jeudi 9 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2100830 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | CHAUTARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 avril 2021, M. A C, représenté par Me Chautard, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 mars 2021 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) est erroné dès lors qu'il ne s'est pas interrogé sur le fait de savoir si l'offre de soins et les caractéristiques du système de santé en République démocratique du Congo lui permettaient de bénéficier d'un traitement approprié ;
- le collège de médecins de l'Ofii n'ayant pas tenu compte de l'aggravation de son état de santé entre le 30 août 2019 et le 17 novembre 2020, l'administration a donc commis une erreur d'appréciation ;
- l'arrêté est entaché d'un défaut d'examen de sa situation ;
- l'arrêté porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il a été pris en méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Le préfet du Puy-de-Dôme n'a pas produit de mémoire en défense dans cette instance.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 mai 2021.
Par une ordonnance du 4 février 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 21 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Le 30 août 2019, M. C a présenté une demande de titre de séjour en se prévalant des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Après que le collège de médecins de l'Ofii a rendu un avis sur cette demande, le préfet du Puy-de-Dôme, par un arrêté du 25 mars 2021, a refusé de délivrer à M. C le titre de séjour sollicité et a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et d'une décision fixant le pays de destination. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de l'arrêté du 25 mars 2021.
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le collège de médecins de l'Ofii a, dans son avis du 17 novembre 2020, estimé que l'état de santé de M. C nécessitait une prise en charge médicale mais que le défaut de prise en charge ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Dans ces conditions, le collège n'avait pas à se prononcer sur le fait de savoir si M. C pouvait effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de ce que cet avis est erroné au motif que le collège de médecins ne s'est pas interrogé sur le fait de savoir si l'offre de soins et les caractéristiques du système de santé en République démocratique du Congo lui permettaient de bénéficier d'un traitement approprié ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Puy-de-Dôme n'aurait pas procédé à un examen sérieux et circonstancié de la situation du requérant avant de prendre l'arrêté litigieux, notamment avant de refuser de lui délivrer un titre de séjour.
4. En troisième lieu, si M. C soutient que l'administration a commis une erreur d'appréciation dès lors que le collège de médecins de l'Ofii n'a pas tenu compte de l'aggravation de son état de santé entre le 30 août 2019 et le 17 novembre 2020, il ne précise toutefois pas quelle disposition ou quel principe auraient été méconnus. Par suite, et dès lors au demeurant que le requérant ne justifie pas avoir informé le collège de médecins de l'aggravation de son état de santé avant qu'il rende son avis, le moyen tiré d'une erreur d'appréciation ne peut qu'être écarté.
5. En quatrième lieu, en se bornant à affirmer qu'il est père d'un enfant âgé de plus d'un an à la date du dépôt de sa demande de titre de séjour et qu'il entretient des liens familiaux forts et intenses avec son enfant et la mère de ce dernier sans toutefois en justifier, M. C n'établit pas que le préfet du Puy-de-Dôme a porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale en prenant l'arrêté en litige. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
6. En dernier lieu, à supposer que le requérant ait informé le préfet du Puy-de-Dôme de l'existence de son enfant, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intérêt supérieur de cet enfant n'a pas été une considération primordiale de l'autorité administrative lorsqu'elle a pris son arrêté. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 23 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bader-Koza, présidente,
Mme Trimouille, première conseillère,
M. Debrion, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mars 2023.
Le rapporteur,
J-M. B
La présidente,
S. BADER-KOZA Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026