jeudi 6 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2001568 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | FAURE-CROMARIAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 septembre 2020, M. A C, représenté par Me Faure Cromarias, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 avril 2020 par laquelle la préfète de l'Allier a refusé de lui délivrer une carte de résident ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Allier, à titre principal, de lui délivrer une carte de résident dans un délai de huit jours à compter du jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans le même délai et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1453 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 octobre 2020, la préfète de l'Allier conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 5 août 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 août 2022.
La demande d'aide juridictionnelle formée par M. C a été rejetée par une décision du 8 juillet 2020.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant arménien, est entré irrégulièrement en France en juin 2005. Débouté de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) le 25 septembre 2006 puis par la commission de recours des réfugiés (Crr) le 17 octobre 2006, il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 6 décembre 2007 qui a été annulée par le tribunal par un jugement du 10 avril 2008. Puis il a bénéficié, entre mai 2008 et décembre 2018, de titres de séjour en raison de son état de santé, puis, à compter de décembre 2018, d'une carte de séjour délivrée sur le fondement des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le 28 novembre 2019, M. C a sollicité auprès des services de la préfecture de l'Allier le renouvellement de sa carte de séjour ainsi que la délivrance d'une carte de résident. Par une décision du 27 avril 2020, la préfète de l'Allier a rejeté sa demande de carte de résident et l'a informé qu'elle allait lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle d'une durée de deux ans. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler la décision du 27 avril 2020 en tant qu'elle porte refus de délivrance d'une carte de résident.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 314-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Une carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " est délivrée de plein droit à l'étranger qui justifie : () 2° De ressources stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins. Ces ressources doivent atteindre un montant au moins égal au salaire minimum de croissance. Sont prises en compte toutes les ressources propres du demandeur, indépendamment des prestations familiales et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ainsi qu'aux articles L. 5423-1, L. 5423-2 et L. 5423-3 du code du travail. La condition prévue au présent 2° n'est pas applicable lorsque la personne qui demande la carte de résident est titulaire de l'allocation aux adultes handicapés mentionnée à l'article L. 821-1 du code de la sécurité sociale ou de l'allocation supplémentaire mentionnée à l'article L. 815-24 du même code ; () ". Aux termes de l'article R. 314-1-1 du même code : " L'étranger qui sollicite la délivrance de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " doit justifier qu'il remplit les conditions prévues aux articles L. 314-8, L. 314-8-1 ou L. 314-8-2 en présentant, outre les pièces mentionnées aux articles R. 311-2-2 et R. 314-1, les pièces suivantes : () 2° La justification qu'il dispose de ressources propres, stables et régulières, suffisant à son entretien, indépendamment des prestations et des allocations mentionnées au 2° de l'article L. 314-8, appréciées sur la période des cinq années précédant sa demande, par référence au montant du salaire minimum de croissance ; lorsque les ressources du demandeur ne sont pas suffisantes ou ne sont pas stables et régulières pour la période des cinq années précédant la demande, une décision favorable peut être prise, soit si le demandeur justifie être propriétaire de son logement ou en jouir à titre gratuit, soit en tenant compte de l'évolution favorable de sa situation quant à la stabilité et à la régularité de ses revenus, y compris après le dépôt de la demande. () / Les justificatifs prévus au 2° du présent article ne sont pas exigés de l'étranger titulaire de l'allocation aux adultes handicapés mentionnée à l'article L. 821-1 du code de la sécurité sociale ou de l'allocation supplémentaire mentionnée à l'article L. 815-24 du même code ". Il résulte de ces dispositions que lorsque le demandeur d'une carte de résident est titulaire de l'allocation aux adultes handicapés prévue à l'article L. 821-1 du code de la sécurité sociale, le préfet n'a pas à apprécier si cette personne bénéficie de ressources stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins.
3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 16 décembre 2019 notifiée le 17 décembre suivant, la maison départementale des personnes handicapées de l'Allier a retenu, pour M. C, un taux d'incapacité compris entre 50 et 79 % et lui a, en conséquence, indiqué qu'il pouvait prétendre à l'allocation aux adultes handicapés pour la période du 1er octobre 2019 au 30 septembre 2021 et que la caisse d'allocations familiales vérifierait si le montant et la nature de ses ressources lui permettent le versement de cette allocation. Il ressort également des pièces du dossier, et notamment d'une attestation de la caisse d'allocations familiales de l'Allier en date du 16 juin 2020, que M. C a effectivement perçu l'allocation aux adultes handicapés au cours de la période comprise entre janvier 2020 et mai 2020. Ainsi, à la date à laquelle la préfète a pris la décision litigieuse, date à laquelle s'apprécie la légalité de cette décision, M. C était titulaire de l'allocation aux adultes handicapés. Par suite, et bien que cette information n'ait regrettablement pas été portée à sa connaissance, la préfète de l'Allier ne pouvait, sans entacher sa décision d'erreur droit, rejeter la demande de carte de résident en se fondant sur la condition de ressources mentionnée au 2° de l'article L. 314-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. C est fondé à demander l'annulation de la décision du 27 avril 2020 en tant que la préfète de l'Allier a refusé de lui délivrer une carte de résident.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Le sens du présent jugement n'implique pas qu'il soit enjoint à l'autorité préfectorale de délivrer la carte de résident sollicitée dès lors, notamment, qu'il ne résulte pas de l'instruction que M. C serait, à la date de ce jugement, toujours titulaire de l'allocation aux adultes handicapés. Le sens du jugement implique en revanche qu'il soit enjoint à l'autorité administrative de réexaminer la demande de carte de résident présentée par M. C dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision juridictionnelle, sans qu'il soit nécessaire d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par le requérant sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 27 avril 2020 en tant que la préfète de l'Allier a refusé de délivrer à M. C une carte de résident est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Allier de procéder au réexamen de la demande de carte de résident de M. C dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la préfète de l'Allier.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Bader-Koza, présidente,
Mme Jaffré, première conseillère,
M. Debrion, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 2022.
Le rapporteur,
J-M. B
La présidente,
S. BADER-KOZA Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne à la préfète de l'Allier en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026