jeudi 26 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2002026 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | CABINET CABANES - CABANES NEVEU ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 novembre 2020 et 24 décembre 2021, M. B D et Mme C D, représentés par Me Lambert, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 juin 2019 par lequel le maire de Montluçon a délivré à M. I E A un permis de construire pour la construction d'un préau de 49 m2 ainsi que l'arrêté du 20 décembre 2022 par lequel il a accordé à l'intéressé un permis de construire modificatif ainsi que la décision portant rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de tout succombant une somme de 2.000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête est recevable : elle n'est pas tardive et ils disposent d'un intérêt leur donnant qualité à agir ;
-les arrêtés ont été pris par une autorité incompétente en l'absence de délégation de signature ;
- les dispositions de l'article Ud 7 du règlement du plan local d'urbanisme ont été méconnues ;
- les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et de l'article Ud 11 du règlement du plan local d'urbanisme ont été méconnues ;
- les travaux effectivement réalisés ne correspondent pas aux travaux autorisés ;
- les dispositions de l'article Ud 13 du règlement du plan local d'urbanisme ont été méconnues.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mars 2021, la commune de Montluçon conclut au rejet de la requête à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable comme tardive et les requérants ne disposent pas d'un intérêt leur donnant qualité à agir ;
- les moyens soulevés par M. et Mme D ne sont pas fondés.
Par des mémoires enregistrés les 14 septembre 2021 et le 17 janvier 2022, M. E A, représenté par Me Arsac, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable comme tardive et les requérants ne disposent pas d'un intérêt leur donnant qualité à agir ;
- les moyens soulevés par M. et Mme D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bentéjac,
- les conclusions de Mme Luyckx, rapporteure publique.
- et les observations de Me Lambert représentant M. et Mme D, H, représentant la commune de Montluçon et de Me Guillaneuf, représentant M. E A.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 4 juin 2019, le maire de Montluçon a délivré à M. E A un permis de construire un préau d'une emprise au sol de 49 m² sur un terrain situé 12, rue des Gourinats à Montluçon. Par arrêté modificatif du 8 avril 2020, la surface de la construction a été portée à 54,50 m². M. et Mme D demandent l'annulation de ces deux arrêtés ainsi que de la décision rejetant leur recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, les arrêtés du 4 juin 2019 et du 8 avril 2020 ont été signés par M. G F, adjoint en charge notamment " des décisions relatives à l'occupation et à l'utilisation du sol régie par le code de l'urbanisme ", qui disposait, par arrêté du maire de Montluçon du 20 décembre 2017, transmis le 21 décembre 2017 aux services de la préfecture, d'une délégation de signature consentie notamment à cet effet. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les arrêtés en litige ont été signés par une autorité incompétente.
3. En deuxième lieu, l'article Ud 7 relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives, applicables aux annexes dont la superficie excède 20 m2 ou 40 m2 pour un garage, comme en l'espèce, prévoit que la construction doit être implantée " soit de l'une à l'autre des limites séparatives, soit sur une seule limite séparative, soit qu'elle doit respecter vis-à-vis des limites séparatives une marge d'isolement au moins égale à la moitié de la hauteur du bâtiment sans que ladite marge puisse être inférieure à 3 mètres de tout point du bâtiment. ".
4. Les limites séparatives s'entendent des limites entre la propriété constituant le terrain d'assiette de la construction et la ou les propriétés qui la jouxtent, quelles que soient les caractéristiques de ces propriétés, dès lors qu'il ne s'agit pas de voies ou d'emprises publiques. En l'absence de distinction entre limites séparatives latérales et de fond de parcelle, les dispositions de l'article Ud 7 doivent être interprétées comme autorisant l'implantation des constructions le long des limites séparatives tant latérales que de fond de parcelle sans exiger que la construction soit implantée le long de deux limites séparatives qui se font face.
5. Il ressort des pièces du dossier que le projet contesté est implanté en limite de propriété le long de deux limites séparatives de sorte que les dispositions de l'article Ud 7 n'ont pas été méconnues.
6. En troisième lieu, l'article Ud 11 du plan local d'urbanisme applicable, reprenant les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, dispose : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales, si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ". Pour rechercher l'existence d'une atteinte aux paysages naturels avoisinants au sens de cet article, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
7. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la construction projetée, qui consiste en l'édification, en fond de parcelle, non visible depuis la voie publique, d'un préau dont la partie haute sera visible des seuls requérants porterait atteinte au caractère ou à l'intérêt du site et des lieux avoisinants, qui ne présentent pas d'intérêt paysager ou architectural particuliers. Les dispositions de l'article Ud 11 n'ont, dès lors, pas davantage été méconnues.
8. En quatrième lieu et ainsi que le relève la commune, la circonstance que les travaux exécutés ne correspondraient ni aux indications de la demande ni au projet tel qu'autorisé par les arrêtés attaqués est sans incidence sur la légalité de ces derniers.
9. En cinquième et dernier lieu, l'article Ud 13 relatif aux espaces libres et plantations dispose que les surfaces libres de toute construction ainsi que les délaissés des aires de stationnement et les surfaces destinées à être construites ultérieurement doivent être plantées ou aménagées. Le projet de préau ne prévoyant pas de créer ou de modifier le traitement des espaces libres sur lesquels sont déjà implantés un potager et une pelouse, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions au motif que le dossier de permis de construire ne contiendrait aucune mesure relative aux plantations doit être écarté comme inopérant.
10. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions à fin d'annulation des arrêtés attaqués et de la décision portant rejet du recours gracieux doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Montluçon ou à ce que M. E A, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, soient condamnés à verser la somme que demandent M. et Mme D sur leur fondement. Il y a en revanche lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme D le versement d'une somme de 1 200 euros à M. E A ainsi qu'à la commune de Montluçon au titre des frais du litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme D est rejetée.
Article 2 : M. et Mme D verseront à la Commune de Montluçon la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : M. et Mme D verseront à M. E A la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B et à Mme C D, à la Commune de Montluçon et à M. I E A.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bentéjac, présidente,
M. Debrion, premier conseiller,
M. Nivet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 octobre 2023.
La présidente-rapporteure,
C. BENTÉJAC
L'assesseur le plus ancien,
M. DEBRION
La greffière,
C. PETIT
La République mande et ordonne au Préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le/la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2002026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026