jeudi 11 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2100074 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | MERAL-PORTAL-YERMIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement le 15 janvier 2021 et le 7 novembre 2022, Mme C B, représentée par Me Meral, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 20 juillet 2020 par laquelle le préfet du Cantal a rejeté sa demande d'indemnité compensatoire de handicaps naturels (A) au titre de la campagne 2018 ainsi que la décision portant rejet implicite de son recours gracieux formé le 16 septembre 2020 et reçu le 18 septembre suivant ;
2°) d'enjoindre au préfet du Cantal ou à la région Auvergne-Rhône-Alpes de lui verser l'indemnité compensatoire de handicaps naturels (A) au titre de la campagne 2018 dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat ou de la région Auvergne-Rhône-Alpes une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision initiale est entachée d'une absence de motivation ainsi, par voie de conséquence, que la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
- la décision du 20 juillet 2020 est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juin 2021, la région Auvergne-Rhône-Alpes conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 20 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Debrion,
- et les conclusions de Mme Luyckx, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, qui exerce à titre principal la profession d'hôtesse de l'air, a, en parallèle, obtenu, le 19 janvier 2018, une autorisation en vue d'exploiter des terres agricoles pour une superficie de 26,96 hectares sur le territoire de la commune de Teissières-de-Cornet (Cantal). Le 23 avril 2018, Mme B a présenté auprès des services de la préfecture du Cantal une demande tendant à l'obtention de l'indemnité compensatoire de handicaps naturels (A). Par une décision du 20 juillet 2020, le préfet du Cantal a rejeté sa demande. Le recours gracieux qu'elle a formé contre cette décision le 16 septembre 2020 ayant été implicitement rejeté, Mme B demande au tribunal d'annuler la décision du 20 juillet 2020 ainsi que la décision portant rejet implicite de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. La décision du 20 juillet 2020 vise, en droit, les règlements (UE) n° 1305/2013, n° 1306/2013 et n° 1307/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 ainsi que le chapitre V du titre 1 du livre 6 du code rural et de la pêche maritime. Si cette décision vise, de manière erronée, les dispositions de l'article D. 111-13 et suivants du code précité au lieu de viser les dispositions de l'article D. 113-13 et suivants du même code, cette erreur est purement matérielle et n'est pas de nature à caractériser un défaut de motivation en droit. En fait, la décision mentionne que la demande A présentée par Mme B est rejetée en raison de revenus non agricoles supérieurs au seuil d'éligibilité. Dans ces conditions, la décision prise par le préfet du Cantal le 20 juillet 2020 doit être regardée comme comportant les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement au sens de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision doit être écarté.
4. En second lieu, d'une part, aux termes de l'article D. 113-18 du code rural et de la pêche maritime : " Peuvent bénéficier des aides compensatoires de handicaps naturels et spécifiques, dans les conditions prévues par le cadre national ou les programmes de développement rural régionaux de la France prévus aux 2 et 3 de l'article 6 du règlement (UE) n° 1305/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 relatif au soutien au développement rural par le Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER) pour la période 2015-2020 et approuvés par la Commission européenne, les agriculteurs actifs au sens de l'article 9 du règlement (UE) n° 1307/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 établissant les règles relatives aux paiements directs en faveur des agriculteurs au titre des régimes de soutien relevant de la politique commune et de l'article D. 615-18 ". Aux termes de l'article D. 113-20 du même code : " En cas de non-respect des critères d'admissibilité qui conditionnent l'attribution des aides, l'autorité de gestion mentionnée à l'article 78 de la loi n° 2014-58 du 27 janvier 2014 de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles refuse ou retire tout ou partie des paiements, dans les conditions définies aux titres II et III du règlement délégué (UE) n° 640/2014 de la Commission du 11 mars 2014 complétant le règlement (UE) n° 1306/2013 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne le système intégré de gestion et de contrôle, les conditions relatives au refus ou au retrait des paiements et des sanctions administratives applicables aux paiements directs, le soutien au développement rural et la conditionnalité, sous réserve des dispositions de l'article D. 113-21 ".
