jeudi 6 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2002341 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | VERMOREL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement le 24 décembre 2020 et le 18 janvier 2022, M. B A, représenté par Me Vermorel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 novembre 2020 par lequel le maire de la commune de Châtel-Guyon a prononcé à son encontre la sanction d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de quinze jours ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Châtel-Guyon de reprendre une décision dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Châtel-Guyon une somme de 2 400 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un vice de procédure en raison du défaut d'impartialité d'un conseiller disciplinaire ;
- les faits qui lui reprochés ne sont pas matériellement établis et ne présentent pas un caractère fautif ;
- la sanction qui lui a été infligée est disproportionnée ;
- l'arrêté est entaché d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juin 2021, la commune de Châtel-Guyon, représentée par la Scp Teillot et associés, Me Marion, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 5 août 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 :
- le décret n° 89-677 du 18 septembre 1989 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Debrion,
- les conclusions de Mme Luyckx, rapporteure publique,
- et les observations de Me Maisonneuve, avocate de la commune de Châtel-Guyon.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est éducateur principal de 2ème classe des activités physiques et sportives, titulaire au sein de la commune de Châtel-Guyon (Puy-de-Dôme). Par un arrêté du 20 novembre 2020, le maire de cette commune a prononcé à son encontre une sanction d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de quinze jours. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, si le requérant soutient que l'arrêté est entaché d'un vice de procédure au motif que lors de la séance du conseil de discipline qui s'est tenue le 24 août 2020, l'un des membres de ce conseil a manqué à son devoir d'impartialité en s'exprimant en faveur de l'autorité investie du pouvoir disciplinaire et en interrompant son avocat, il ne produit aucun élément de nature à établir cette allégation. Par suite, ce moyen doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
4. Pour prendre la sanction en litige, le maire de la commune de Châtel-Guyon s'est fondé sur le fait que M. A avait organisé une formation de PSE2 payante via l'Association Secours 63 dont il est le président sans information ni validation de sa hiérarchie, avait utilisé, à cette occasion, les locaux de la piscine municipale sans information ni autorisation de la collectivité, et avait fait procéder au règlement de cette formation par les agents contractuels en leur précisant que ce montage était convenu avec la collectivité et que le salaire qui leur était versé sur cette période servait notamment à financer cette opération.
5. D'une part, pour contester la matérialité des faits qui lui sont reprochés et leur caractère fautif, le requérant soutient qu'il disposait d'une " autorisation de la hiérarchie " pour dispenser ses cours de secourisme et que les faits retenus in fine à son encontre sont " très loin des outranciers reproches [qui lui étaient] faits dans la saisine du conseil, saisine qui demandait [sa] radiation ". Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'autorisation de cumul du 20 avril 2018 dont M. A bénéficie lui permet seulement de dispenser une formation de secourisme dans un cadre associatif sans pouvoir utiliser les moyens de la collectivité qui l'emploie, et la circonstance, à la supposer établie, selon laquelle les faits retenus à son encontre différeraient de ceux qui lui étaient initialement reprochés n'est pas de nature à établir l'absence de caractère fautif des faits qui ont finalement servi à prendre la sanction en litige. Par suite, M. A n'est fondé à soutenir ni que les faits mentionnés au point précédent ne sont pas matériellement établis, ni, dès lors qu'ils constituent des manquements au devoir d'obéissance et à l'obligation de probité auxquels sont tenus les fonctionnaires en application respectivement des articles 28 et 25 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée, que ces faits ne présentent pas un caractère fautif de nature à justifier l'infliction d'une sanction disciplinaire.
6. D'autre part, comme il a été dit au point précédent, les faits reprochés au requérant constituent des manquements au devoir d'obéissance et à l'obligation de probité auxquels sont tenus les fonctionnaires. Compte tenu de ces manquements, le maire de la commune de Châtel-Guyon n'a pas commis d'erreur d'appréciation en décidant de prononcer à l'encontre de M. A une exclusion temporaire de fonctions pour une durée de quinze jours, sans qu'y fasse obstacle la circonstance selon laquelle il aurait toujours été exemplaire dans l'exercice de ses fonctions.
7. En dernier lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux deux points précédents, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la sanction prise à son encontre est entachée d'un détournement de pouvoir.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 20 novembre 2020 par lequel le maire de la commune de Châtel-Guyon a prononcé à son encontre la sanction d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de quinze jours. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles qu'il présente sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
9. M. A étant partie perdante à l'instance, il convient de mettre à sa charge au profit de la commune de Châtel-Guyon une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la collectivité et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera à la commune de Châtel-Guyon une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Châtel-Guyon.
Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bader-Koza, présidente,
M. Debrion, premier conseiller,
M. Panighel, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 avril 2023.
Le rapporteur,
J-M. DEBRION
La présidente,
S. BADER-KOZA Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026