LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-1901998

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-1901998

mardi 4 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-1901998
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationChambre 1
Avocat requérantAMELA-PELLOQUIN

Texte intégral

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. G,

- les conclusions de M. Jurie, rapporteur public,

- et les observations de Me Amela-Pelloquin, représentant M. A et Mme D, les observations de Me Maisonneuve représentant la SCI Ravanusa et MM. E et les observations de Me Martins da Silva représentant la commune des Martres-de-Veyre.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A et Mme H D ont acquis, le 14 octobre 2016, une maison d'habitation sur la parcelle cadastrée section AH n° 623 sur le territoire de la commune des Martres-de-Veyre. Ils demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 19 mars 2019 par lequel le maire de la commune des Martres-de-Veyre ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux présentée par la SCI Ravanusa pour le changement d'une ouverture sur un immeuble cadastré section AH n° 624 sous réserve, ainsi que le dispose son article 2, que " Le projet devra comporter un châssis fixe avec PVC blanc ou verre opaque ". Ils demandent également l'annulation de la décision du 8 août 2019 par laquelle le maire des Martres-de-Veyre a rejeté leur recours gracieux dirigé contre l'arrêté du 19 mars 2019.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne les moyens nouveaux :

2. Aux termes de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme : " Par dérogation à l'article R. 611-7-1 du code de justice administrative, et sans préjudice de l'article R. 613-1 du même code, lorsque la juridiction est saisie d'une requête relative à une décision d'occupation ou d'utilisation du sol régie par le présent code, () les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense. Cette communication s'effectue dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article R. 611-3 du code de justice administrative. () ". D'autre part, l'article R. 611-8-6 du code de justice administrative dispose : " Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai () ".

3. Il résulte de ces dispositions qu'un moyen nouveau présenté après l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense est, en principe, irrecevable. Lorsqu'est produit un mémoire comportant un tel moyen, le président de la formation de jugement ou le président de la chambre chargée de l'instruction doit informer les parties de son irrecevabilité, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, sauf s'il décide de fixer une nouvelle date de cristallisation des moyens, postérieure à la production du mémoire en cause. Il est toujours loisible au président de la formation de jugement de fixer une nouvelle date de cristallisation des moyens s'il estime que les circonstances de l'affaire le justifient. Il doit y procéder dans le cas particulier où le moyen est fondé sur une circonstance de fait ou un élément de droit dont la partie concernée n'était pas en mesure de faire état avant l'expiration du délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense et est susceptible d'exercer une influence sur le jugement de l'affaire.

4. Les moyens tirés de l'insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué, de l'exception d'illégalité de l'arrêté du 13 décembre 2018 et du " défaut de loyauté procédurale " ont été soulevés par M. A et Mme D dans leurs mémoires en réplique enregistrés au greffe du tribunal le 9 février 2021 et le 5 avril 2021, soit postérieurement au délai de deux mois courant à compter de la notification du premier mémoire en défense, mis à leur disposition sur l'application Télérecours le 13 février 2020 et dont ils ont, au surplus, accusé réception le 24février suivant. La communication de ce mémoire, qui faisait en particulier état de l'existence de l'arrêté du maire des Martres-de-Veyre du 13 décembre 2018, a mis les requérants en mesure de soulever l'ensemble de ces moyens avant l'expiration du délai de deux mois à compter de la communication de ce premier mémoire en défense. Par suite, ces moyens sont irrecevables et doivent être écartés.

En ce qui concerne le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte :

5. L'arrêté attaqué est signé pour le maire des Martres-de-Veyre par M. Didier Crespy, conseiller municipal délégué, qui bénéficiait, en vertu d'un arrêté du 11 avril 2014 du maire des Martres-de-Veyre, d'une délégation de signature dans le domaine de l'urbanisme en cas d'absence ou d'empêchement d'un adjoint. Il n'est pas établi, ni même allégué qu'un adjoint au maire des Martres-de-Veyre n'aurait pas été absent ou empêché à la date de la signature de l'arrêté contesté. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué a été obtenu par fraude :

6. La fraude suppose, pour pouvoir être caractérisée, que le pétitionnaire ait procédé à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet.

7. Il ressort des pièces du dossier que la SCI Ravanusa a déposé, le 26 septembre 2018, un dossier de déclaration préalable en vue de la réalisation de travaux portant création, sur la façade nord de son immeuble situé sur la parcelle AH 644 en face du jardin privatif des requérants, d'une fenêtre en PVC. Le dossier mentionne clairement la volonté du pétitionnaire de créer une ouverture au rez-de-chaussée de cette façade, qui se fera sur le " pont public qui sépare les parcelles 624 et 623 ". Etaient jointes à ce dossier des photographies de l'immeuble type " pigeonnier " accolé à cette façade avec les mentions manuscrites renseignant précisément de l'intention d'implanter une fenêtre de 900 centimètres de largeur et de 1650 centimètres de hauteur sous la toiture existante de ce bâtiment, qualifié de " cabane implantée sur le secteur public à démolir ". Par un arrêté du 13 décembre 2018, le maire des Martres-de-Vayre ne s'est pas opposé à cette déclaration préalable de travaux mais l'a assorti de prescription en imposant que l'ouverture soit réalisée en pavés de verre. Il ressort également des pièces du dossier que la mairie des Martres-de-Veyre a réceptionné un nouveau dossier de déclaration préalable de travaux le 18 février 2019 aux termes duquel la SCI Ravanusa, faisant suite à la déclaration préalable de travaux précédente, exprime aux termes d'un courrier ayant pour objet " modificatif ", son souhait de remplacer le pavé de verre prescrit par un châssis fixe en PVC blanc et verre translucide. Dans les circonstances de l'espèce, l'arrêté du 19 mars 2019 dont M. A et Mme D demandent l'annulation, doit être regardé comme ne s'opposant pas, sous réserve de prescriptions, à une déclaration préalable de travaux modificative. Si, ainsi que le font valoir les requérants, ce dernier dossier ne mentionne pas l'existence du pigeonnier dont ils sont propriétaires, en particulier le croquis produit par le pétitionnaire, il ne ressort pas des pièces du dossier, en particulier en raison des documents photographiques produits au soutien de la déclaration initiale de travaux, que la SCI Ravanusa aurait procédé, en l'espèce, à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué a été obtenu par fraude ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation et l'atteinte au droit de propriété :

