mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-1902430 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | JUDISCONSEIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 4 décembre 2019, le 9 janvier 2020, le 6 mai 2020, le 13 juin 2020 et le 24 novembre 2020, Mme F B E demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du conseil départemental de l'Ordre des médecins du Puy-de-Dôme du 30 octobre 2019 rejetant sa demande de poursuite disciplinaire à l'encontre du Dr G A C, médecin exerçant au centre hospitalier d'Issoire ;
2°) de condamner M. A C au paiement d'une indemnité de 100 000 euros en réparation du préjudice et pour " non-assistance à personne en danger " et " violation du secret professionnel " et à lui adresser une " lettre d'excuse " ;
3°) " d'accéder à un traitement à la Kétamine " ;
4°) d'ordonner au conseil de l'ordre de lui adresser " une lettre d'excuse pour avoir pris fait et cause pour le Dr A C ".
Elle soutient que :
- la décision du conseil départemental de l'Ordre des médecins n'est pas motivée et qu'il " favorise " M. A C ;
- elle souffre par la faute du Dr A C qui refuse de la soigner.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 avril 2020, le conseil départemental de l'Ordre des médecins du Puy-de-Dôme, représenté par la SELARL Judisconseil, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable, en raison de l'absence de conclusions recevables, de liaison du contentieux indemnitaire et de ministère d'avocat ;
- la requérante ne formule aucun moyen pour justifier la saisine de la chambre disciplinaire ; le moyen tiré du défaut de motivation est inopérant ; le conseil départemental n'a commis aucune faute.
Par une ordonnance du 22 décembre 2020, la clôture de l'instruction a été fixée au 25 février 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. Jurie, rapporteur public,
- et les observations de Me Leprêtre, représentant le conseil départemental de l'ordre des médecins du Puy-de-Dôme.
Considérant ce qui suit :
1. Par lettre du 1er juillet 2019, Mme B E a saisi le président du conseil départemental de l'Ordre des médecins du Puy-de-Dôme du litige qui l'oppose au Dr A C, médecin praticien exerçant au centre hospitalier Paul Ardier d'Issoire, auquel elle reprochait de refuser de la reprendre en charge pour le traitement de ses douleurs liées à une fibromyalgie par des injections de Kétamine. Par lettre du 30 octobre 2019, le président du conseil départemental lui a notifié la décision du conseil lors de sa séance du 29 octobre 2019 refusant de saisir la chambre disciplinaire de première instance. Par la requête susvisée, la requérante demande l'annulation de cette décision, ainsi que la condamnation du Dr A C à lui verser la somme de 100 000 euros.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 30 octobre 2019 :
2. Aux termes de l'article L. 4123-2 du code de la santé publique : " Lorsqu'une plainte est portée devant le conseil départemental, son président en accuse réception à l'auteur, en informe le médecin () mis en cause et les convoque dans un délai d'un mois à compter de la date d'enregistrement de la plainte en vue d'une conciliation. En cas d'échec de celle-ci, il transmet la plainte à la chambre disciplinaire de première instance avec l'avis motivé du conseil dans un délai de trois mois à compter de la date d'enregistrement de la plainte, en s'y associant le cas échéant. / () / En cas de carence du conseil départemental, l'auteur de la plainte peut demander au président du conseil national de saisir la chambre disciplinaire de première instance compétente. Le président du conseil national transmet la plainte dans le délai d'un mois ". Par dérogation à ces dispositions, l'article L. 4124-2 du même code prévoit, s'agissant des " médecins () chargés d'un service public et inscrits au tableau de l'ordre ", qu'ils " ne peuvent être traduits devant la chambre disciplinaire de première instance, à l'occasion des actes de leur fonction publique, que par le ministre chargé de la santé, le représentant de l'Etat dans le département, le directeur général de l'agence régionale de santé, le procureur de la République, le conseil national ou le conseil départemental au tableau duquel le praticien est inscrit () ". Les personnes et autorités publiques mentionnées à cet article ont seules le pouvoir de traduire un médecin chargé d'un service public devant la juridiction disciplinaire à raison d'actes commis dans l'exercice de cette fonction publique. En particulier, un conseil départemental de l'Ordre des médecins exerce, en la matière, une compétence propre et les décisions par lesquelles il décide de ne pas déférer un médecin devant la juridiction disciplinaire peuvent faire directement l'objet d'un recours pour excès de pouvoir devant la juridiction administrative.
3. Par ailleurs, si, aux termes de l'article R. 4127-112 du même code : " Toutes les décisions prises par l'ordre des médecins en application du présent code de déontologie doivent être motivées ", les décisions visées par ces dispositions sont les décisions d'ordre administratif prises par les instances ordinales en application du code de déontologie des médecins, lesquelles ne comprennent pas les décisions que ces instances peuvent prendre en matière disciplinaire, comme celles qui sont mentionnées aux articles L. 4124-2 et L. 4123-2 du code de la santé publique, cités aux points précédents.
4. Il ne résulte ainsi d'aucune disposition que le plaignant doive être informé par écrit des motifs de la décision par laquelle le conseil départemental de l'Ordre des médecins refuse de transmettre une plainte à la chambre disciplinaire. Par suite, la requérante ne peut utilement soutenir que la décision attaquée n'est pas motivée pour en demander l'annulation.
5. Mme B E n'avance aucun élément précis de nature à établir que la décision du conseil départemental de l'Ordre des médecins serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation au sujet de sa plainte contre le Dr A C, ni que ce conseil n'aurait pas respecté le principe d'impartialité.
6. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, les conclusions de Mme B E tendant à l'annulation de la décision en litige doivent être rejetées, de même que, en tout état de cause, l'ensemble de ses conclusions aux fins d'injonction.
Sur les conclusions indemnitaires :
7. Les faits reprochés par la requérante à l'encontre du Dr A C ne sont pas manifestement détachables des actes de la fonction publique hospitalière. Or, comme le fait valoir le défendeur, elle n'a formé aucune demande préalable indemnitaire à l'encontre du centre hospitalier d'Issoire duquel relève ce praticien. D'autre part, en se bornant à reprocher à ce médecin d'être responsable d'une non-assistance à personne en danger, faits relevant à l'inverse du juge pénal, d'une violation des règles déontologiques, et plus généralement de ne pas donner suite à ses demandes de reprise en charge, elle n'établit l'existence d'aucune faute de nature à engager la responsabilité administrative de l'établissement hospitalier et en lien direct avec le préjudice allégué lié à son état de santé.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires dirigées contre le Dr A C doivent, en tout état de cause, être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme B E une somme au profit du conseil départemental de l'Ordre des médecins du Puy-de-Dôme en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B E est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du conseil départemental de l'Ordre des médecins du Puy-de-Dôme présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme F B E, au conseil départemental de l'Ordre des médecins du Puy-de-Dôme et à M. G A C.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Courret, présidente,
Mme Luyckx, première conseillère,
M. Panighel, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.
La rapporteure,
N. D
La présidente,
C. COURRET La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026