5. D'autre part, selon l'instruction technique DGPE/SDPAC/2018-384 du 14 mai 2018 ayant pour objet les indemnités compensatoires de handicaps naturels (A) - campagne 2018, un agriculteur qui exploite plus de 25 hectares en zone de montagne et de haute montagne et dont le revenu agricole est nul ou inférieur aux revenus non agricoles peut être éligible à A 2018 lorsque le niveau de ses revenus non agricoles est inférieur à 35 199 euros. Selon cette même instruction, " les revenus non agricoles sont le total des sommes déclarées : - salaires, pensions non agricoles (y compris de réversion, ), revenus industriels et commerciaux non professionnels (résultats des loueurs en meublé non professionnels), revenus non commerciaux non professionnels, rémunérations de gérants ou associés dans des sociétés n'ayant pas exclusivement une activité agricole, honoraires perçus par les experts agricoles ; / - les bénéfices industriels et commerciaux (BIC), les bénéfices non commerciaux (BNC) ainsi que les revenus tirés des locations meublées, pour les exploitants en Centre de Gestion Agréé (CGA), font l'objet d'un abattement de 20% ; / - les montants des régimes micro BIC et micro BNC correspondent à des chiffres d'affaires ou des recettes brutes, et font l'objet d'un abattement, respectivement de 34 % pour le micro-BNC, de 71 % ou 50 % pour le micro-BIC en fonction du type de production (biens ou services) ". Et toujours selon cette instruction : " les revenus suivants ne sont pas à retenir dans les revenus non agricoles : - revenus de capitaux mobiliers ou immobiliers, / - revenus fonciers, / - indemnités pour mandats professionnels, politiques ou syndicaux, / - pensions d'invalidité ou de handicap, ou indemnités journalières perçues à la suite d'un accident du travail, / - revenus issus de la revente d'électricité photovoltaïque, / - indemnités reçues dans le cadre d'une aide à la création d'une entreprise agricole (de type ACCRE) ". Enfin, selon l'instruction du 14 mai 2018, les revenus de demandeurs A sont transmis directement par le ministère des finances à l'agence de services et de paiement (ASP) et à défaut de disposer de cette information, la direction départementale des territoires demande à l'agriculteur de transmettre son avis d'imposition.
6. Il ressort des pièces du dossier que pour refuser d'accorder à Mme B A au titre de la campagne 2018, le préfet du Cantal s'est fondé sur l'avis de situation déclarative à l'impôt sur le revenu 2017 présenté par la requérante sur lequel figure à la ligne " détail des revenus / total des salaires et assimilés " la somme de 45 135 euros.
7. Si la requérante soutient que le montant de ses revenus non agricoles qui devrait être retenu n'est pas celui de 45 135 euros mais celui de 12 988 euros calculé après déduction de la somme de 32 147 euros correspondant au montant des frais réels engagés dans le cadre de son activité professionnelle non agricole au cours de l'année 2016, il ne résulte toutefois d'aucune disposition, et notamment pas de celles contenues dans l'instruction technique DGPE/SDPAC/2018-384 du 14 mai 2018, que les frais réels devraient être pris en compte pour la détermination du montant des revenus non agricoles à apprécier dans le cadre de l'examen des demandes d'obtention de A. Par suite, c'est à bon droit que le préfet du Cantal a retenu la somme de 45 135 euros au titre des revenus non agricoles perçus par Mme B et en lui refusant, en conséquence, le bénéfice de A 2018 pour le motif retenu dans la décision en litige du 20 juillet 2020.
8. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que Mme B n'est fondée à demander ni l'annulation de la décision du 20 juillet 2020 par laquelle le préfet du Cantal a rejeté sa demande d'indemnité compensatoire de handicaps naturels (A) au titre de la campagne 2018, ni l'annulation de la décision portant rejet implicite de son recours gracieux formé le 16 septembre 2020 et reçu le 18 septembre suivant, sans d'ailleurs qu'elle puisse utilement se prévaloir de vices propres dont serait entachée cette seconde décision. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles que la requérante présente au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire, au préfet du Cantal et à la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Délibéré après l'audience du 27 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bader-Koza, présidente,
Mme Trimouille, première conseillère,
M. Debrion, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.
Le rapporteur,
J-M. DEBRION
La présidente,
S. BADER-KOZA Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026