mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-1902389 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | MASDEU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 2 décembre 2019 et le 28 février 2020, Mme E A, Mme F A épouse D et M. B A, représentés par Me Masdeu, demande au tribunal :
1°) d'annuler le certificat d'urbanisme défavorable délivré par le maire de Nonette-Orsonnette du 1er octobre 2019 ;
2°) d'enjoindre au maire de statuer à nouveau sur la demande, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, en application des articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative ;
3°) de condamner la commune au versement d'une somme de 20 000 euros en réparation du préjudice subi ;
4°) de mettre à la charge de la commune la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision n'est pas fondée dès lors que les terrains en cause sont situés en continuité de la partie urbanisée de la commune, laquelle s'est étendue depuis la caducité du POS, et qu'un certificat positif leur avait été accordé le 12 décembre 2017 ;
- la vente prévue du terrain n'ayant pu être conclue du fait de cette décision, ils ont subi un préjudice de retard de vente estimé à 20 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 janvier 2020, la commune de Nonette-Orsonnette, représentée par Me Soulier-Bonnefois, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants en application l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables faute de demande préalable ;
- les moyens ne sont pas fondés.
Le préfet du Puy-de-Dôme a été rendu destinataire de la procédure et n'a pas produit d'observations en défense.
Par une ordonnance du 20 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 23 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Jurie, rapporteur public,
- les observations de Me Masdeu, représentant les requérants, et celles de Me Soulier-Bonnefois, représentant la commune de Nonette-Orsonnette.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E A, Mme F A épouse D et M. B A sont propriétaires indivis de deux terrains cadastrés 255 section ZC 57 et 255 section ZC 58 dans la commune de Nonette-Orsonnette, pour lesquels ils bénéficiaient d'un certificat d'urbanisme opérationnel positif délivré le 12 décembre 2017. Par une demande enregistrée le 17 septembre 2019, ils ont sollicité un nouveau certificat pour la même opération de construction destinée à l'habitation. Par une décision du 1er octobre 2019, dont ils demandent l'annulation, le maire leur a délivré un certificat d'urbanisme négatif, devant être regardé comme délivré au nom de l'Etat, au motif que l'opération n'est pas réalisable en application des dispositions de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme. Les requérants demandent, en outre, de condamner la commune à leur verser une somme de 20 000 euros en dédommagement du préjudice qu'ils estiment avoir subi du fait de l'illégalité de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme : " En l'absence de plan local d'urbanisme, de tout document d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale, les constructions ne peuvent être autorisées que dans les parties urbanisées de la commune. ". Pour apprécier si un projet a pour effet d'étendre la partie actuellement urbanisée de la commune, il est tenu compte de sa proximité avec les constructions existantes situées dans les parties urbanisées de la commune ainsi que du nombre et de la densité des constructions projetées.
3. Il ressort des pièces du dossier que les deux parcelles en cause sont incluses à l'extrémité de terrains agricoles, dans une pointe formée par les routes de Parentignat et d'Orsonnette, à l'endroit où sont implantés les panneaux routiers d'entrée de ville. En vis-à-vis de la route de Parentignat D722, s'implante un ensemble de bâtiments constituant le Centre thérapeutique et de recherche de Nonette, ainsi qu'une douzaine de maisons dont un lotissement, tandis que d'autres maisons s'implantent également côté est de cette route et de la route d'Orsonnette. Si cet ensemble de constructions est distant d'environ deux cent mètres de la partie plus dense du centre ancien, il ressort des divers plans et photographies versés au dossier, notamment des cartes figurant sur le site Geoportail et de celles du SCOT, que ces deux parties de la ville forment un même tissu urbain s'étendant sur un continuum le long de la D722. Dès lors, et alors même que ces terrains étaient implantés dans l'ancienne zone NC agricole du POS, devenu caduc depuis le 27 mars 2017, ils doivent être regardés comme étant désormais situés en continuité de la zone urbanisée de la commune, de par leur situation d'enclave dans le tissu urbain étendu et en vis-à-vis des autres constructions du secteur. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que la décision est entachée d'erreur d'appréciation dans l'application de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme.
4. Aucun des autres moyens de la requête n'est susceptible, en l'état du dossier, d'entraîner l'annulation de la décision attaquée en application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme.
5. Il résulte de tout ce qui précède que Mmes A et M. A sont fondés à demander l'annulation du certificat d'urbanisme du 1er octobre 2019.
Sur les conclusions indemnitaires :
6. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ".
7. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, ainsi que dans les communes qui se sont dotées d'une carte communale après la date de publication de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové. ()/ b) Le préfet ou le maire au nom de l'Etat dans les autres communes. ". Aux termes de l'article L. 410-1 du même code : " Le certificat d'urbanisme est délivré dans les formes, conditions et délais déterminés par décret en Conseil d'Etat par l'autorité compétente mentionnée au a et au b de l'article L. 422-1 du présent code. ".
8. Il est constant que la commune de Nonnette-Orsonnette n'est dotée ni d'un plan local d'urbanisme, ni d'une carte communale, de sorte que les décisions d'urbanisme sont prises au nom de l'Etat. Si les requérants entendent mettre en cause la responsabilité de la commune du fait de l'illégalité du certificat d'urbanisme en litige, cette demande est, d'une part, mal dirigée, dès lors que cette décision n'engage que la responsabilité de l'Etat, et d'autre part, ils n'ont pas adressé de demande indemnitaire préalable en ce sens. Dès lors, de telles conclusions qui sont irrecevables ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique nécessairement que le maire délivre, au nom de l'Etat, le certificat d'urbanisme sollicité par Mmes A et M. A. Il y a dès lors lieu d'enjoindre au maire de prendre une décision en ce sens, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement. Il n'y a pas lieu, en l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font en tout état de cause obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge des requérants, qui ne sont pas la partie perdante dans le présent litige. Les conclusions de Mmes A et M. A tendant à l'application des mêmes dispositions ne peuvent qu'être rejetées dès lors que leur demande est dirigée contre la commune, et non l'Etat, au nom duquel la décision du maire doit être réputée avoir été prise.
D E C I D E :
Article 1er : Le certificat d'urbanisme négatif du 1er octobre 2019 délivré par le maire de Nonette-Orsonnette à Mmes A et M. A est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au maire de délivrer à Mmes A et M. A un certificat d'urbanisme positif pour le projet mentionné dans la demande, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête et les conclusions de la commune de Nonette-Orsonnette présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetés.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme E A, première dénommée pour l'ensemble des requérants en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à la commune de Nonette-Orsonnette et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée pour information au préfet du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Courret, présidente,
Mme Luyckx, première conseillère,
M. Panighel, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.
La rapporteure,
N. C
La présidente,
C. COURRET La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026