8. Une autorisation d'urbanisme a pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'elle autorise avec la législation et la réglementation d'urbanisme et est accordée sous réserve des droits des tiers.

9. Les requérants font valoir que l'arrêté attaqué est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que le bâtiment accolé à la façade nord de l'immeuble de la SCI Ravanusa leur appartient et qu'en conséquence, il autorise des travaux de construction d'une fenêtre s'ouvrant à l'intérieur de leur propriété privée. Ils soutiennent également que l'interdiction de poser une fenêtre avec ouverture dans la propriété d'un voisin résulte nécessairement des règles non écrites du plan local d'urbanisme de la commune des Martres-de-Veyres. Toutefois, la règle implicite invoquée par les requérants n'est pas une règle d'urbanisme, en particulier une disposition du règlement du plan local d'urbanisme de la commune des Martres-de-Veyre, mais concerne le droit des tiers sous réserve duquel l'autorisation d'urbanisme peut être délivrée. Par ailleurs, si les requérants établissent leur qualité de propriétaire du pigeonnier en produisant une attestation notariée faisant mention de ce bâtiment parmi les dépendances de leur propriété, la circonstance que ce bien serait, ou non, irrégulièrement implanté sur le domaine privé ou public de la commune, ou qu'il soit accessoire ou non au domaine public est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué, qui ne repose pas sur ces considérations. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ou porte atteinte à leur droit de propriété.

10. Il résulte de tout ce qui précède que M. A et Mme D ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 19 mars 2019 du maire des Martres-de-Veyres. Ils ne sont pas davantage fondés, par les mêmes moyens, à demander l'annulation de la décision du 8 août 2019 rejetant leur recours gracieux, dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation de ces décisions doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme :

11. Aux termes de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme : " Lorsque le droit de former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager est mis en œuvre dans des conditions qui traduisent un comportement abusif de la part du requérant et qui causent un préjudice au bénéficiaire du permis, celui-ci peut demander, par un mémoire distinct, au juge administratif saisi du recours de condamner l'auteur de celui-ci à lui allouer des dommages et intérêts. La demande peut être présentée pour la première fois en appel. "

12. La SCI Ravanusa et ses cogérants soutiennent que le recours de M. A et Mme D est abusif dès lors que ces derniers n'ont pas présenté de recours contentieux contre le premier arrêté du 13 décembre 2018 et que les ouvertures en litiges sont préexistantes et ont été bouchées par l'ancien propriétaire pour faciliter la vente des immeubles. Toutefois, les décisions litigieuses autorisent la création d'une fenêtre ouvrant sur le mur de fond de la dépendance que les requérants ont acquis en 2016 avec leur maison d'habitation, ce mur constituant également le mur de façade de l'immeuble de la SCI Ravanusa. Les requérants soutiennent en outre, sans être contestés, que la première déclaration de travaux portant sur ce mur, ayant fait l'objet d'une non opposition le 13 décembre 2018, n'a jamais fait l'objet d'un affichage et qu'ils n'en ont eu connaissance que dans le cadre de la présente instance. Il ne résulte ainsi pas de l'instruction que le recours de M. A et Mme D aurait été mis en œuvre dans des conditions traduisant un comportement abusif de leur part. Dans ces conditions, les conclusions indemnitaires présentées par la SCI Ravanusa et ses cogérants doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de M. A et Mme D, qui sont la partie perdante, tendant au remboursement des frais non compris dans les dépens qu'ils ont exposés. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge des requérants les sommes respectives de 800 euros à verser, d'une part, à la SCI Ravanusa et MM. E, d'autre part, à la commune des Martres-de-Veyre.

D E C I D E:

Article 1er: La requête de M. A et Mme D est rejetée.

Article 2 : M. A et Mme D verseront les sommes respectives de 800 euros à la SCI Ravanusa et MM. E d'une part, et à la commune des Martres-de-Veyre d'autre part.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, représentant unique des requérants en application des dispositions de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à M. F E, à M. C E, à la SCI Ravanusa et à la commune des Martres-de-Veyre.

Délibéré après l'audience du 20 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Courret, présidente,

M. Bordes, premier conseiller,

M. Panighel, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2022.

Le rapporteur,

L. G La présidente,

C. COURRET

La greffière,

N. BLANC

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions