jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2001645 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | RACHID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 septembre 2020, M. C A, représenté par Me Rachid, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 juin 2020 par lequel la préfète de la zone de défense et de sécurité Sud Est l'a placé en disponibilité d'office pour raison de santé ;
2°) d'enjoindre au préfet, sous astreinte, d'ordonner sa réaffectation ainsi que sa mutation au sein d'un autre corps ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché de vices de forme ; en effet, sa motivation est insuffisante ; de plus, le nom, la qualité, le tampon du signataire n'apparaissent pas sur la décision en litige ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de fait ; en effet, il a été jugé apte à la reprise de ses fonctions par la médecine du travail ;
- l'arrêté attaqué emporte des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 décembre 2021, le préfet de la zone de défense et de sécurité Sud Est conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions à fin d'injonction sont irrecevables ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par un courrier du 4 octobre 2022, le tribunal a informé les parties, en application de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative que le jugement à intervenir paraît susceptible d'impliquer le prononcé d'office d'une injonction.
Par un mémoire, enregistré le 10 octobre 2022, le préfet de la zone de défense et de sécurité Sud Est a présenté ses observations en réponse à ce courrier.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 94-874 du 7 octobre 1994 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Nathalie Luyckx, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, gardien de la paix stagiaire, a été affecté au sein de la compagnie républicaine de sécurité n°48 à Chatel-Guyon depuis le 1er septembre 2014. Il a été placé en congé maladie ordinaire du 12 décembre 2017 au 6 décembre 2018. Il a été placé en disponibilité pour maladie à compter du 6 décembre 2018. Par arrêté du 9 juin 2020, la préfète déléguée pour la défense et la sécurité Sud Est l'a maintenu en disponibilité d'office pour raison de santé à compter du 6 juin 2020 pour une durée de trois mois. Le 5 août 2020, M. A a adressé à l'administration un recours gracieux contre cette décision. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. En premier lieu, les décisions plaçant d'office un fonctionnaire en disponibilité en raison de l'expiration de ses droits statutaires à congé de maladie ne relèvent d'aucune des catégories de décisions qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. M. A ne peut donc utilement soutenir que l'arrêté du 9 juin 2020 serait entaché d'un défaut de motivation.
3. En deuxième lieu, l'arrêté en litige du 9 juin 2020 porte la mention de la qualité, du nom et du prénom de son signataire ainsi que la mention " par délégation du préfet ". Par suite, le moyen tiré du vice de forme manque en fait et doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, dans sa rédaction applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. ". Aux termes de l'article 24 du décret n° 94-874 du 7 octobre 1994 fixant les dispositions communes applicables aux stagiaires de l'Etat et de ses établissements publics, dans sa rédaction applicable au litige : " Sauf dans le cas où il se trouve placé dans l'une des positions de congé que prévoient les articles 18, 19, 19 bis, 20, 21, 21 bis et 23 du présent décret, le fonctionnaire stagiaire a droit au congé de maladie, au congé de longue maladie et au congé de longue durée mentionnés à l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée, dans les conditions qui sont fixées par la législation et la réglementation applicables aux fonctionnaires titulaires en activité sous réserve des dispositions ci-après :/ 1° Dans le cas mentionné au deuxième alinéa du 2° de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée, la durée du congé ouvrant droit au bénéfice de cette disposition est limitée à cinq ans ; 2° Le fonctionnaire stagiaire qui est inapte à reprendre ses fonctions à l'expiration d'un congé pour raison de santé est placé en congé sans traitement pour une période maximale d'un an renouvelable deux fois./ La mise en congé et son renouvellement sont prononcés après avis du comité médical qui aurait été compétent par application du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, si l'intéressé avait la qualité de fonctionnaire titulaire ;/ 3° Lorsque, à l'expiration des droits à congé avec traitement ou d'une période de congé sans traitement accordés pour raison de santé, le fonctionnaire stagiaire est reconnu par la commission de réforme dans l'impossibilité définitive et absolue de reprendre ses fonctions, il est licencié ou, s'il a la qualité de fonctionnaire titulaire, remis à la disposition de son administration d'origine. "
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été placé en disponibilité d'office pour raisons médicales du 6 décembre 2018 au 5 juin 2020, à la suite de l'expiration de ses droits à congés de maladie. Par un avis daté du 8 juin 2020, le comité médical a estimé que l'état de santé de l'intéressé nécessitait son maintien en disponibilité pour une durée de trois mois. Pour contester cette appréciation, sur laquelle l'autorité administrative s'est fondée, le requérant produit deux certificats médicaux datés du 18 mai et 27 juillet 2020 établis par son psychiatre, attestant que l'intéressé est apte à reprendre ses fonctions sous réserve d'une affectation à une autre compagnie républicaine de sécurité, l'état de santé du requérant étant stabilisé et ne nécessitant plus de traitement médicamenteux depuis plusieurs mois. Toutefois, un certificat médical établi par le médecin de la police national le 19 juin 2020 concluait, au contraire, à l'inaptitude de l'intéressé dans son emploi. Ainsi, le requérant n'apporte pas la preuve qu'il était apte à reprendre ses fonctions dans son emploi. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision du 9 juin 2020 serait entaché d'une erreur d'appréciation.
6. En quatrième lieu, ainsi qu'il vient d'être dit, le requérant ne démontre pas que l'arrêté attaqué n'est pas justifié au regard de son état de santé. La circonstance que cette décision a des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur sa situation personnelle est sans incidence sur sa légalité.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 9 juin 2020. Par voie de conséquence, les conclusions présentées par le requérant à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais d'instance doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée pour information au préfet de la zone de défense et de sécurité Sud Est.
Délibéré après l'audience du 20 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Bader-Koza, présidente,
Mme Jaffré, première conseillère,
M. Debrion, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
La rapporteure,
M. B
La présidente,
S. BADER-KOZALe greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2001645
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026