jeudi 25 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2100325 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | LEPRETRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement le 16 février 2021 et le 10 novembre 2022, Mme B A, représentée par Me Leprêtre, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 décembre 2020 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire (CHU) de Clermont-Ferrand a rejeté sa demande de reconnaissance de maladie contractée en service ;
2°) d'enjoindre au directeur général du CHU de Clermont-Ferrand de réexaminer sa demande à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge du CHU de Clermont-Ferrand une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, faute pour la commission de réforme d'avoir examiné son dossier en présence d'un médecin psychiatre ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 avril 2022, le centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 17 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 1er décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- l'arrêté 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Debrion,
- les conclusions de Mme Luyckx, rapporteure publique,
- et les observations de Me Leprêtre, avocate de Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, aide-soignante depuis le 2 février 1997 et affectée principalement au sein d'un pool de remplacement du centre hospitalier universitaire (CHU) de Clermont-Ferrand, a, le 20 février 2018, déclaré un accident du travail survenu le même jour. Par une décision du 12 septembre 2018, le directeur général du CHU de Clermont-Ferrand a reconnu l'imputabilité au service de l'accident du 20 février 2018. Par un courrier du 6 février 2020 reçu le 10 février suivant, Mme A, en arrêt de travail depuis le 29 janvier 2020, a sollicité la reconnaissance de l'imputabilité au service d'une pathologie de type " syndrome anxieux ". Après que le médecin expert a rendu un avis favorable le 20 avril 2020 et que la commission de réforme a rendu un avis défavorable le 9 juin 2020, le directeur du CHU de Clermont-Ferrand, par une décision du 8 juillet 2020, a rejeté la demande de reconnaissance d'imputabilité au service de la maladie de Mme A. Cette dernière a alors sollicité une contre-expertise médicale qui est intervenue le 15 septembre 2020 et a donné naissance à un avis favorable le 16 septembre suivant. La commission de réforme a de nouveau été saisie et a donné un avis défavorable le 19 novembre 2020. Puis, par une décision du 17 décembre 2020, le directeur général du CHU de Clermont-Ferrand a rejeté la demande de Mme A tendant à ce que sa maladie soit reconnue comme ayant été contractée en service. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de la décision du 17 décembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée, dans sa rédaction applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévus en application de l'article 42. / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. () ".
3. Une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.
4. Il ressort des pièces du dossier, et plus précisément du rapport rédigé par le premier médecin expert, que Mme A a présenté des symptômes dépressifs et anxieux à partir de novembre 2018 suite à une charge de travail importante et à de nombreux changements dans l'organisation de son travail et qu'il n'a pas été retrouvé d'autre étiologie que l'environnement professionnel pour expliquer cette symptomatologie. Il ressort également des pièces du dossier, et plus précisément du rapport rédigé par le second médecin expert, que la pathologie que présente Mme A est liée à son activité professionnelle. Il ressort encore des pièces du dossier que ce lien entre la maladie dont souffre la requérante et son activité professionnelle a été reconnu par son médecin psychiatre ainsi qu'un médecin du service de santé au travail du CHU. S'il ressort des pièces du dossier que Mme A a connu un épisode dépressif au décès de sa mère, cet épisode remonte à l'année 2012, et le premier médecin expert qui fait état de cet élément dans son rapport ne l'a pas identifié dans ses conclusions comme un fait personnel ou une circonstance extérieure devant conduire à détacher la survenance de la maladie du service. Enfin, il ressort des pièces du dossier que la requérante a été victime d'un accident le 20 février 2018 résultant d'une altercation avec une collègue de travail en rapport avec l'organisation du travail et que cet accident a été reconnu comme étant imputable au service. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, et alors même que Mme A n'a pas fait état d'un lien avec son activité professionnelle dans sa déclaration de maladie professionnelle, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation commise par l'auteur de la décision en litige doit être accueilli.
5. Il résulte de ce qui précède que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision du 17 décembre 2020 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire (CHU) de Clermont-Ferrand a rejeté sa demande de reconnaissance de maladie contractée en service.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le sens du présent jugement implique qu'il soit enjoint au directeur général du CHU de Clermont-Ferrand de réexaminer la demande de Mme A et de lui accorder, pour ce faire, un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.
Sur les frais liés au litige :
7. Il convient de mettre à la charge du CHU de Clermont-Ferrand, partie perdante à l'instance, une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 17 décembre 2020 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand a rejeté la demande de reconnaissance de maladie contractée en service présentée par Mme A est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au directeur général du centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand de réexaminer la demande de Mme A dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.
Article 3 : Le centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand versera à Mme A une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand.
Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bader-Koza, présidente,
Mme Trimouille, première conseillère,
M. Debrion, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.
Le rapporteur,
J-M. DEBRION
La présidente,
S. BADER-KOZA Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026