jeudi 24 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2000713 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | AMELA-PELLOQUIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 avril 2020, Mme C B, représentée par Me Amela-Pelloquin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 octobre 2019 du recteur de l'académie de Clermont-Ferrand portant refus de changement de discipline, obligation de formation et d'accompagnement, ensemble la décision implicite de rejet du recours hiérarchique du 18 février 2020 ;
2°) de condamner l'Etat à lui régler la somme de 8500 euros en réparation du préjudice subi du fait des fautes commises ;
3°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Clermont-Ferrand de la rétablir dans une obligation de service de 18 heures et de la dispenser de toute obligation de formation ou d'accompagnement, le tout dans le mois suivant la date du jugement sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que cette décision est entachée de détournement de procédure, d'erreur de droit et d'incompétence. La faute commise a entraîné un préjudice pour promesse non tenue et renseignements erronés, troubles dans les conditions d'existence, préjudice moral, pertes de chance d'acquérir des revenus supérieurs, préjudice de carrière, chiffrables à 8500 euros.
En application de l'article R. 612-3 du code de justice administrative, une mise en demeure a été adressée au recteur de l'académie de Clermont-Ferrand d'avoir à produire ses observations en défense à peine d'acquiescement aux faits, le 30 septembre 2021.
La clôture de l'instruction a été fixée au 6 décembre 2021.
Des observations ont été produites par le recteur de l'académie de Clermont-Ferrand le 9 novembre 2022, après clôture de l'instruction.
Vu, l'ordonnance n° 2000841 du 15 juin 2020 du juge des référés ;
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Luyckx, rapporteure publique,
- et les observations de Me Amella-Pelloquin, avocate de Mme B.
Une note en délibéré, présentée pour Mme B, a été enregistrée le 21 novembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Les pièces du dossier font apparaître que Mme B est enseignante. Elle a enseigné ès-qualités de professeur de lycée professionnel dans la discipline " mathématiques sciences physiques " jusqu'en 1993. Lauréate du concours de PLP2 " génie électronique ", elle a enseigné cette discipline, en dernier lieu, au cours de l'année scolaire 2018-2019, au lycée Camille Claudel, près duquel elle réside.
2. Au début de l'année 2018, elle entend négocier une solution lui permettant selon ses écritures de quitter ce lycée, où elle se prétend victime d'agissements " confinant au harcèlement moral ", et d'obtenir une affectation " pérenne " dans un autre établissement situé dans un " périmètre " compatible avec son état de santé et sa vie familiale. Un courrier du recteur daté du 7 mars 2018 lui annonce qu'elle sera affectée sur un besoin en mathématiques à temps plein, et cette affectation connue mi-juillet. Cette affectation sera pour une année de " reconversion " avant bilan. En cas d'avis favorable du corps d'inspection, elle pourra solliciter une intégration dans le corps des professeurs certifiés, " pour une participation au mouvement intra-académique 2019. ".
3. Toutefois, l'affectation prononcée en juillet 2018, au collège Saint Gervais d'Auvergne pour une année selon ses écritures " probatoire " ne convient pas à Mme B qui l'estime trop éloignée, et elle fait savoir qu'elle entend rester au Lycée Camille Claudel, ce que l'administration en définitive admet après lui avoir proposé une affectation à temps non complet aux célestins de Vichy.
4. Au cours de l'année 2019, la procédure de changement de discipline et/ou de corps lui est dévoilée progressivement, notamment par renvoi à la lecture d'instructions officielles. Le 14 février 2019, il lui est expressément expliqué qu'elle a entamé un processus de reconversion, et que l'intégration au corps des certifiés suppose notamment une position de détachement. Parallèlement, les contraintes en termes de formations lui sont exposées, retardant d'ailleurs une affectation pérenne. Il lui est annoncé la possibilité alternative d'une affectation à Riom, dans son " périmètre ", dans le corps des professeurs de lycée professionnel, pour un enseignement de la discipline " mathématiques- sciences physiques ".
5. Dans les faits, cette proposition est acceptée par Mme B, et un arrêté ministériel daté du 4 avril 2019 l'autorise à " changer de discipline ", et " en conséquence, l'intéressée est nommée professeur de lycée professionnel de mathématiques sciences et maintenue en cette nouvelle qualité dans l'académie de Clermont-Ferrand ".
6. Le présent litige vient de ce que Mme B se voit placée en décharge partielle de service pour suivre une formation, dissimulée, selon les termes d'une pièce qu'elle produit, par une " astuce administrative " sous le couvert d'une affectation en " zone de remplacement ", accompagnée par des tuteurs. Elle estime se retrouver dans une position de stagiaire incertaine de la pérennité de son affectation compte tenu d'une possible suppression de poste au lycée de Riom, et obligée à un processus de validation des acquis professionnels.
