magistrat désigné peut transmettre par ordonnance le dossier au tribunal dans le ressort duquel se trouve le lieu de résidence de l’étranger, notamment lorsque celui-ci dispose d’un domicile stable.

Par un arrêté du 25 novembre 2025, le préfet de la Loire-Atlantique a obligé M. C..., ressortissant géorgien né le 22 septembre 1988, à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d’éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de six mois. M. C... a été placé en rétention administrative au local de rétention administrative de Beauvais le 3 mars 2026, avant d’être transféré le 5 mars 2026 au centre de rétention administrative de Coquelles. Par une ordonnance du 10 mars 2026, la cour d’appel de Douai a infirmé l’ordonnance du 8 mars 2026 par laquelle le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer a prolongé le maintien en rétention. Il ressort des pièces du dossier, notamment de ses propres écritures, que M. C..., déclare résider dans la commune de Savenay, dans le département de la Loire-Atlantique, constituant un domicile stable. Par suite, dans l’intérêt d’une bonne administration de la justice, il y a lieu de tenir compte de l’adresse de domiciliation de l’intéressé et de transmettre le dossier de la requête au tribunal administratif de Nantes.


ORDONNE :


Article 1er : Le dossier de la requête visée ci-dessus de M. C... est transmis au tribunal administratif de Nantes.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... C..., au préfet de la Loire-Atlantique et au président du tribunal administratif de Nantes.

Copie en sera adressée pour information au ministre de l’intérieur.

Fait à Lille, le 20 mars 2026.

Le premier vice-président,



Signé :

J-M. A...



Pour expédition conforme,
La greffière,



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