jeudi 21 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2100672 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | ARVIS & KOMLY-NALLIER , Avocats Associés |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2102738 du 29 mars 2021, la présidente de la 4ème chambre du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a transmis le dossier de la requête de Mme A B au tribunal administratif de Clermont-Ferrand.
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise le 23 février 2021, un mémoire, enregistré au greffe du tribunal administratif de Clermont-Ferrand le 21 novembre 2022 sous le n° 2100672, et un mémoire, enregistré au greffe de ce même tribunal le 15 février 2024, qui n'a pas été communiqué, Mme A B, représentée par Me Arvis, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 octobre 2020 par laquelle le recteur de l'académie de Clermont-Ferrand a décidé de ne pas renouveler le contrat conclu pour pourvoir au remplacement d'un professeur de mathématiques - sciences physiques au lycée professionnel Val d'Allier de Varennes-sur-Allier du 7 septembre 2020 au 1er novembre 2020 ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Clermont-Ferrand, à titre principal, de lui proposer un nouveau contrat de travail à durée déterminée ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande en ce sens, et ce dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière en ce qu'elle n'a été précédée ni de la possibilité de consulter son dossier individuel, ni de la possibilité de présenter des observations ;
- elle n'apporte aucune motivation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle n'est pas justifiée par l'intérêt du service et qu'elle avait obtenu une promesse de renouvellement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 janvier 2024, le recteur de l'académie de Clermont-Ferrand conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 10 janvier 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 16 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 86-14 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Debrion, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Luyckx, rapporteure publique,
- et les observations de Me Arvis, avocat de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, diplômée de l'enseignement supérieur dans les domaines de la physique et de l'astrophysique, a été recrutée par contrat pour pourvoir au remplacement d'un professeur de mathématiques - sciences physiques au lycée professionnel Val d'Allier de Varennes-sur-Allier (Allier) pour la période du 7 septembre 2020 au 1er novembre 2020. Par une décision du 13 octobre 2020, le recteur de l'académie de Clermont-Ferrand a décidé de ne pas renouveler ce contrat. Mme B a alors formé un recours gracieux contre cette décision le 20 octobre 2020, lequel a été expressément rejeté par une décision du recteur en date du 10 novembre 2020. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler la décision rectorale du 13 octobre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".
3. Si un agent dont le contrat est arrivé à échéance n'a aucun droit au renouvellement de ce contrat, la décision de ne pas renouveler un contrat arrivé à échéance est néanmoins fondée sur l'appréciation portée par l'autorité compétente sur l'aptitude professionnelle de l'agent et, de manière générale, sur sa manière de servir et se trouve, ainsi, prise en considération de la personne. Par suite, une telle décision est au nombre de celles qui sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable en application de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration.
4. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une procédure contradictoire préalable ait été mise en œuvre avant que le recteur de l'académie de Clermont-Ferrand décide, le 13 octobre 2020, pour un motif tiré de l'intérêt du service, de ne pas renouveler le contrat conclu avec Mme B pour la période du 7 septembre 2020 au 1er novembre 2020. Par suite, la requérante est fondée à soutenir que la décision en litige a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision du 13 octobre 2020 par laquelle le recteur de l'académie de Clermont-Ferrand a décidé de ne pas renouveler le contrat conclu pour pourvoir au remplacement d'un professeur de mathématiques - sciences physiques au lycée professionnel Val d'Allier de Varennes-sur-Allier du 7 septembre 2020 au 1er novembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. L'annulation de la décision en date du 13 octobre 2020 n'implique pas, compte tenu du motif qui la fonde et dès lors, comme il a déjà été dit au point 3, qu'un agent dont le contrat est arrivé à échéance n'a aucun droit au renouvellement de celui-ci, qu'il soit enjoint au recteur de l'académie de Clermont-Ferrand de proposer à la requérante un nouveau contrat de travail à durée déterminée ou de réexaminer sa demande en ce sens, et ce dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement. Par suite, les conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme réclamée par Mme B au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 13 octobre 2020 par laquelle le recteur de l'académie de Clermont-Ferrand a décidé de ne pas renouveler le contrat conclu avec Mme B pour pourvoir au remplacement d'un professeur de mathématiques - sciences physiques au lycée professionnel Val d'Allier de Varennes-sur-Allier du 7 septembre 2020 au 1er novembre 2020, est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Une copie en sera adressée, pour information, au recteur de l'académie de Clermont-Ferrand.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Bentéjac, présidente,
- Mme Jaffré, première conseillère,
- M. Debrion, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2024.
Le rapporteur,
J-M. DEBRION La présidente,
C. BENTÉJAC
La greffière,
C. PETIT
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°210067
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026