jeudi 6 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2000524 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | SCP COLLET DE ROCQUIGNY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 mars 2020, Mme D C, représentée par la société d'avocats Collet Roquigny Chantelot Brodiez Gourdou et associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 octobre 2019 par laquelle le directeur du centre hospitalier universitaire (CHU) de Clermont-Ferrand l'a temporairement suspendue de ses fonctions, ensemble la décision du 14 février 2020 par laquelle cette même autorité a rejeté son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire (CHU) de Clermont-Ferrand la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision en litige est entachée d'un détournement de pouvoir, dès lors qu'il était entendu dès l'origine de la procédure que l'objectif de sa hiérarchie était de la sanctionner, alors qu'elle était la victime et que c'est au conseil de discipline qu'il appartenait de se prononcer sur une éventuelle sanction ;
- elle procède d'une erreur d'appréciation des faits, dès lors que la faute qui lui est reprochée n'est ni avérée ni suffisamment grave pour justifier la mesure prise à son encontre ; les déclarations de ses collègues qui ont servi de fondement à la mesure sont incohérentes.
Par un courrier du 21 juin 2021, le centre hospitalier universitaire (CHU) de Clermont-Ferrand a été mis en demeure de produire ses observations en défense dans un délai de trente jours, en application de l'article R. 612-3 du code de justice administrative.
Par une ordonnance du 20 janvier 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 21 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Trimouille ;
- les conclusions de Mme B ;
- et les observations de Me Martinez, avocate de Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D C, infirmière au CHU de Clermont-Ferrand affectée au sein de l'EHPAD Mège Nord depuis 2019, a fait l'objet, le 21 octobre 2019, d'une mesure de suspension de fonctions. Par un courrier du 14 février 2020, le directeur du CHU a rejeté le recours gracieux qu'elle avait formé à l'encontre de cette décision, dont elle demande, par la présente requête, l'annulation.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 25 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires alors applicable : " Le fonctionnaire exerce ses fonctions avec dignité, impartialité, intégrité et probité () Le fonctionnaire traite de façon égale toutes les personnes et respecte () leur dignité () ".
3. Aux termes de l'article 30 de la même loi : " En cas de faute grave commise par un fonctionnaire, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, l'auteur de cette faute peut être suspendu par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai, le conseil de discipline. Le fonctionnaire suspendu conserve son traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement et les prestations familiales obligatoires. Sa situation doit être définitivement réglée dans le délai de quatre mois. () ". Une décision de suspension des fonctions prise à l'encontre d'un fonctionnaire est une mesure conservatoire prise dans l'intérêt du service. Elle ne peut être prononcée que lorsque les faits imputables à l'intéressé présentent un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité et que l'éloignement de l'intéressé se justifie au regard de l'intérêt du service. Saisi d'un recours contre une telle mesure, il appartient au juge de l'excès de pouvoir de statuer au vu des informations dont disposait effectivement l'autorité administrative au jour de sa décision.
4. Il ressort des pièces du dossier que, le 8 octobre 2019, Mme C a eu une altercation sur son lieu de travail avec Mme A, aide-soignante. Si la requérante déclare, dans sa fiche d'événement indésirable et dans la plainte qu'elle a déposée le lendemain, avoir été victime d'insultes et d'un coup au visage de la part de Mme A, il ressort des pièces de l'enquête administrative, produites par la requérante elle-même, en particulier du rapport rédigé par ses supérieures hiérarchiques le 9 octobre 2019 que, le 8 octobre, Mme C a poussé la première Mme A et l'a insultée. Mme C a déclaré ne pas se souvenir des paroles qu'elle aurait proférées, et refuser une médiation avec Mme A, pourtant acceptée par celle-ci. Il ressort des mêmes pièces, ainsi que des témoignages concordants produits par trois de ses collègues le 11 octobre 2019 que la requérante ne conteste pas sérieusement, que Mme C adopte régulièrement un comportement inapproprié à l'égard de certaines de ses collègues de travail, qui s'apparenteraient, selon les déclarations de l'une d'entre elles, à du harcèlement, de sorte que, selon les termes d'une autre, " toute l'équipe [serait] en souffrance ". Enfin, il ressort des termes de la décision du 14 février 2020, que Mme C ne conteste pas non plus, qu'elle adopterait également une " communication inappropriée à l'égard de résidents. " Dès lors, Mme C n'est pas fondée à soutenir que le directeur du CHU de Clermont-Ferrand, en l'état des informations dont il disposait effectivement au jour de sa décision, n'était pas fondé à la suspendre de ses fonctions par sa décision du 21 octobre 2019.
5. En second lieu, si Mme C soutient que la décision en litige serait constitutive d'un détournement de pouvoir, ce moyen n'est pas assorti des précisions suffisantes pour permettre d'en apprécier le bien-fondé. A supposer que la requérante ait entendu faire valoir que le directeur du CHU avait pour intention de s'affranchir de l'avis du conseil de discipline avant de la sanctionner, cette allégation n'est établie par aucune des pièces du dossier, alors même qu'il ressort de la requête elle-même que celle-ci a été convoquée devant cette instance.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C et au centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand.
Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bader-Koza, présidente,
Mme Trimouille, première conseillère,
M. Debrion, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 avril 2023.
La rapporteure,
C. TRIMOUILLE
La présidente,
S. BADER-KOZA
Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026