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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2603062

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2603062

mercredi 1 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2603062
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantASSFAM – GROUPE SOS SOLIDARITÉS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille, statuant par ordonnance, a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral fixant un pays d'éloignement. Le magistrat a constaté que l'intéressé, initialement placé en rétention à Lille, avait été libéré et résidait à Amiens. En application des articles R. 351-3 du code de justice administrative et R. 922-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, il a ordonné la transmission du dossier au tribunal administratif d'Amiens, compétent en raison du lieu de résidence stable du requérant.

Texte intégral

Le magistrat délégué,Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 mars 2026, M. B... C..., demande au tribunal :

1°) d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 23 mars 2026 par lequel le préfet de la Somme a fixé le pays de destination de la mesure d’éloignement ;

2°) d’enjoindre au préfet de la Somme de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d’un mois ;

3°) de procéder à l’effacement de son inscription sur le fichier Système d’information Schengen et de son inscription sur le fichier des personnes recherchées ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre des dispositions de l’article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991.

Le président du tribunal a donné délégation à M. A..., premier vice-président, pour transmettre les affaires à la juridiction administrative compétente, autre que le Conseil d’Etat, en application de l’article R. 351-3 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

D’une part, aux termes de l’article R. 351-3 du code de justice administrative : « Lorsqu'une cour administrative d'appel ou un tribunal administratif est saisi de conclusions qu'il estime relever de la compétence d'une juridiction administrative autre que le Conseil d'Etat, son président, ou le magistrat qu'il délègue, transmet sans délai le dossier à la juridiction qu'il estime compétente (…) ».

D’autre part, aux termes de l’article R. 922-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « En application de l'article R. 312-1 du code de justice administrative et sous réserve des exceptions prévues par la présente section [tribunal administratif territorialement compétent, section 1 du chapitre II Règles de procédure du titre II Procédures à juge unique], le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel l'autorité qui a pris la ou les décisions attaquées a son siège. ». Aux termes de l’article R. 922-4 du même code : « Lorsque l'étranger est assigné à résidence en application de l'article L. 731-1, placé ou maintenu en rétention administrative ou détenu au moment de l'introduction de sa requête, le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel est situé le lieu d'assignation, de rétention ou de détention. (…) ».

Enfin, aux termes de l’article R. 312-8 du code de justice administrative : « Les litiges relatifs aux décisions individuelles prises à l'encontre de personnes par les autorités administratives dans l'exercice de leurs pouvoirs de police relèvent de la compétence du tribunal administratif du lieu de résidence des personnes faisant l'objet des décisions attaquées à la date desdites décisions ». Enfin, aux termes de l’article R. 221-3 du code de justice administrative : « Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : Amiens : Aisne, Oise, Somme ; (…) ».

D’une part, lorsque l’étranger est placé en rétention par l’autorité administrative, il résulte de l’article R. 922-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile que, par dérogation à l’article R. 922-1 cité au point précédent, le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel se situe le lieu de rétention.

D’autre part, il résulte des articles L. 921-2 et L. 921-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile que le législateur a entendu organiser une procédure particulière afin que le juge administratif statue rapidement sur la légalité des mesures relatives à l’éloignement d’un étranger placé en rétention administrative. Lorsqu’il est mis fin, pour quelque raison que ce soit, à la rétention, le jugement des conclusions dont l’étranger avait saisi le tribunal dans le ressort duquel est situé le lieu de rétention ne relève plus de cette procédure à juge unique. Dans un souci de bonne administration de la justice, le président de ce tribunal ou le magistrat désigné peut transmettre par ordonnance le dossier au tribunal dans le ressort duquel se trouve le lieu de résidence de l’étranger, notamment lorsque celui-ci dispose d’un domicile stable.

Par un arrêté du 23 mars 2026, le préfet de la Somme a décidé de fixer le pays de destination de la mesure d’éloignement de M. C..., ressortissant syrien né le 16 juin 2006. Par un arrêté du 20 mars 2026, le préfet de la Somme a ordonné son placement en rétention administrative. Par une ordonnance du 24 mars 2026, le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Lille n’a pas accordé la demande de prolongation du maintien en rétention administrative. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du procès-verbal d’audition, que M. C... a déclaré disposer d’une adresse à Amiens, dans le département de la Somme. Par suite, dans l’intérêt d’une bonne administration de la justice, il y a lieu de transmettre le dossier de la requête au tribunal administratif d’Amiens.


ORDONNE :


Article 1er : Le dossier de la requête visée ci-dessus de M. C... est transmis au tribunal administratif d’Amiens.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... C..., au préfet de la Somme et au président du tribunal administratif d’Amiens.

Copie en sera adressée pour information au ministre de l’intérieur.

Fait à Lille, le 1er avril 2026.

Le premier vice-président,



Signé :

J-M. A...



Pour expédition conforme,
La greffière,



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