7. Ses nouvelles protestations attirent en date du 16 octobre 2019 une réponse du recteur de l'académie de Clermont-Ferrand, qui confirme les propos tenus en entretien avec les personnels administratifs et pédagogiques relatifs à la validation des acquis professionnels, et à l'accompagnement, et s'engage à prolonger encore un an sa décharge partielle de service.
8. Là-contre, Mme B entend d'une part obtenir l'annulation de cette " décision ", en tant à tout le moins qu'elle l'oblige à des formations et accompagnements, d'autre part la réparation de préjudices que cette situation lui aurait causés.
Sur l'annulation et l'injonction :
9. Il ressort de l'ordonnance du juge des référés susvisée que, par décision du 11 juin 2020, le recteur a pris acte du souhait de Mme B de ne pas bénéficier du dispositif, impliquant notamment des formations liées à l'adaptation à l'emploi et à l'évolution prévisible des métiers, et en a tiré les conséquences en annulant la décharge de cours, à hauteur de 9 heures, subséquentes à ce dispositif. Dans cette mesure, les conclusions de Mme B sont devenues sans objet.
10. En tout état de cause, et contrairement à ce que fait valoir Mme B, la décision du 16 octobre 2019 attaquée ne porte pas refus d'un changement de discipline, et elle n'est donc pas rendue, par incompétence, en méconnaissance de la décision du ministre du 4 avril 2019. Les moyens d'erreur de droit et d'erreur de procédure ne sont pas étayés par les références de textes qui auraient été méconnus, mais par une argumentation qui tend à mettre en évidence que l'administration s'est écartée au profit de l'intéressée de " la procédure habituellement suivie " pour permettre un changement de discipline. Mme B n'est alors pas recevable à demander l'annulation de mesures qui tendent à restaurer une légalité à laquelle le recteur dans son courrier admet qu'il a été " dérogé ", ce tribunal estimant que c'est au bénéfice de l'intéressée.
Sur l'action indemnitaire :
11. Il convient de rechercher si et dans quelle mesure les fautes éventuellement commises par l'administration ont occasionné un préjudice certain, né et actuel, en lien direct avec les fautes alléguées.
12. En l'espèce, la lecture du courrier du recteur daté du 7 mars 2018, analysé au point 2 ci-dessus, ne peut pas passer pour une promesse non tenue d'intégration dans le corps des certifiés, cette autorité ne parlant que de mettre en situation l'intéressée de prétendre à une intégration. La chronologie des échanges entre les agents de l'administration et Mme B ne fait pas davantage ressortir qu'il ne lui a pas été proposé de couvrir un " besoin en mathématiques " à temps complet pour l'année scolaire 2018-2019, mais révèle que, pour des raisons qui lui sont propres, Mme B n'a pas accepté cette proposition. Aucune trace dans les pièces du dossier ne révélant qu'un engagement de l'administration a été pris de l'affecter dans le " périmètre " de son choix, aucune faute n'a sur ce point été commise.
13. Le même examen des pièces remises par Mme B montre que l'intéressée n'a pas pris conscience de suite des différentes contraintes de changement de corps ou de changement de discipline. Elles lui sont exposées début 2019 et les instructions pertinentes lui sont indiquées. A supposer même que dès mars 2018 ne lui ait pas été présenté un tableau limpide et que l'intéressée n'a découvert que pas à pas les contraintes, il n'y a pas davantage trace de renseignements erronés de nature à l'induire en erreur. En somme, à aucun moment, et certainement pas le 7 mars 2018, il ne lui a été promis qu'elle pourrait être professeure certifiée de mathématique à la rentrée suivante et à titre définitif dans un établissement à moins de trente minutes de chez elle, comme l'essentiel de son argumentation relative au préjudice le laisse entendre.
14. En tout état de cause, l'intéressée, qui n'a en fait pas quitté son " périmètre ", n'établit aucun préjudice moral, aucun trouble dans les conditions d'existence, aucun préjudice de carrière, actuel, né et direct.
15. Les conclusions indemnitaires doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
16. Mme B ne l'emportant pas au procès qu'elle intente, elle n'est pas fondée à demander l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de la décision du 16 octobre 2019.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au recteur de l'académie de Clermont-Ferrand.
Copie en sera adressée, pour information, au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022 à laquelle siégeaient :
Mme Bader-Koza, présidente,
M. Coquet, président assesseur,
M. Debrion, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2022.
Le rapporteur,
F. A
La présidente,
S. BADER-KOZA Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026